Journée mondiale sans tabac

Publié par jfl-seronet le 31.05.2023
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Ça chiffre ! Chaque minute, dix millions de fumeurs-ses grillent une cigarette et quinze personnes meurent à cause du tabac. À l’occasion de la Journée mondiale contre le tabac (31 mai), Seronet fait le point sur les chiffres et les enjeux.

Combien de personnes fument-elles ?

Sur une population de huit milliards d'humains, les fumeurs-ses sont estimés-es à plus d'un milliard par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et The Tobacco Atlas. Chaque année, ils-elles consument plus de 5 000 milliards de cigarettes, d'après The Tobacco Atlas, centre d'information sur le tabac de l'ONG américaine Vital Strategies et de l'Université de l'Illinois à Chicago. La proportion de fumeurs-ses est globalement en baisse depuis plusieurs années, grâce aux mesures anti-tabac des États, comme les hausses de taxes, et aussi à l'émergence récente de la cigarette électronique. Un tiers de la population mondiale de plus de 15 ans fumait en 2000, cette proportion est aujourd'hui tombée à près de 20 %, selon les données de l’OMS.

Où fume-t-on le plus ?

C'est en Chine qu'on trouve le plus grand nombre de personnes qui fument : le pays aux 1,4 milliard d'habitants-es, compterait près 300 millions de fumeurs-ses (chiffre 2020 de l'OMS). L'Indonésie est le pays qui compte la plus forte proportion de personnes qui fument chez les hommes : 62,7 % des plus de 15 ans. La cigarette est un problème de santé publique qui touche désormais surtout les pays pauvres : 80 % des fumeurs-ses vivent dans des pays à revenus faibles ou moyens. En Afrique et au Moyen-Orient, l’usage du tabac recule peu et dans certains cas progresse comme en Égypte, au Liban ou en Irak.

Qui consomme en France ?

Santé publique France (SpF) a publié le mardi 30 mai 2023 ses chiffres sur le tabagisme lors de l'année 2022. Les données indiquent que la baisse de personnes qui fument s'est interrompue et que les plus gros-ses consommateurs-rices de cigarettes sont les personnes les plus précaires et les moins diplômées. Dans sa communication, SpF explique que les « chiffres font craindre des problèmes de santé publique ». L’agence rappelle qu’en 2022, près d’un tiers des Français-es fumait et un quart consommait des cigarettes quotidiennement. Ses résultats montrent qu’en 2022 plus de trois personnes sur dix déclarent fumer et un quart déclare fumer quotidiennement. Ces prévalences sont stables par rapport à 2021 et depuis 2019. Par ailleurs, les résultats concernant les facteurs associés à l’envie d’arrêter de fumer et aux tentatives d’arrêt chez les fumeurs-ses issus du Baromètre de Santé publique France 2021 sont publiés. Ils montrent que près de six fumeurs-ses au quotidien sur dix souhaitent arrêter de fumer. Ces proportions représentent près de douze millions de fumeurs-ses au quotidien. À noter que si une augmentation de femmes fumeuses était constatée depuis quelques années, celle-ci semble stagner désormais. La chute de la proportion de personnes fumeuses en France semblait pourtant avoir de beaux jours devant elle. De 2016 à 2019, une baisse (entre 24 et 29 %) des consommateurs-rices de tabac était enregistrée. Cette année, les chiffres sont plus stagnants. L'agence de santé estime que ce phénomène pourrait être imputé au stress lié à la crise sanitaire de la Covid-19.

Quelles sont les spécificités des consommateurs-rices ?

