Le 8 mars… de A à Z !

Publié par jfl-seronet le 08.03.2020
2 090 lectures
Notez l'article : 
0
 
Initiativefemmes8 mars 2020

Des enjeux de santé, des citations à méditer, des ouvrages à découvrir, des spectacles à voir pour mieux saisir les ressorts du féminisme, des expositions d’artistes et de créatrices, des trucs pour cogiter ou se mettre en colère, des revendications, des figures historiques à saluer, des combats à continuer… le tout pour commémorer la Journée des droits des femmes 2020.

A comme Alice Neel

Elle est peu connue chez nous. La rétrospective que consacre le Centre Pompidou à Alice Neel (1900-1984), l’une des plus importantes artistes nord-américaines, met en lumière l’engagement politique et social de cette peintre longtemps ignorée de son vivant plus de trois ans après une première rétrospective en France. C’était à la fondation Van Gogh à Arles. Structurée en deux parties thématiques, la lutte des classes et la lutte des sexes, l’exposition compte environs soixante-dix peintures et dessins, ainsi que de nombreux documents, depuis les premières œuvres de la fin des années 1920, jusqu’aux dernières peintures réalisées peu de temps avant sa mort en 1984. Un travail de l’artiste Jenny Holzer à partir du dossier FBI d'Alice Neel ouvre le parcours. Cette peintre est louée aujourd’hui pour la grande acuité avec laquelle elle a portraituré les différentes strates de la société américaine, son œuvre immense ayant même été comparée à La Comédie humaine de Balzac. C’est pour cette raison que les commissaires de l’exposition ont décidé de titrer l’exposition : « Alice Neel – un regard engagé ». L’exposition met en lumière son engagement politique et social porté par son adhésion au parti communiste et à la cause féminine, deux signes de courage aux États-Unis. « En politique et dans la vie, j'ai toujours aimé les perdants, les outsiders. Il y avait une odeur de succès que je n'aime pas », déclarait l’artiste. Son œuvre est à découvrir.
Exposition « Alice Neel. Un regard engagé » du 10 juin au 24 août 2020 au Centre Pompidou, Paris.

B comme Beauvoir

« Quand je dis que je travaille à un essai sur la vieillesse, le plus souvent on s’exclame : « Quelle idée ! Mais vous n’êtes pas vieille ! Quel sujet triste… ». Voilà justement pourquoi j’écris ce livre : pour briser la conspiration du silence. À l’égard des personnes âgées, la société est non seulement coupable, mais criminelle. Abritée derrière les mythes de l’expansion et de l’abondance, elle traite les vieillards en parias. Pour concilier cette barbarie avec la morale humaniste qu’elle professe, la classe dominante prend le parti commode de ne pas les considérer comme des hommes ; si on entendait leur voix, on serait obligé de reconnaître que c’est une voix humaine. Devant l’image que les vieilles gens nous proposent de notre avenir, nous demeurons incrédules ; une voix en nous murmure absurdement que ça ne nous arrivera pas : ce ne sera plus nous quand ça arrivera. Avant qu’elle ne fonde sur nous, la vieillesse est une chose qui ne concerne que les autres. Ainsi peut-on comprendre que la société réussisse à nous détourner de voir dans les vieilles gens nos semblables. C’est l’exploitation des travailleurs, c’est l’atomisation de la société, c’est la misère d’une culture réservée à un mandarinat qui aboutissent à ces vieillesses déshumanisées. Elles montrent que tout est à reprendre, dès le départ. C’est pourquoi la question est si soigneusement passée sous silence ; c’est pourquoi il est nécessaire de briser ce silence : je demande à mes lecteurs de m’y aider », explique l’écrivaine et philosophe. 
La Vieillesse de Simone de Beauvoir. Éditions Folio essais (n° 654), 2020. 10,90 euros.

