Il est temps de cesser de définir l’immigration comme un problème

Publié par Rédacteur-seronet le 05.03.2018
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Interviewimmigrationasile

Le 21 février dernier, le gouvernement a présenté son nouveau projet de loi sur l’asile et l’immigration ; un de plus. Pourquoi un tel texte alors que nous n’avons pas encore assez de recul pour faire le bilan de la précédente réforme ? Professeur de droit public (Université Grenoble-Alpes), Serge Slama revient sur ce phénomène de surenchère législative concernant les personnes étrangères et analyse les mesures prises dans ce domaine ou envisagées dans la future loi et leurs conséquences.

Ces dernières semaines, la politique du gouvernement concernant les personnes étrangères a fait l’objet de vives critiques, y compris de la part de parlementaires de l’actuelle majorité et de personnalités proches d’elle. Sur le plan des décisions prises (circulaire du 2 décembre par exemple) comme de celles annoncées, comment analysez-vous la "politique migratoire" qu’engage aujourd’hui la France ? Est-elle, comme on l’entend souvent dire, plus dure que celle précédemment mise en œuvre ou "équilibrée" comme l’affirme le président de la République ?

Serge Slama : On peut surtout se demander pourquoi les gouvernements prétendent depuis une vingtaine d’années mener en matière d’immigration des politiques "équilibrées" alors que c’est loin d’être le cas et qu’elles sont essentiellement répressives ou dissuasives et le plus souvent inutiles ou contreproductives.

Ainsi en réalité, il existe une très grande continuité des politiques d’asile et d’immigration menées par tous les gouvernements, de droite comme de gauche, depuis vingt ou trente ans. Et mises à part quelques évolutions favorables, souvent obtenues grâce à des procédures menées devant les cours européennes ou certaines mobilisations des acteurs du champ — comme le collectif du 31 mai sur les changements de statut des étudiants étrangers (1) — , la plupart des textes de lois qui se sont accumulés depuis une vingtaine d’années visent à contrôler l’immigration. Le droit des étrangers est le résultat d’une stratification et accumulation de textes — un récent rapport parlementaire rappelle qu’ont été votées vingt-sept lois de l’immigration depuis 1980, soit une réforme en moyenne tous les seize mois. Dans son avis du 15 février 2018, dont la tonalité est inhabituellement critique pour le Palais Royal, le Conseil d’Etat regrette lui-même l’absence de "diagnostic d'ensemble" avant l’élaboration de ce projet de loi alors même que, depuis 1980, "16 lois majeures sont venues modifier les conditions d’entrée et de séjour ou d’asile" et qu’il "ne peut même pas s’appuyer sur une année entière d'exécution de certaines des mesures issues de la loi n° 2016-274 du 7 mars 2016 qu’avait précédée la loi n° 2015‑925 du 29 juillet 2015".

Ce droit est tellement illisible qu’une des dispositions du projet de loi "Collomb" vise à recodifier le code des étrangers alors même que la codification actuelle date de 2005.

La politique actuelle d’immigration souffre donc des mêmes lacunes que les politiques des précédents gouvernements : elle n’est pas réellement réfléchie. Elle constitue uniquement une accumulation de mesures visant, au coup par coup, à rendre, pour certaines catégories, plus aisé l’admission ou le séjour en France et pour les autres catégories, encore plus complexe et semé d’embuches, le parcours d’immigration. Et pourtant, quel que soit le gouvernement, nous avons entre 25 000 et 30 000 régularisations de personnes sans-papiers par an. Quel que soit le gouvernement, nous avons, en métropole, entre 25 000 et 30 000 éloignements, contraints ou incités. Quel que soit le gouvernement, nous avons entre 300 000 et 400 000 personnes sans-papiers en France et 200 000 à 250 000 entrées régulières sur le territoire français chaque année. Il serait donc temps de cesser de définir l’immigration comme un problème et chercher à la penser réellement, à la refonder sur la base d’autres principes plus conformes aux droits fondamentaux en particulier de la liberté de circulation.

