La SNSS est lancée !

Publié par Franck-seronet le 30.03.2017
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Sexualitéstratégie nationale de santé sexuelleSNSS

La stratégie nationale de santé sexuelle a été lancée le 28 mars dernier par la ministre de la Santé, Marisol Touraine. Explications et infos clefs.

La stratégie nationale de santé sexuelle donne les directions et l'agenda en matière de santé sexuelle jusqu'en 2030, avec des objectifs d'étapes intermédiaires en 2020 et 2023.

Les mesures contenues dans cette stratégie visent, à l’horizon 2030, à placer l’éducation à la sexualité et à la santé sexuelle des plus jeunes au cœur de leurs parcours éducatifs en santé, et à renforcer l’offre de prévention, de dépistage et de prise en charge en santé sexuelle autour des professionnels de premier recours. Elles visent aussi à maintenir une attention particulière pour les populations vulnérables ou exposées au VIH en renforçant notamment la prévention diversifiée. Cela comprend le fait d’accompagner et de sécuriser l’accès à la prophylaxie pré-exposition (PrEP) pour certains publics, de faciliter l’accès au traitement post-exposition pour le VIH et le virus de l’hépatite B. Autre objectif en population générale : renforcer et diversifier la prévention des IST et du VIH par la promotion de dispositifs adaptés aux personnes et à leur situation. Le préservatif reste l’outil de prévention privilégié, mais de nouvelles stratégies de dépistage seront déployées ; des actions seront mises en place pour augmenter la couverture vaccinale contre le virus de l’hépatite B et le papillomavirus humain – HPV.

Par ailleurs, la stratégie prévoit de promouvoir la recherche et l’innovation en santé sexuelle.

Les plans nationaux sur le VIH sont finis, vive la SNSS

Entre juillet et décembre 2016, le ministère de la Santé a réuni des acteurs de terrain, dont AIDES, afin d'élaborer une Stratégie nationale de santé sexuelle, en lien avec la Stratégie nationale de santé dont l’ambition est la réduction des inégalités sociales de santé. La stratégie nationale de santé sexuelle a aussi été coordonnée en lien avec la Stratégie nationale de santé pour les Outre-mer, et en prolongement des plans nationaux  VIH-IST, dont le dernier courait de 2010 à 2014.

Ce que cela change par rapport au plan national VIH et IST

L'enjeu du passage du plan national VIH et IST à la stratégie nationale de santé sexuelle était d’aller vers un champ nouveau (la santé sexuelle), sans pour autant diluer la question du VIH qui demeure en France un enjeu majeur de santé publique. L’objectif dans ce travail était de maintenir un cadre fort permettant de soutenir la fin de l'épidémie de VIH, mais aussi de celle des hépatites virales. Il fallait également que les populations plus exposées, les plus vulnérables fassent l'objet d'une attention à leurs besoins spécifiques et que les dispositifs s'adaptent et se coordonnent. Enfin, il fallait, autant que possible, maintenir dans un cadre national certains des aspects existant dans les précédents plans, plus éloignés des questions de santé sexuelle, mais importants pour les personnes vivant avec le VIH ou une hépatite virale. Ces éléments se retrouvent globalement dans les axes II et IV de la stratégie.

"L’objectif de cette stratégie est simple : faire en sorte, dès 2020, que 95 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut, que 95 % des personnes séropositives aient accès à des traitements et que 95 % des personnes sous traitement aient une charge virale indétectable. Il s’agit également d’éliminer définitivement les épidémies d’infections sexuellement transmissibles" a déclaré Marisol Touraine.

Quels acteurs ?

Dans son communiqué de presse, le ministère de la santé explique que la stratégie nationale de santé sexuelle a été élaborée en concertation avec l’ensemble des parties prenantes (sociétés savantes, associations d’usagers, organisations représentatives des professionnels de santé, etc.). Elle s’appuie sur le rapport sur la prévention et la prise en charge des IST chez les jeunes du Professeur Patrick Yeni, mais également sur les recommandations du Haut conseil de la santé publique. Les mesures qu’elle contient seront déclinées en région par les Agences régionales de santé sur la base de diagnostics territoriaux. Les Corevih, les Agences régionales de santé (plan régionaux et schémas d'organisation) et les acteurs régionaux, dont les associations de la société civile, notamment, voient leur rôle affirmé au regard de la mise en œuvre de cette stratégie. Un comité national de pilotage et de suivi est mis en place, il sera présidé par le professeur Patrick Yéni, médecin spécialiste des maladies infectieuses et président du Conseil national du sida et des hépatites. Il a été reçu le 28 mars dernier par la ministre de la Santé à ce sujet.