C comme Contraception

Santé publique France (SPF) lance un nouvel outil pour les femmes. Un nouvel outil d’information pour mieux choisir sa méthode contraceptive. Un questionnaire en ligne permettant aux femmes d'identifier la contraception la plus adaptée à leur situation est à utiliser en amont d'une consultation avec un médecin. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme santé sexuelle de SPF. L’outil proposé vise à favoriser le dialogue entre la personne et le-la soignant-e. Il a pour objet de proposer une « information personnalisée aux femmes » et de faciliter l’orientation vers le site choisirsacontraception.fr, créé en 2007, qui traite de tous les aspects liés à la contraception de manière simple et pédagogique. Un clic sur le pictogramme permet de découvrir la méthode, ses avantages, ses inconvénients, comment elle s’utilise… Les internautes peuvent y trouver des informations plus générales ou comprendre comment aborder le sujet de la contraception en couple, avec un proche ou un professionnel. Les pratiques contraceptives ont évolué en France, suite à la crise des pilules de 3e et 4e générations de 2012, se traduisant par une baisse globale de leur utilisation et un report vers le dispositif intra utérin (DIU) et le préservatif. Ces évolutions ont cependant, peu modifié le schéma contraceptif français : la vie sexuelle débute avec l’utilisation du préservatif qui est remplacé par la pilule lorsque l’activité sexuelle devient régulière, puis par le DIU, une fois le nombre d’enfants désiré atteint. La réalisation du Baromètre de SPF en 2016 a permis d’interroger les femmes sur leur utilisation contraceptive afin d’étudier l’évolution des pratiques, à distance du débat. Les résultats montrent que la pilule reste le contraceptif le plus utilisé, notamment chez les femmes de moins de 25 ans (60 %). À partir de 25 ans, le DIU est utilisé par environ une femme sur cinq et cette proportion augmente avec l’âge. Les autres méthodes hormonales (patch, implant, anneau) sont des outils plus souvent plébiscités par les femmes entre 20 et 24 ans que par leurs ainées. Nicolas Dutriaux, du Collège national des sages-femmes de France (CNSF), explique : « Ce nouvel outil a pour vocation d’améliorer encore et autant que possible l’accès à l’information. Il doit permettre également de lever les craintes vis-à-vis de certains contraceptifs. Grâce à cet outil, les femmes seront préparées aux questions qui vont leur être posées lors de la consultation. Il va permettre notamment de s’assurer que la patiente a bien compris les tenants et les aboutissants des différents moyens de contraception (les effets indésirables par exemple), de vérifier les contre-indications éventuelles des contraceptifs et d’en finir avec certains préjugés qui persistent encore ». Concrètement, l’utilisatrice se voit proposer, à l'issue du questionnaire, des recommandations sur les méthodes contraceptives les plus adaptées pour elle, sur celles qui seraient possibles, ou au contraire, celles qu'elle devrait éviter. Elle peut télécharger ses résultats pour en discuter avec son médecin. SPF travaille à l'adaptation d'un questionnaire pour les hommes.

D comme Dames

« Au XIIe siècle, des prêtres se sont mis à parler plus souvent des femmes, à leur parler aussi, à les écouter parfois. Celles de leurs paroles qui sont parvenues jusqu'à nous éclairent un peu mieux ce que je cherche, et que l'on voit si mal : comment les femmes étaient en ce temps-là traitées. Évidemment, je n'aperçois encore que des ombres. Cependant, au terme de l'enquête, les dames du XIIe siècle m'apparaissent plus fortes que je n'imaginais, si fortes que les hommes s'efforçaient de les affaiblir par les angoisses du péché », explique Georges Duby. Et l’auteur de poursuivre : « Je crois aussi pouvoir situer vers 1180 le moment où leur condition fut quelque peu rehaussée, où les chevaliers et les prêtres s'accoutumèrent à débattre avec elles, à élargir le champ de leur liberté, à cultiver ces dons particuliers qui les rendent plus proches de la surnature. Quant aux hommes, j'en sais maintenant beaucoup plus sur le regard qu'ils portaient sur les femmes. Elles les attiraient, elles les effrayaient. Sûrs de leur supériorité, ils s'écartaient d'elles ou bien les rudoyaient. Ce sont eux, finalement, qui les ont manquées.»
Dames du XIIᵉ siècle de Georges Duby. Édition de Felipe Brandi, collection Folio Histoire (n° 295), 2020. 9,10 euros

E comme enfants d’abord !