Et plus spécifiquement, sur ce qui se passe aujourd’hui…

Une des particularités de la politique menée par l’actuel ministre de l’Intérieur est la dureté de sa mise en œuvre sur le terrain. Ainsi, alors même que plusieurs ministres de l’Intérieur ont, depuis la fermeture du centre de Sangatte par Nicolas Sarkozy en 2002, mené des politiques visant à dissuader les exilé-e-s de rester dans le Calaisis, la répression policière depuis le début du mandat d’Emmanuel Macron est sans précédent selon le Défenseur des droits et les associations d’aide aux migrant-e-s. De même, à la frontière franco-italienne, aussi bien à Menton, dans la vallée de la Roja que dans le Briançonnais, une répression très dure est menée contre les migrant-e-s qui tentent de passer la frontière, y compris contre les mineurs isolés et les personnes demandeuses d’asile, mais aussi contre les militant-e-s qui les soutiennent de manière désintéressée. En même temps, lorsqu’on s’informe sur la composition du cabinet de Gérard Collomb, on découvre que sont aux manettes des politiques d’immigration des hommes dont certains ont déjà servi les politiques sarkozystes…

Le 12 décembre 2017, le ministère de l’Intérieur a sorti une circulaire sur l’examen des situations administratives dans les centres d’hébergement d’urgence. Que pensez-vous de cette mesure et des arguments gouvernementaux pour la justifier ? Quels problèmes pose-t-elle ?

Il y a plusieurs lectures possibles de cette circulaire cosignée par les ministres de l’Intérieur et de la Cohésion des territoires et du Logement. Si on se place du strict point de vue juridique, elle est rédigée de manière suffisamment floue pour laisser planer des ambiguïtés et échapper, selon toute vraisemblance, à une censure frontale de la part du juge administratif [Une trentaine d’associations avaient saisi le Conseil d’Etat à propos de cette circulaire. Le juge des référés du Conseil d’Etat a refusé, 20 février, de la suspendre après en avoir, par son interprétation, neutralisé tout effet contraignant, ndlr]. Elle est tellement ambiguë que la représentante du ministère de l’Intérieur a annoncé à l’audience du Conseil d’Etat du 16 février qu’un vade-mecum (2) de la circulaire allait être adressé pour clarifier la circulaire — ce qui est tout de même un comble si une circulaire d’interprétation a besoin de sa propre circulaire d’interprétation pour qu’on puisse la comprendre.

Mais en réalité les intentions du gouvernement sont évidentes. L’hébergement d’urgence est totalement saturé. Cette saturation est notamment due au fait que de plus en plus de migrant-e-s et de personnes demandeuses d’asile, y compris des familles entières, vivent à la rue et dépendent du 115 (3). Or, alors que l’ensemble du dispositif d’hébergement d’urgence est conçu comme pouvant offrir des perspectives de sortie de la rue, ce n’est pas légalement possible pour les personnes sans-papiers et celles demandeuses d’asile qui n’ont pas accès à ces dispositifs plus pérennes. Le comble est que c’est l’Etat qui a créé cette situation. Depuis 2003, il a sciemment sous-dimensionné le dispositif d’accueil des demandeurs d’asile afin le rendre plus dissuasif. De ce fait, alors que nous avons enregistré l’année passée plus de 100 000 demandeurs, et alors même que les délais d’examen ont été sensiblement réduits (de 24 mois à neuf mois), des dizaines de milliers de personnes demandeuses d’asile ne sont pas hébergées dans le dispositif dédié et relèvent donc du dispositif d’hébergement d’urgence. Si on voulait résoudre le problème d’hébergement des personnes sans-domicile (et tenir la promesse présidentielle du "zéro SDF à la rue"), deux mesures devraient être adoptées : héberger tous les personnes demandeuses d’asile, y compris les "Dubliné-e-s", dans un dispositif dédié (et donc augmenter les capacités des centres pour les personnes demandeuses d’asile de 20 000 à 30 000 places) et régulariser les personnes sans-domicile sans-papiers qui en tout état de cause ne seront pas éloignées du territoire afin qu’elles puissent sortir du dispositif d’hébergement d’urgence et dans la zone d’ombre juridique dans laquelle elles sont plongées.