En 2022, en France métropolitaine, plus de trois personnes de 18-75 ans sur dix déclarent fumer (31,8 %) et un quart fumer quotidiennement (24,5 %). L’augmentation observée parmi les femmes entre 2019 et 2021 ne semble pas se poursuivre. Les hommes fument davantage que les femmes (27,4 % de tabagisme quotidien, versus 21,7 %). Les inégalités sociales en matière de tabagisme ont été étudiées à partir de trois indicateurs : diplôme, revenu et situation professionnelle. Les résultats montrent que : la prévalence du tabagisme quotidien reste en 2022 nettement plus élevée lorsque le niveau de diplôme est plus faible : elle varie de 30,8 % parmi les personnes n’ayant aucun diplôme ou un diplôme inférieur au Baccalauréat à 16,8 % parmi les titulaires d’un diplôme supérieur au baccalauréat ; la prévalence est la plus élevée parmi le tiers de la population dont les revenus sont les plus bas (33,6 %) ; enfin, parmi les 18-64 ans, la prévalence du tabagisme quotidien reste nettement plus élevée parmi les personnes au chômage (42,3 %), que parmi les actifs-ves occupés-es (26,1 %) ou les étudiants-es (19,1 %). Concernant les évolutions, la prévalence du tabagisme quotidien ne varie pas de façon significative selon le diplôme ou selon la situation professionnelle entre 2021 et 2022, avec une tendance à la stabilité depuis 2019. L’augmentation parmi les moins diplômés observée entre 2019 et 2021 semble s’interrompre.

Combien de décès imputables au tabac ?

Le tabac est la première cause évitable de mortalité : une personne meurt toutes les quatre secondes dans le monde à cause de la cigarette.  Le tabagisme actif ou passif a tué près de neuf millions d'humains en 2019 (étude « Global Burden of Disease » publiée en 2021 dans The Lancet). Cancers, en particulier du poumon, infarctus, AVC et troubles respiratoires de type BPCO sont les principales maladies associées au tabac. Au XXe siècle, le tabac a fait 100 millions de victimes (recherche publiée en 2009 dans la revue Nature), soit plus que les 60 à 80 millions de morts attribués à la Seconde Guerre mondiale associés aux 18 millions de morts de la guerre de 14-18. Le tabagisme de masse pourrait faire 450 millions de morts au cours de la première moitié du 21e siècle et coûte cher à la société : il absorbe 6 % des dépenses mondiales de santé (étude coordonnée par l'OMS, publiée en 2018 par la revue Tobacco Control).

Et les décès en France ?

Chaque année, Santé publique France estime la prévalence du tabagisme et son évolution par rapport à l’année précédente. Cet indicateur joue un rôle majeur dans le pilotage des politiques publiques mises en œuvre dans la lutte contre le tabagisme. Après une baisse du tabagisme quotidien d’ampleur inédite entre 2016 et 2019 (de 29,4 % à 24,0 % en métropole), la prévalence s’est stabilisée depuis 2019. Le tabac reste la première cause de mortalité évitable en France avec 75 000 décès attribuables en 2015, soit 13 % des décès.

Quels effets sur la planète ?

La cigarette nuit non seulement aux poumons et artères des personnes qui la consomment, mais aussi à la planète : production et consommation de tabac rejettent 84 millions de tonnes de CO2 par an, équivalent d'un cinquième de la pollution des avions commerciaux (chiffre de l’OMS). Près d'un million de tonnes de mégots sont jetés annuellement, avec leurs filtres en acétate de cellulose, non-biodégradables. La culture du tabac nécessite, chaque année, 22 milliards de tonnes d'eau et son industrie produit 25 millions de tonnes de déchets solides.

Un secteur sur le déclin ?

Le monde des fabricants de cigarettes serait-il sur le déclin face à la baisse progressive de consommation de tabac observée depuis 2012 ?  Rien n'est moins sûr, souligne The Tobacco Atlas, cité par l’AFP : dans les pays riches cette puissante industrie s'est diversifiée dans les produits alternatifs en premier lieu la cigarette électronique. Dans les pays à revenus moyens ou faibles, les majors du tabac poursuivent leur politique « agressive » de prix et dépensent des sommes incroyables pour combattre les mesures anti-tabac prises par les pouvoirs publics. Deux bureaux d'analyse économique américains anticipent sur les cinq à huit ans à venir, une hausse annuelle d'environ 2,5 % du chiffre d'affaires global du secteur qui pèserait 940 milliards de dollars en 2023.  Pour la journée mondiale sans tabac, l'OMS appelle les agriculteurs à cultiver des denrées comestibles, plutôt que des plants de tabac, pour renforcer la sécurité alimentaire, mais note qu'en Afrique les surfaces consacrées à la culture du tabac ont augmenté de près de 20 % en 15 ans.