Mettre un terme au « VIH pédiatrique », « préserver la santé des mères », « lutter contre la tendance croissante de la riposte au VIH à oublier les enfants en Afrique »… voilà quelques-uns des objectifs du récent programme de plaidoyer, baptisé « Naître libre pour briller », dévoilé (10 février) par l’Organisation des premières dames d’Afrique pour le développement (Opdad) et ses partenaires. Certes, des progrès importants ont été réalisés dans la riposte au sida chez les femmes et les enfants. On estime ainsi que depuis 2010, 1,5 million de nouvelles infections au VIH ont été évitées chez les enfants âgés de 0 à 14 ans en Afrique. Le pourcentage de femmes enceintes vivant avec le VIH et suivant une thérapie antirétrovirale est passé de 44 % en 2010 à 84 % en 2018. Ce sont de beaux succès. « Toutefois, le continent est encore confronté à de nombreux défis. Le sida demeure la première cause de mortalité chez les femmes en âge de procréer. Seule la moitié de tous les enfants vivant avec le VIH a accès à une thérapie antirétrovirale, l’autre moitié, soit 742 000 enfants, n'est ni diagnostiquée ni soignée contre le VIH », rappelle un communiqué de l’Onusida. C’est la raison de cette nouvelle initiative de plaidoyer qui comporte trois axes : assurer aux femmes et filles une vie sans VIH, prévenir la transmission verticale du VIH et identifier les enfants et les jeunes vivant avec le VIH pour leur apporter des services.

F comme Françoise Huguier

En regard de son travail photographique, connu dans le monde entier, Françoise Huguier présente une sélection d’objets insolites et poétiques qu’elle a glanés dans le monde entier. Une exposition, inédite, conçue comme un journal de voyage. « Les objets, source d’inspiration pour mes images, sont conservés chez moi comme un carnet de voyage. Prendre une photo est d’abord un concept immatériel, je vois, je shoote. Alors qu'avec un objet en volume, je m’approprie d’emblée une histoire qui ne m’appartient pas. […] Ce cabinet de curiosités rassemblant mes objets et mes photos, est à la fois mon microcosme et ma manière de pénétrer les secrets intimes du Monde, la rencontre du réel des objets et du virtuel des images, l’incarnation d’une culture et d’un art populaire. Je ne suis pas une collectionneuse, plutôt une ramasseuse, au gré de mes inspirations », explique Françoise Huguier, dans sa présentation.
Exposition « Les Curiosités du monde de Françoise Huguier » du 31 mars au 14 juin 2020 au musée du Quai Branly, Paris.

G comme Gloria Steinem

Gloria Steinem est une grande figure du journalisme aux États-Unis où elle a dirigé plusieurs journaux. On en avait déjà parlé l’année dernière, mais elle gagne vraiment à être connue. Elle est aussi une des grandes figures du féminisme. Elle vise dans ses écrits à dévoiler les rouages de la société patriarcale. Elle se distingue d'autres féministes par son approche intersectionnelle, liant son militantisme féministe à la lutte des classes ou encore au combat en faveur des minorités. On lui doit quelques phrases bien senties, dont celle-ci : « Je n’ai toujours pas entendu d’hommes demander des conseils sur la manière d’allier le travail et la vie de famille. »