Mais avec la circulaire "Collomb-Mézard", le gouvernement envoie le signal exactement inverse, écornant encore davantage le principe d’inconditionnalité d’accès à l’hébergement d’urgence (car dans la réalité, cela fait bien longtemps que dans les pratiques du "115", il ne l’est plus). Officiellement, il s’agit de bâtir localement un dispositif de "suivi administratif robuste" des personnes étrangères en hébergement d’urgence et de "veiller (…) à des orientations adaptées", soit vers le dispositif national d’accueil des demandeurs d’asile (totalement saturé), soit vers le logement pour celles et ceux qui ont droit au séjour, soit vers un transfert ou un retour pour celles et ceux qui ne remplissent aucune condition de droit au séjour. En réalité, le message envoyé est que les centres d’hébergement d’urgence ne constituent plus un asile inconditionnel pour les migrant-e-s et que les personnes sans-papiers risquent, si elles y ont recours, d’être identifiées et, par suite, éloignées.

A cette fin, sont mises en place des "équipes mobiles chargées de l’évaluation administrative des personnes hébergées", constituées d’agents de l’OFII [Office français de l’immigration et de l’intégration, ndlr] et des préfectures. Ceux-ci ont vocation à "intervenir dans l’ensemble des structures d’hébergement d’urgence, y compris hôtelières, financées sur le programme 177" (4). Chaque équipe mobile "devra s’entretenir avec les personnes de nationalité étrangère, déterminer leurs conditions légales de séjour en France et s’assurer qu’elles ont pu faire valoir l’ensemble de leurs droits". L’idée même que des agents de l’OFII et de préfectures iraient auprès des sans-domiciles étrangers pour les aider à accéder à leurs droits, un peu comme des associations comme la Cimade accompagne juridiquement des étrangers, laisse pour le moins dubitatif — surtout dans le contexte répressif actuel. Quant à aider les personnes demandeuses d’asile, si le dispositif d’accueil dédié n’était pas aussi sous-dimensionné et que les plateformes d’accueil fonctionnaient de manière satisfaisantes (actuellement il faut à Paris près de quatre mois pour y accéder et donc accéder aux conditions matérielles d’accueil), celles-ci ne seraient pas à la rue et dépendantes du 115.

Surtout que la circulaire du 12 décembre 2017 ne vient en réalité que compléter un arsenal d’autres instructions, portant souvent sur la prise en charge des "Dubliné-e-s" ou des personnes déboutées du droit d’asile, et qui visent à resserrer l’étau étatique à leur encontre.

Vent debout contre la logique de cette circulaire, les associations, dont certaines gèrent des centres d’hébergement, ont non seulement quitter la table lorsqu’elle leur a été présentée, mais aussi saisi le Conseil d’Etat en référé et au fond (requête en annulation toujours pendante). Près de trente associations étaient requérantes — y compris des associations peu familières de la justice administrative. Elles sont soutenues par le Défenseur des droits qui demande le retrait pur et simple de cette circulaire.
L’autre solution développée par le gouvernement a été de soutenir la proposition de loi du député Jean-Luc Warsmann du groupe UDI-Agir et Indépendants), qu’on appelle les "Constructifs", qui, sous prétexte de définir le "risque non négligeable de fuite", va permettre de placer en rétention jusqu’à 90 jours les personnes demandeuses d’asile relevant d’une procédure "Dublin"  dès le début de la procédure et alors même qu’aucune mesure d’éloignement n’a été prise à leur encontre. De manière cynique on pourrait dire que de cette façon, si 10 000 personnes "dublinables" sont placées chaque année en rétention, cela fait autant de personnes demandeuses d’asile en moins à héberger et l’effet dissuasif est optimal…

Les associations défendent le principe de l’accueil inconditionnel des personnes dans les centres d’hébergement d’urgence. De quoi s’agit-il ? Et en quoi est-ce si important ?

Depuis le début des années 1990, les personnes sans-papiers bénéficient en France de très peu de droits sociaux. Deux droits sont considérés comme universels et inconditionnels, c’est-à-dire indépendants du statut administratif (mais des seules ressources) : l’aide médicale d’Etat [AME] (5) et le droit à l’hébergement d’urgence des personnes vulnérables. Cela s’explique par le fait que ces dispositifs visent à assurer pour l’un la protection de la santé publique et pour l’autre la protection de la dignité de la personne humaine et, au-delà, éviter que des personnes soient exposées, à défaut d’accès aux soins ou à un hébergement d’urgence, à un traitement inhumain et dégradant voire même, dans certaines situations, à une atteinte à son droit à la vie.

