Internet et sexualité : les dessous de l’affaire

Publié par jfl-seronet le 25.05.2014
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Mode de vieInternetsexualité

L’IFOP a mené une étude comparative dans plusieurs pays d’Europe dont la France et aux Etats-Unis sur les nouveaux usages d'Internet à des fins sexuelles. Autrement dit qui fait des "Sexselfie", qui écrit des sextos et qui utilise les "Sexcam" ? Il s’agissait pour l’IFOP de comprendre qui fait quoi ? Observe-t-on en Europe et aux Etats-Unis la même utilisation des nouvelles technologies à des fins sexuelles ?

Réalisée à la fois aux Etats-Unis et en Europe (Allemagne, France, Italie et Espagne), cette enquête confirme "l’intégration des nouveaux modes de communication dans la vie sexuelle des jeunes occidentaux tout en mettent en lumière l’avance des Américains en la matière", explique l’IFOP. De manière générale, les résultats de l’enquête montrent un usage de plus en plus sexualisé des nouveaux moyens de communication. Consistant à partager des photos ou des vidéos sexuellement explicites, la pratique du "sexting" s’avère particulièrement répandue aux Etats-Unis si l’on en juge par la proportion d’Américaines ayant déjà envoyé des images d’elles nues ou dénudées via un ordinateur ou un téléphone mobile : une sur quatre en moyenne (25 %), jusqu’à 40 % chez celles âgées de moins de 35 ans, indique le sondage de l’IFOP. En Europe, les adeptes de ce genre de jeux s’avèrent beaucoup moins nombreuses – leur proportion tourne en moyenne autour de 7 % dans l’ensemble de la population féminine – mais leur nombre est loin d’être négligeable chez les jeunes femmes de moins de 35 ans : 15 % en France, 13 % en Italie, 11 % en Allemagne et 9 % en Espagne. Les Européennes s’avèrent en revanche beaucoup moins réticentes à la pratique du "sexto", c'est-à-dire à l’envoi de messages "coquins" à son partenaire par voie électronique : près d’une sur trois s’y est déjà adonnée (35 % des Françaises et des Italiennes, 33 % des Espagnoles, 29 % de Allemandes), leur proportion étant même majoritaire chez les jeunes, notamment en France (58 %) et en Allemagne (55 %).

Les adeptes de pratiques exhibitionnistes en ligne comme le "sexselfie" - on publie une photo de soi juste après un rapport sexuel – semblent encore peu nombreux, y compris chez les jeunes de moins de 35 ans : au total, en Europe, à peine 5 % d’entre eux déclarent avoir déjà publié des photos ou des vidéos d’eux-mêmes nus ou dénudés (dont 6 % en France). "On n’en observe pas moins l’essor de nouvelles formes d’activités masturbatoires via des outils d’échanges interactifs qui permettent une excitation mutuelle entre partenaires. Aux Etats-Unis, c'est ainsi près d’un jeune sur quatre (24 %) qui a déjà fait l’amour virtuellement avec son partenaire et près du double (48 %) qui pourrait se livrer à une telle expérience via un PC ou un mobile", indique l’IFOP. En Europe, ce genre d’échanges sexuels purement virtuels est beaucoup moins répandu – environ un jeune de moins de 35 ans sur dix s’y serait déjà adonné (dont 10 % en France) – mais leur disposition à faire l’amour virtuellement est, elle, assez élevée : 32 % en Italie, autour de 25 % dans les autres pays (23 % en France, 25 % en Allemagne, 29 % en Espagne). La fréquentation des sites de sexcam est aussi une pratique beaucoup plus répandue aux États-Unis : près d’un Américain sur cinq y a déjà visionné un show sexuel (ou striptease) en direct (dont 25 % des jeunes de moins de 35 ans) et près d’un tiers déclare qu’ils pourraient le faire (dont 48 % des moins de 35 ans).