H comme Harper’s Bazaar

À l’occasion de la réouverture de ses galeries de la mode, le Musée des Arts Décoratifs de Paris présente une grande exposition consacrée au célèbre magazine de mode américain Harper’s Bazaar. Soixante créations de couture et de prêt-à-porter sont présentées en correspondance avec leur parution dans ce magazine lancé en 1867 à New York par Harper & Brothers. Le regard des grands photographes et illustrateurs qui ont fait le renom de Bazaar est ainsi mis en perspective pour résumer un siècle et demi d’histoire de la mode. Man Ray, Salvador Dali, Richard Avedon, Andy Warhol, ou encore Peter Lindbergh ont, en effet, contribué à l’esthétique hors pair du magazine. L’exposition « Harper’s Bazaar, premier magazine de mode » retrace les moments forts de cette revue mythique, son évolution depuis 1867, en rendant hommage aux personnalités qui l’ont façonnée : Carmel Snow, Alexey Brodovitch et Diana Vreeland. On a souvent publié que Harper’s Bazaar s’adresse aux femmes avec l’ambition de les instruire en matière de mode, de société, d’art et de littérature. Inscrit dans la tradition des gazettes de mode européennes, il présente l’originalité d’un engagement pour la cause féminine. Sa première rédactrice, Mary Louise Booth est suffragiste, abolitionniste et partisane de l’Union lors de la guerre civile américaine. Au XXe siècle, Picasso, Cocteau, Matisse font partie des nombreux artistes français dont le magazine s’entoure. Bazaar consacre également des articles aux figures de l’École Américaine telles Jackson Pollock, Franck Stella ou William Burroughs. C’est aussi une revue littéraire de portée internationale qui accueille les écrits de Colette, Simone de Beauvoir, Françoise Sagan, Jean Genet, André Malraux tout en accordant aux écrivains de langue anglaise une attention primordiale : Charles Dickens, Virginia Woolf, Patricia Highsmith, Truman Capote ou encore Carson McCullers ont écrit dans Bazaar. Cette exposition est la première consacrée à un magazine de mode qui ne se limite pas à la simple présentation de photographies : elle se penche autant sur la question de la direction artistique que sur l’impact du graphisme et de la photographie, sur le rôle des femmes et des hommes qui, autant que ceux qui la créent et la portent, défendent une certaine idée de la mode. 
Exposition « Harper’s Bazaar, premier magazine de mode », jusqu'au 14 juillet 2020 au musée des Arts Décoratifs, Paris.

I comme IVG

Le chef de l’extrême droite italienne Matteo Salvini a déclenché une vague d’indignation lundi 17 février après avoir dénoncé le recours fréquent de femmes étrangères aux urgences médicales pour des IVG, en raison d’un « style de vie non civilisé ». L’interruption volontaire de grossesse (IVG, jusqu’au troisième mois) a été légalisée en 1978 en Italie, rappelle l’AFP. Au-delà du troisième mois, l’avortement reste possible pour des raisons thérapeutiques très limitées. Mais, c’est un type d’intervention difficile à effectuer car 70 % des gynécologues refusent de la pratiquer au nom de l’ « objection de conscience ». « Nous avons eu des signalements selon lesquels certaines femmes, qui ne sont ni de Rome, ni de Milan, se sont présentées pour la sixième fois aux urgences de Milan pour une interruption de grossesse », a expliqué Matteo Salvini, disant s’appuyer sur le témoignage d’infirmières dans les services d’urgences. « Ce n’est pas mon travail, ni celui de l’État de donner des leçons de morale ou d’éthique à qui que ce soit, il est juste que la femme choisisse pour elle-même et pour sa vie. Mais on ne peut pas considérer les urgences comme la solution à un mode de vie non civilisé », a lancé le leader d’extrême droite. « Certains ont pris les urgences pour un distributeur automatique de soins sans payer un centime. Il est temps de dire stop aux milliers de citoyens non Italiens qui campent aux urgences. La troisième fois que vous vous présentez, vous payez », a-t-il poursuivi. Ces propos ont suscité un tollé dans la classe politique, le chef du Parti démocrate (centre gauche, au pouvoir), Nicola Zingaretti, dénonçant « les insultes, les théories extravagantes et les statistiques aléatoires » de Matteo Salvini. Le monde médical a réagi, mettant en doute la situation décrite par Matteo Salvini. « L’avortement ne se pratique pas en Italie dans les services d’urgences, cela semble étrange, voire impossible, à moins que ne survienne une pathologie, un avortement spontané, ce qui est rare », a expliqué à l’AFP Pina Onotri, la secrétaire générale du syndicat des médecins italiens (SMI). Pour la docteure Gisella Giampa, gynécologue à l’hôpital Sandro Pertini de Rome, Matteo Salvini « généralise à partir de cas rares ». « Je pratique la gynécologie d’urgence depuis longtemps et je peux dire que le cas de figure qu’il évoque n’arrive quasiment jamais », a-t-elle déclaré à l’AFP, précisant que l’avortement en Italie s’inscrit dans un parcours de soins bien précis.