Malheureusement, les gouvernements successifs n’ont cessé de tenter d’écorner ce socle minimum. En particulier, le juge des référés du Conseil d’Etat a admis, dans une interprétation violant frontalement le Code de l’action sociale et de familles, que ne portait pas atteinte de manière manifestement illégale à une liberté fondamentale le fait de laisser à la rue une famille de demandeurs d’asile déboutés sous le coup d’une mesure d’éloignement définitif. Ce faisant, il a admis une interprétation du droit contraire aux engagements internationaux de la France et aux valeurs de protection de la dignité de la personne humaine, comme composante de l’ordre public, que le juge administratif avait pourtant fait prévaloir dans les affaires relatives à la condition des exilé-e-s de Calais et qu’il a rattaché dans sa jurisprudence à la tradition républicaine.

Le gouvernement a travaillé a un projet de loi "asile et immigration" qui a été présenté en conseil des ministres, le 21 février dernier. Quels problèmes pose ce texte ?

Ce projet de loi "Collomb" est trompeur jusqu’à son intitulé. Il prétend permettre une immigration "maîtrisée" et un droit d’asile "effectif". En réalité, empruntant beaucoup à la logique de la loi Pasqua de 1993 (6), il durcit aussi bien le dispositif d’éloignement — en prévoyant jusqu’à 135 jours de rétention dans certains cas et en prévoyant des délits nouveaux — mais durcit aussi considérablement la procédure d’asile afin de dissuader l’accès à la procédure d’asile ou sortir artificiellement des personnes demandeuses d’asile de celle-ci. Les rapporteurs et rapporteures de la Cour nationale du droit d'asile (7), actuellement en grève, dénoncent d’ailleurs ces durcissements que le raccourcissement du délai de recours devant la CNDA (d’un mois à 15 jours), la compression de délais d’examen des demandes d’asile (deux mois pour l’Office français de protection des réfugiés et apatrides, moins de six mois pour l’ensemble de la procédure), la suppression du recours suspensif devant la CNDA pour certaines catégories de demandeurs d’asile, le recours aux audiences vidéo, etc. (8).

Là aussi, le Défenseur des droits et l’ensemble des associations de défense des personnes étrangères dénoncent la logique répressive de ce projet et appellent à son retrait [Une première manifestation a eu lieu le 21 février à Paris à ce sujet, AIDES avait appelé à y participer]. Ce ne sont pas les mesurettes du rapport  "Taché" sur l’intégration remis le 19 février, si elles sont réellement introduites dans le projet, qui changeront la tonalité globale d’un tel texte.

Le gouvernement met souvent en avant dans la conduite des réformes sa méthode qui comprend la consultation des parties prenantes. Concernant la circulaire du 12 décembre 2017 et la future loi la société civile a-t-elle été consultée ?

Le président Emmanuel Macron a expliqué lui-même dans ses vœux de la nouvelle année 2018, à propos des voix dissonantes : "Je les respecte et je les écouterai toujours ; je m'assurerai que tous les débats soient conduits et que toutes les voix y compris discordantes soient entendues, mais, pour autant, je n'arrêterai pas d'agir". Autrement dit, ces pseudos-consultations ne sont que des processus de légitimation des décisions adoptées. Comme on l’a vu avec la circulaire du 12 décembre 2017, l’opposition frontale de l’ensemble des acteurs associatifs de la solidarité n’a rien changé — si ce n’est le fameux vade-mecum concédé à l’occasion de l’audience en référé au Conseil d’Etat pour échapper à une censure.

Ces dernières années, les gouvernements sont intervenus de très nombreuses fois sur le plan législatif en matière d’immigration. Comment expliquez-vous cette augmentation assez exponentielle des lois et quel bilan en tirez-vous ?