Que sait-on du vapotage et de l’envie d’arrêter ?

En 2022, 41,2 % des 18-75 ans déclarent avoir déjà expérimenté la cigarette électronique, souligne Santé publique France. La prévalence du vapotage quotidien s’élève à 5,5 %. Elle ne varie pas de façon significative par rapport à 2021, mais une tendance à la hausse est observée depuis 2016 (2,5 % de vapoteurs-ses quotidiens-nes en 2016). Les données du Baromètre de Santé publique France 2021 montrent que parmi les personnes qui fument tous les jours, 59,3 % déclarent avoir envie d’arrêter de fumer, 26,4 % déclarent avoir le projet d’arrêter dans les six prochains mois et 30,3 % ont fait une tentative d’arrêt d’au moins une semaine dans les douze derniers mois. Les hommes fumeurs sont plus nombreux que les femmes fumeuses à avoir envie d’arrêter de fumer (61,7% contre 56,5% des femmes) et à avoir fait une tentative d’arrêt dans les douze derniers mois (34,3% contre 25,8%), les écarts étant les plus marqués chez les 18-34 ans.

Qu’en est-il de la stratrégie française de lutte contre le tabac ?

Le 2e programme national de lutte contre le tabac lancé en 2018 s’est achevé en 2022 sur un bilan positif : baisse globale du tabagisme quotidien chez les adultes (de 26,9 % en 2017 à 24,5 % en 2022) et baisse significative chez les jeunes de 17 ans (de 25,1 % en 2017 à 15,6 % en  2022, selon les résultats de l’enquête Escapad 2022), multiplication du volume de traitements de substitution nicotinique pris en charge et du nombre de professionnels-les de santé prescripteurs-rices, augmentation des lieux devenus « sans tabac » sur le territoire... Le ministre de la Santé et de la Prévention, François Braun, a annoncé un nouveau programme national de lutte contre le tabac dont la préparation se poursuit et qui sera lancé cette année. Il s'agira notamment de mieux prévenir l’entrée dans le tabagisme et d’accompagner les fumeurs-ses vers l’arrêt, avec une attention particulière sur les populations cibles, notamment les jeunes, ainsi que sur la réduction des inégalités sociales de santé liées au tabac.

 

Tabac info service : trois outils d’aide à l’arrêt
Le 39 89, numéro d’aide à distance de Tabac info service, met en relation les personnes consommatrices de tabac avec des tabacologues afin de bénéficier d’un suivi personnalisé et gratuit. Depuis le 31 mai 2023, le 39 89 est accessible aux personnes sourdes ou malentendantes via la plateforme Acceo. Le site tabac-info-service propose de nombreux contenus d’aide et outils d’accompagnement (mise en contact avec un-e tabacologue, témoignages, questions/réponses, etc.). L’application d’e-coaching Tabac info service, conçue par l’Assurance Maladie en partenariat avec Santé publique France, propose un programme complet et personnalisé pour optimiser les chances d’arrêt définitif du tabac (astuces, vidéos de soutien, suivi des bénéfices de l'arrêt au quotidien…).

 

Commentaires

Portrait de avenger

Tiens c'est curieux pas un mots sur le libre échange mondialisé pas un mot sur les avions qui polu ,de meme sur les camions qui pollu l'atmosphere ,de meme pour les navires marchant (et oui çeux la ne fonctione pas avec des voilles,)

ect... la pas un mot mais peu etre j'ai mal lu l'article,comme d'habitude deux pois deux mesures mais il est vrai qu'il faut trouver des boucs  émissaire c'est tellement plus simple!!!

av.