J comme Journée internationale des femmes

Héritée de l’histoire des luttes féministes menées en Europe et aux États-Unis, la Journée internationale des femmes (selon l'appellation officielle de l’Onu), également appelée Journée internationale des droits des femmes dans certains pays comme la France, est célébrée chaque année, le 8 mars. La première édition de cette journée a eu lieu le 28 février 1909, elle sera finalement officialisée par les Nations unies en 1997 et déplacée le 8 mars. La Journée internationale des femmes fait ainsi partie des 87 journées internationales reconnues ou introduites par l'Onu.

K comme Kalachachatte

Kalachachatte, c’était le titre d’un des événements du très couru festival Snap ! Sex workers narratives arts et politics. Avec sa collection de jouets, Racoline, auteure de l’exposition, expliquait son projet : « La chatte conquérante, outil de travail et d’autonomie. Ma chatte, terrain de jeu et machine de guerre, souveraine à la savante économie. Autosuffisante, muscles et muqueuses aux paroles fières. Ma chatte, mon arme, mon regard pointé, ma saisie. » Vous l’aurez compris Racoline est une artiste pluridisciplinaire qui questionne les représentations sexuelles et de genre, et qui aime bien faire des trucs avec sa chatte.

L comme Louboutin

Depuis le 26 février, le Palais de la Porte Dorée présente une grande exposition consacrée à l’œuvre et l’imaginaire de Christian Louboutin, créateur de chaussures et grande figure de la mode. « Conçue comme une invitation à plonger dans l’univers foisonnant de Christian Louboutin, l’exposition explore toutes les facettes d’une inspiration aux multiples références, dans un lieu qui est cher au créateur et qui a vu naître sa vocation. Une jolie vidéo donne une bonne idée de la somptuosité du projet.
Exposition « Christian Louboutin, l'exhibitioniste » , jusqu’au 26 juillet 2020 au Palais de la Porte Dorée, Paris. 

M comme manifestations à Mexico

Plusieurs manifestations d'associations féministes ont eu lieu, 15 février, à Mexico, notamment devant le palais de la présidence de la République, pour protester contre le meurtre brutal d'une jeune femme (poignardée par son compagnon et éviscérée, ses organes ont été jetés dans les toilettes de l'appartement où ils vivaient). Une centaine de femmes, dont beaucoup portaient des vêtements sombres et avaient le visage couvert de cagoules noires, ont scandé des slogans contre les féminicides, nombreux au Mexique. Elles ont exigé que le président Andres Manuel Lopez Obrador agisse contre ce fléau. Certaines ont réalisé des peintures militantes sur les murs du palais présidentiel avec des inscriptions comme « Mexique féminicide ! » ou encore « Aujourd'hui, nous voulons dire que nous sommes au-delà de la colère. Nous sommes furieuses ! », a expliqué à l'AFP l'une des manifestantes. Au cours de sa conférence de presse quotidienne, le président mexicain a été interpellé sur ce problème par l'activiste Frida Guerrera, qui lui a reproché de parler beaucoup plus des problèmes de corruption que des meurtres récurrents de femmes. En 2019, le Mexique a enregistré 1 006 féminicides, selon des chiffres officiels qui sont sans doute en-dessous de la réalité. Ce crime a provoqué une vague d'indignation au Mexique. Une délégation de dix femmes activistes, qui a rencontré l'équipe de communication du président, a exigé que ce dernier « présente des excuses publiques ».