J’ai évoqué plus haut certains éléments, mais je crois que nous sommes dans la même logique d’accoutumance des acteurs étatiques que durant l’état d’urgence. Les politiques d’immigration et d’asile, depuis le début des années 1980, ont développé une infrastructure administrativo-politique kafkaïenne qui s’autoalimente et qui a besoin de pseudo-réformes permanentes et cosmétiques pour prétendre renforcer son efficacité. Ce phénomène a aussi été entretenu par ce que Robert Badinter a appelé la "lepénisation" des esprits — qui a, en effet, contaminé tout le champ des politiques d’asile et d’immigration. Tout cela n’a guère de sens et risque de perdurer encore longtemps tant qu’on ne s’autorise pas à penser autrement sur la question de l’immigration.

Propos recueillis par Nicolas Klausser et Jean-François Laforgerie

(1) :  Le collectif du 31 mai sur les changements de statut des étudiants étrangers s’était constitué à la suite d’une circulaire de Claude Guéant, ministre de l’Intérieur, relative à l’immigration professionnelle qui, entre autres, restreignait la possibilité pour les étudiants étrangers de changer de statut. Sa mobilisation avait permis de faire abroger la circulaire en 2012.
(2) : C’est un document technique qui indique quelle interprétation doit être faite d’un texte de loi ou réglementaire. Il est parfois réalisé en interministériel avec la contribution des administrations centrales des ministères concernés.
(3) : C’est le numéro du Samu Social de Paris, un service de lutte contre la grande exclusion qui apporte une assistance (accompagnement, hébergement…) aux personnes sans domicile. Ce service existe ailleurs en France.
(4) : Le programme 177 de la loi de finances 2018 concerne l’hébergement, le parcours vers le logement l’insertion des personnes vulnérables. Il est exécuté sous l’autorité du ministre de la Cohésion des territoires et du Logement.
(5) On pourrait aussi évoquer l’accès à l’interruption volontaire de grossesse qui est aussi inconditionnel.
(6) : Cette loi, dite Pasqua, du nom du ministre de l’Intérieur de l’époque, a durci les conditions d’entrée et de séjour des personnes étrangères en France par rapport à la loi "Joxe" de 1989.
(7) : La Cour nationale du droit d'asile (CNDA) est l’instance de recours lorsque les personnes ont été déboutées de leur demande d’asile.
(8) : Voir nos tribunes : "Loi sur l’immigration, un projet ni humain ni efficace", par Marie-Laure Basilien Gainche, Anne-Laure Chaumette, Thibaut Fleury Graff , Julian Fernandez et Serge Slama. "Le Monde", 24 février 2018. "Non à une procédure d’asile au rabais !", Tribune d’universitaires spécialistes de l’asile . Dalloz actualité, 23 février 2018. Entretien à l’aaatelier sur le droit d’asile et projet de loi "pour une immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif".

La circulaire du 12 décembre 2017
Cette circulaire est relative à l’examen des situations administratives dans l’hébergement d’urgence. Elle met notamment en place des équipes mobiles d’agents des préfectures et de l’Office français de l’immigration et de l’Intégration qui vont intervenir dans les centres d’hébergement pour évaluer toutes les situations administratives des personnes étrangères qui y sont présentes. Cette circulaire a été vivement critiquée comme une forme de "tri" des personnes et une entorse au principe d’inconditionnalité de l’accueil. Vingt-huit associations, qui travaillent dans l’hébergement social d’urgence ou auprès des personnes migrantes, ont rapidement demandé au Conseil d’Etat d’annuler ce texte et saisi le juge des référés pour qu’il en suspende provisoirement l’exécution. Le juge des référés a décidé de maintenir le texte, tout en recadrant strictement le travail des équipes mobiles sur les informations qu’elles peuvent recueillir, les pouvoirs dont elles disposent et la protection des données à caractère personnel. Le Conseil d’Etat se prononcera sur le fond dans quelques semaine.

"Dubliné-e-s", "Dublinables"…
Les personnes dites "dublinées" sont des demandeurs d’asile faisant l'objet d'une procédure de transfert ou de "réadmission" vers un autre pays européen, là où leurs empreintes ont été enregistrées pour la première fois lorsqu’elles sont entrées dans l’Union Européenne. Ce terme vient du "règlement Dublin", un texte de référence pour l'accueil des personnes réfugiées en Europe datant de 2013, et qui détermine quel pays est compétent pour traiter les demandes d'asile. En l’occurrence, il stipule qu’une personne ne peut faire une demande d’asile que dans le premier pays de l’UE où elle est entrée et a été enregistrée.

