La pauvreté bat son plein

Publié par jfl-seronet le 28.09.2012
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Où en est la pauvreté en France ? C’est à cette question que permettent de répondre les résultats d’une étude de l’INSEE sur les niveaux de vie en 2010. En voici quelques résultats. Ce sont de mauvaises nouvelles qu’on peut résumer à une idée : Le nombre de personnes pauvres a augmenté de 440 000 en France en 2010.
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En 2010, selon l’enquête Revenus fiscaux et sociaux, le niveau de vie médian s’élève à 19 270 euros annuels, soit une diminution en euros constants de 0,5% par rapport à 2009, écrivent Carine Burricand, Cédric Houdré, Eric Seguin (Division Revenus et patrimoine des ménages de l’INSEE). Les 10% des personnes les plus modestes ont un niveau de vie inférieur à 10 430 euros ; celui des 10% des plus aisées est d’au moins 36 270 euros, soit 3,5 fois plus. Par ailleurs, le niveau de vie baisse ou stagne pour pratiquement toutes les catégories de la population sauf pour les plus aisées. Le seuil de pauvreté, qui correspond à 60% du niveau de vie médian de la population, s’établit à 964 euros mensuels en 2010. Autre donnée dont on espère qu’elle marquera le gouvernement, la pauvreté continue de progresser. Elle concerne 8,6 millions de personnes, soit 14,1% de la population contre 13,5% en 2009. Cette progression affecte davantage les enfants : le taux de pauvreté des moins de 18 ans atteint 19,6%, en hausse de 1,9 point. La non-reconduction de mesures d’aides ponctuelles, mises en œuvre en 2009 afin de limiter les effets de la crise sur les ménages modestes, et le gel du barème des prestations familiales en 2010, expliquent pour partie que cette population soit plus affectée.


19 270 euros annuels : le niveau de vie médian en 2010

En 2010, selon l’enquête de l’INSEE, le niveau de vie médian des personnes vivant dans un ménage de France métropolitaine est de 19 270 euros, soit 1 610 euros par mois. A l’INSEE, un ménage est défini comme l’ensemble des occupants d’un même logement sans que ces personnes soient nécessairement unies par des liens de parenté (en cas de cohabitation par exemple). Un ménage peut être composé d’une seule personne. Ce montant partage la population en deux, la première moitié ayant moins et la seconde ayant plus. "Par construction, tous les membres d’un même ménage ont le même niveau de vie. Il correspond au revenu disponible du ménage divisé par le nombre d’unités de consommation de celui-ci. Par rapport à 2009, le niveau de vie médian a diminué de 0,5% en euros constants. Il faut remonter à 2004 pour enregistrer un tel recul", écrivent les auteurs.
 

Les catégories plus aisées s’échappent
"Malgré un contexte de reprise économique en 2010, certes modérée, pratiquement toutes les catégories de la population subissent une baisse de niveau de vie en euros constants, note l’INSEE. Toutes, sauf les plus aisées : "A contre-courant du reste de la population, le niveau de vie au-dessus duquel se situent les 5% de personnes les plus aisées repart à la hausse (+1,3% en euros constants) après avoir stagné en 2009 (+0,2%)".

La plupart des indicateurs d’inégalités sont à la hausse
La plupart des indicateurs montrent une progression des inégalités, indiquent les auteurs. Par exemple l’indice de Gini augmente de 0,290 à 0,299. Cet indice mesure le degré d’inégalité d’une distribution (ici, celle du niveau de vie) pour une population donnée. Il varie entre 0 et 1, la valeur 0 correspondant à l’égalité parfaite (tout le monde a le même niveau de vie), la valeur 1 à l’inégalité extrême (une personne a tout le revenu, les autres n’ont rien). Le rapport entre la masse des niveaux de vie détenue par les 20% de personnes les plus aisées et celle détenue par les 20% les plus modestes s’élève de 4,3 à 4,5. En tendance sur moyenne période, la progression des inégalités "par le haut" est nette : entre 1996 et 2010, le niveau de vie moyen des 1% de personnes les plus aisées a augmenté d’environ 2,1% par an en moyenne, contre 1,4% pour le niveau de vie moyen de l’ensemble de la population. En 2010, les évolutions de salaires expliquent en partie la hausse des inégalités, indique l’INSEE. En effet, en bas de l’échelle des niveaux de vie, le poids des salaires dans le revenu disponible diminue de 3 points, s’établissant à 27% : d’une part, la proportion de personnes ayant un emploi recule, passant de 23% à 2% ; d’autre part, la revalorisation du Smic horaire brut a été limitée en 2010 du fait de la faible inflation en 2009 (en moyenne annuelle, le Smic baisse de 0,5% en euros constants). En haut de l’échelle des niveaux de vie, les salaires sont plus dynamiques.

Le taux de pauvreté atteint 14,1%
Le seuil de pauvreté monétaire est défini par convention à 60% du niveau de vie médian. En 2010, 8,6 millions de personnes vivent en dessous de ce seuil, qui s’élève à 964 euros par mois ; la moitié d’entre elles vivent avec moins de 781 euros par mois). A titre de comparaison, pour une personne seule, le socle du revenu de solidarité active (RSA) s’élève à 460 euros et l’allocation de solidarité pour personnes âgées (ASPA) à 709 euros (au 1er avril 2010). Le taux de pauvreté monétaire, pourcentage de personnes en situation de pauvreté monétaire, est de 14,1%, en hausse de 0,6 point. Il poursuit la hausse de 2009 (+0,5 point) et atteint son plus haut niveau depuis 1997. En 2010, le taux de pauvreté reste le plus élevé pour les chômeurs (36,%) et est en hausse de 1,7 point. Les plus fortes contributions à la hausse de la pauvreté sont en fait celles des inactifs : les retraités (11% de l’accroissement du nombre de personnes pauvres), les adultes inactifs autres que les étudiants et retraités (16%) et, surtout, les inactifs de moins de 18 ans, c’est-à-dire les enfants (63%). Le niveau de vie médian des retraités diminue de 1,1% et leur taux de pauvreté progresse de 0,3 point pour s’établir à 10,2% : dans la majorité des régimes de retraite, la revalorisation des pensions a été inférieure à la hausse des prix et la diminution des taux de rendements des placements financiers usuels a bridé les revenus financiers des retraités, expliquent les auteurs. Par ailleurs, après une hausse de 1 point en 2009, le taux de pauvreté des autres adultes inactifs (hors étudiants et retraités) augmente de 1,9 point et atteint 32,2% en 2010. Cette hausse sur deux ans est en lien avec la progression du nombre d’allocataires de minima sociaux, même si en 2010 son ralentissement (+2,5% en 2010 après +6,2%) tranche avec la progression du taux de pauvreté.

Commentaires

Portrait de BOTCHO-75

BOTCHO-75 pourquoi avoir fait l'Europe financière en oubliant l' Europe Sociale et fiscale ? pourquoi être surpris par les fruits amers du manque d'éthique en tout ! pourquoi avons-nous oublié que le travail était un Droit pourquoi donner du poisson sans apprendre à pêcher ? pourquoi oublier de préserver sa propre liberté d'être ! pourquoi avoir oublier l' espérance en demain par ses actes ?

pourquoi pourquoi pourquoi ? vous avez dit pourquoi ? mais pourquoi ce pourquoi ?

  dormez ..Surprise...dormez ..Innocent...dormez comme la grenuille dans une eau qui va bouillr ! Embarrassé