N comme Non c’est non !

« En tant que femmes nous sommes tous les jours les cibles d’interpellations, de harcèlement, d’agressions verbales, physiques ou sexuelles plus ou moins graves, plus ou moins violentes, à degrés divers, au travail, dans l’espace public et privé. Souvent nous ne savons pas comment réagir, comment dire non, et comment faire comprendre que, lorsque nous disons non, c’est non. L’autodéfense pour femmes – qui n’a rien à voir avec du kung-fu -, ce sont tous les petits et grands moyens de se sentir fortes, plus sûres de soi et plus aptes à se protéger et à se défendre dans toutes les situations de la vie quotidienne, que ce soit au niveau mental, émotionnel, verbal ou, en dernier recours, physique », explique Irene Zeilinger, sociologue et formatrice d’auto-défense pour femmes. Elle a travaillé avec plus de 5 000 femmes depuis vingt-cinq ans, dans différents pays dont la France, la Belgique et le Luxembourg. De cette expérience, elle a publié un guide pratique qui propose une série d’astuces simples et faciles pour poser efficacement ses limites et se sortir de situations difficiles.
Non, c’est non de Irene Zeilinger. Éditions Zones, 2008. 16,50 euros.

O comme Olympe de Gouges

Comment faire entendre sa voix en ce XVIIIe siècle qui grouille de paroles alors que grandit le silence divin ? Quel langage trouver pour avoir le sentiment d’être soi ? Comment exister à ce moment où la politique devient un théâtre de l’idéal mais aussi de la cruauté ? Comment faire en sorte que « si la femme a le droit de monter sur l’échafaud », elle puisse aussi avoir le droit de « monter à la tribune » ? Des questions auxquelles tente de répondre cette biographie de Marie Gouze, dite Olympe de Gouges (1748-1793), auteur d’une œuvre essentielle comprenant pièces de théâtre et écrits politiques, dont la célèbre Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. On peut aussi lire Femme, réveille-toi ! de l’auteure elle-même ou encore l'ouvrage graphique que José-Louis Bocquet et Catel lui ont consacré.
Olympe de Gouges de Michel Faucheux. Éditions Folio, collection Biographies (n° 147), 2018. 9,10 euros - Femme, réveille-toi ! d'Olympe de Gouges. Éditions Gallimard, collection Folio (n° 5721), 2014. 2 euros - Olympe de Gouges de José-Louis Bocquet et Catel. Éditions Casterman, 2016. 26 euros.

P comme « PasséPrésent »

Le musée d’Art Moderne de Paris présente l’exposition « PasséPrésent » autour de l’œuvre de la photographe Sarah Moon. Reconnue comme une grande photographe de mode, active en France et à l’étranger depuis la fin des années soixante, ses réalisations débordent pourtant ce seul domaine, et l’exposition ambitionne de faire découvrir la singularité de son travail, tant photographique que cinématographique, oscillant entre reflets et transparence, mirages et obscurité. Dans le prolongement de sa carrière de mannequin, au début des années soixante, Sarah Moon commence à pratiquer la photographie en autodidacte et reçoit ses premières commandes. En 1968, sa collaboration avec Corinne Sarrut pour l’image de la marque Cacharel bénéficie d’un écho international dans la photographie de mode, dominée alors par les hommes. Elle façonne un imaginaire immédiatement reconnaissable au fil de ses campagnes, affiches et magazines. À rebours de tout déroulé chronologique, Sarah Moon a souhaité croiser pour cette exposition les époques, les typologies, les sujets, afin de montrer leurs porosités. L’exposition est complétée par une salle, dans le parcours des collections permanentes, dédiée à Robert Delpire (1926-2017), qui partagea sa vie durant quarante-huit ans. Elle présente des photographies, des affiches, des livres, des films, qui restituent les activités plurielles de ce personnage phare de l’histoire culturelle française, l’un de ses plus importants éditeurs, mais aussi directeur artistique de l’agence de publicité Delpire qu’il a créée, et fondateur du Centre national de la Photographie qu’il a dirigé de 1983 à 1996.
Exposition « Sarah Moon - PasséPrésent » du 24 avril au 16 août 2020 au musée d’Art Moderne, Paris.