Le Défenseur des droits contre la circulaire Collomb et le projet de loi asile et immigration
Le Défenseur des droits, Jacques Toubon, a présenté, mi février, des observations dans la procédure de référé pendante devant le Conseil d’Etat concernant la circulaire du 12 décembre 2017. Il a notamment exprimé la crainte que les missions des équipes mobiles créées par la dite-circulaire aient pour but de "recenser les personnes dépourvues de droit au séjour pour les réorienter vers une structure dédiée en vue de leur éloignement". Dans un communiqué (20 février), Jacques Toubon s’est félicité des précisions apportées par l’ordonnance du Conseil d’Etat au sujet de cette circulaire. Il n’en a pas pour autant baisser la garde contre le projet de loi asile et immigration. Dans une interview au "Monde", il estime qu’avec ce texte "le demandeur d’asile est maltraité". Pour le défenseur des droits, "il faut arrêter de faire croire qu'on est capable de "maîtriser les flux migratoires", comme on le dit depuis 1974, pour s'atteler au vrai sujet : construire une politique publique qui organise les parcours migratoires". C’est ce point de vue qu’il développe dans cette interview ; une interview aux formules directes. "Contrairement au discours qui veut que tout soit fait en faveur du demandeur d'asile, il est en fait maltraité par ce projet", déclare-t-il. Selon lui, le demandeur d'asile va se retrouver "pris dans des procédures tellement accélérées qu'elles confinent à l'expéditif". Il dénonce les "délais impossibles à tenir, notamment pour déposer un recours devant la Cour nationale du droit d'asile". "Ce n'est pas en s'alignant sur les thèmes du Front national qu'on va faire reculer ses votes", tacle, au final, le Défenseur des droits.
Plus de rigueur contre les personnes "dublinées", la proposition de loi des "Constructifs
"Le gouvernement souhaitait une loi pour faciliter l’éloignement des personnes "dublinées", la commande a été passée et une proposition de loi "permettant une bonne application du régime d’asile européen" a été déposée par le groupe UDI. Modem — qu’on appelle aussi les "Constructifs". Ce texte facilite le placement en rétention des personnes migrantes enregistrées à leur arrivée dans un autre pays de l’Union Européenne, les personnes "dublinées". Dans leur exposé des motifs, les député-e-s qui ont fait cette proposition de loi avancent que "la crise migratoire d’août 2015 a entraîné une multiplication des mouvements secondaires de personnes qui traversent notre territoire dans le but de se rendre dans un autre Etat de l’Union européenne ou de solliciter l’asile en France après l’avoir déjà fait ailleurs (…) 11 % des demandeurs d’asile ont fait l’objet d’une procédure Dublin en 2016. Cette proportion est en forte augmentation. Selon le ministère de l’Intérieur, une personne sur deux qui se présente en préfecture pour solliciter l’asile est déjà connue du système Eurodac et peut, potentiellement, relever de la procédure Dublin".En 2017, la Cour de cassation avait jugé illégal leur placement en rétention, du fait de l’absence, dans la loi, de critères établissant "le risque non négligeable" de fuite de la personne demandeuse pour justifier une rétention administrative plutôt qu’une assignation à résidence. Cette décision ne plaisait pas au gouvernement qui a fait du transfert des personnes "dublinées" l’une de ses priorités dans sa politique d’éloignement. Cette proposition de loi a été beaucoup durcie lors de son passage au Sénat. Certains parlementaires de la majorité ont critiqué le texte, mais finalement il a été adopté définitivement et largement le 15 février dernier.