Q comme question municipale

Quelle est la part des femmes élues dans les municipalités en France ? Toutes tailles de communes et toutes fonctions confondues (maires, adjointes, conseillères), la part des femmes dans les conseils municipaux en janvier 2019 était de 39,9 %. Parmi les communes de moins de 1 000 habitants-es, pour lesquelles la parité des listes présentées n’est pas obligatoire, cette proportion est inférieure (34,5 %). Plus on s’éloigne de la fonction de maire, plus les fonctions sont occupées par des femmes : 17 % de femmes parmi les maires, 29 % parmi les premiers-ères adjoints-es, 38 % pour les seconds-es adjoints-es et 43 % parmi les autres adjoints-es et conseillers-ères. Plus la commune est grande, plus c’est un homme qui la dirige, mais plus il y a de femmes parmi les autres membres du conseil. Les disparités géographiques sont faibles. Il y a un peu moins de femmes dans les conseils municipaux des communes du nord et de l’est du pays et en Corse, et un peu plus en Bretagne, sur la côte atlantique et sur la côte méditerranéenne. À partir de 40 ans, la proportion de femmes diminue avec l’âge des conseillers-ères municipaux-ales, explique un bulletin d’information statistique de la DGCL (Direction générale des collectivités locales). En France, seulement six villes de plus de 100 000 habitants-es ont une maire : Anne Hidalgo à Paris, Nathalie Appéré à Rennes, Sonia Rolland à Nantes, Martine Aubry à Lille, Brigitte Fourré à Amiens et Maryse Joissans-Masini à Aix-en-Provence.

R comme rapport mentruel

Le 11 février, le « rapport d'information sur les menstruations » a été présenté par les députées Laëtitia Romeiro-Dias et Bénédicte Taurine pour examen par la délégation aux droits des femmes. Le rapport a pour objectif de dresser un panorama, aussi complet que possible, des problématiques relatives aux menstruations, afin de proposer des actions concrètes permettant d’améliorer significativement la situation actuelle. Ce sujet touche la moitié de l’humanité et les femmes sont concernées par cette problématique pendant la moitié de leur vie, de la puberté à la ménopause. Il s’agit donc indéniablement d’un sujet d’intérêt général, dont on constate qu’il suscite de multiples interrogations ne trouvant pas toujours de réponses adéquates et qu’il comporte des enjeux importants, tant en matière de santé que sur le plan économique. Les députées ont choisi d’articuler leur réflexion autour de quatre grands axes : la déconstruction du tabou des menstruations ; la clarification des enjeux liés aux produits de protection menstruelle eux-mêmes ; la lutte contre la précarité menstruelle ; l’amélioration du suivi sanitaire et gynécologique des femmes. Considérant que ces différents aspects sont intrinsèquement liés, elles préconisent d’agir de manière globale sur ce sujet, sans négliger aucun d’entre eux. Au total, ce sont 47 recommandations qui ont été formulées. Certaines sont très opérationnelles et visent à une mise en œuvre rapide pour répondre parfois à des situations d’urgence. D’autres appellent plutôt à ouvrir de nouvelles réflexions et visent davantage à s’intégrer à un travail à moyen ou long termes.