Intégration : le rapport d’Aurélien Taché
Le 19 février dernier, le député (LREM) Aurélien Taché a remis au Premier ministre un rapport sur l’intégration. Il propose 72 mesures dont le doublement du nombre d'heures de cours de français. Aurélien Taché envisage aussi d'autoriser les personnes demandeuses d’asile à travailler dans un délai de six mois après leur requête, "voire plus tôt dans le cadre d'un examen au cas par cas", contre neuf mois actuellement. Le rapport propose aussi d'offrir aux nouveaux venus "un accompagnement global, incluant notamment l'accès au logement et à l'emploi, d'une durée moyenne d'un an". Il préconise la création d’une "agence dédiée à l'intégration des étrangers", qui élargirait les missions de l'Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides). On ne connaît pas les suites qui seront donnés à ces propositions, mais la publication récente de ce rapport (pourtant prêt depuis un bon moment) tombe bien pour le gouvernement et lui permet de gommer (un peu) l’image de grande fermeté, assez peu humaine, de son approche des politiques migratoires.

Commentaires

Portrait de jl06

 (1)   Bien sur  , quand vous aurez comme en Italie un mouvement de masse extrémistes que proposerez vous ? 

 

(2) le pognon ils sort d,ou ? encore les vieux , les classes moyenes qui doivent  banqué  ....au passage quand les séros devront banqué (  en parti) pour leur TT  .....en réflexion !

 

(3 ) au passage merci  de pas oublié les 3000 sans abris , faudra m,expliqué pourquoi on na pas réquisitionné des hotels pour eux ?  , sont juste plus discret .....facile 

 (4) ne pas oublié le Français modeste  qui à du mal à se chauffé se soignée ... et qui  ne demande rien lui ....

 

(5) raz le bol des gens qui fond leur lit  (le buzz) sur le malheur des autres  ,  kouchner nous deja fait le coup ....pour ceux qui ont la mémoire courte ...

 j,ai bossé a l,age de 14ans  cotisé  45ans  , alors j,ai aucune leçon  de morale a recevoir ,qu,il commence par se levé le matin pour allé au taf après on discute 

que les ministres s,occupe plutot des Français qui ni arrive plus sa deviens urgent , 

le retour de baton sera bien plus grave ....je vois mais Amis Italiens qui roule tous pour le mouvement 5 Etoiles ....

Portrait de sonia

 

Le Professeur de droit public Serge Slama indique dans le reportage

"Tout cela n’a guère de sens et risque de perdurer encore longtemps tant qu’on ne s’autorise pas à penser autrement sur la question de l’immigration."

 

Pour l'auteur des "illuminés de service", non ce n'est pas un complot de l'État ou de mouvements sectaires.

Comme le rappelle l'article ci-dessous

"Près d'un Français sur deux (48 %) valide le "Grand remplacement", cette théorie qui suggère que "l’immigration est un projet politique de remplacement d’une civilisation par une autre organisée délibérément par nos élites politiques, intellectuelles et médiatiques et auquel il convient de mettre fin en renvoyant ces populations d’où elles viennent".

 

http://www.valeursactuelles.com/societe/immigration-pres-de-50-des-franc...

Portrait de jl06

j,ai pas mal bourlinguer sur la planéte ... de la misére j,en et vu beaucoup , ouvrir  en grand toute nos frontieres  ni suffira pas par contre déstabilé l,acquis oui  à coup sur ! aucun parti ni résistera ....
tu parle comme les industriels Allemand qui font entré a bat coups de la mains d,oeuvres  pour en profité un max ...
et surtout je n,est pas besoins d,avoir une opinion toute digérer par d,autres !

je ne croit pas plus Slama qu'a un(e) autres .... 

cette affaire de grand remplacement bien sur un coup médiatique de plus  mais comme tu le fait remarqué 1/ français sur deux y adhére nos voisins Italien vons très mal en se sens  ... ,  je te parle de la stabilité" de la France ,

deja très mal en point au cas ou cela t,aurait échappé ....

sondage du Figaro : La montée des populismes en Europe vous inquiète-t-elle ?
54 270 votants : 37 % Oui et 63% Non

Portrait de sonia

Si tu etais pour l'indépendance de la Corse, alors tu verrais les choses autrement.

Moi chui européenne binationale franco- tunisienne, est-ce que ça me gêne ?

À part d'avoir été contaminée par un italien(calabrais) et de servir de cobbaye à la recherche ...

 

Par contre, stigmatiser les femmes  les hommes et enfants venant trouver refuge chez nous, ne se justifie pas.

Lhospitalite est un devoir sur un site solidaire comme Seronet qui condamne tout propos haineux...