S comme silence au Maroc

Un collectif marocain a lancé un appel à témoignages inédit dans le pays. Il concerne des femmes victimes d'agressions sexuelles. En quelques jours, une vingtaine de témoignages, brisant le silence, a été recueilli. « Parce que la parole des survivantes doit être libérée, parce que la peur doit changer de camp, parce que la preuve des viols et des agressions est souvent difficile, nous mettons notre plateforme à disposition de vos témoignages, tout en conservant votre anonymat », a écrit #masakatch (« Je ne me tairai pas ») le 9 février sur sa page Facebook. Seules les initiales des agresseurs sont publiées, explique l’AFP. Le but est de « dénoncer ces prédateurs qui agissent impunément », confortés par le silence des victimes, explique ce collectif né en 2018 pour dénoncer la « culture du viol et de l'impunité » au Maroc, dans le sillage du mouvement #MeToo. Cette initiative, rare dans le royaume, intervient peu après le dépôt d'une plainte d'une journaliste étrangère installée à Casablanca, ayant requis l'anonymat, contre son violeur présumé, un jeune consultant digital. L'accusé, qui nie les faits, a été inculpé. Son procès s'est ouvert le 3 mars. Très peu de Marocaines portent plainte pour viol, dans une société conservatrice qui pousse les victimes à se taire, par peur pour leur image et la réputation de leur famille. Médias et organisations non gouvernementales tirent fréquemment la sonnette d'alarme sur le fléau des violences contre les femmes au Maroc. Plus de la moitié d'entre elles ont subi une forme de violence, selon une enquête officielle publiée en 2019, indiquant que plus de 90 % des victimes n'ont pas porté pas plainte. Une loi contre les violences faites aux femmes est entrée en vigueur en septembre 2018. Si elle rend, pour la première fois, passible de peines de prison des actes « considérés comme des formes de harcèlement, d'agression, d'exploitation sexuelle ou de mauvais traitement », le texte est jugé insuffisant par les associations féministes.

T comme ténacité

On la dit tenace sur tout, ne lâchant rien, jamais. C’est à Madonna qu’on doit cette formule : « Quand j’ai faim. Je mange. Quand j’ai soif, je bois. Quand j’ai quelque chose à dire, je le dis ! »

U comme Ulla von Brandenburg

Pour cette nouvelle exposition au Palais de Tokyo magnifiquement titrée « Le milieu est bleu », Ulla von Brandenburg, plasticienne allemande, a imaginé un projet total et évolutif, inspiré du théâtre, de son imaginaire et de ses conventions. Autour de la notion de rituel, entendue comme possibilité d’explorer les relations entre l’individu et le groupe, de créer ou non du commun, l’artiste invite le public à prendre part à une expérience immersive et renouvelée des thèmes, des formes et des motifs qui irriguent son œuvre : le mouvement, la scène, la couleur, la musique, le textile... Installations, sculptures, performances et films spécialement conçus pour l’exposition se répondent et s’enchevêtrent dans un récit ouvert, entre authenticité et artifice, monde naturel et activités humaines, intérieur et extérieur, fiction et réalité. Comme souvent dans son travail, le public est invité à pénétrer dans les œuvres présentées, à franchir des seuils matérialisés par de larges pans de tissus. 
Exposition « Le milieu est bleu » de Ursula von Brandenburg, jusqu'au 17 mai 2020 au Palais de Tokyo, Paris.

V comme Veil

Une citation de Simone Veil qui donne le ton : « Ma revendication en tant que femme, c’est que ma différence soit prise en compte, que je ne sois pas contrainte de m’adapter au modèle masculin ».

W comme West

En 1935, l’actrice et scénariste Mae West obtient le deuxième plus haut salaire des États-Unis, soit 500 000 dollars par an. Symbole de liberté sexuelle, on se rappelle de sa réplique dans le film She Done Him Wrong : « C’est un pistolet, dans ta poche, ou t’es juste content de me voir ? » ou encore son sens de la répartie : « Chaque homme que je rencontre veut me protéger. Je ne vois pas de quoi. »

X comme Lady X

À l’état civil, cette héroïne s’appelle Jane Hamilton, mais les fans de BD la connaissent surtout sous le nom de Lady X. Chevelure blonde puis noire (courte au début, puis longue), allure sportive, pilote de ligne, Lady X est l’ennemie jurée de Buck Danny et de ses amis. Ces derniers arrivent toujours, mais in extremis, à contrecarrer les projets mortifères de cette « méchante ». Elle apparaît pour la première fois (pas physiquement, seulement dans les conversations des pilotes américains) dans l'album Menace au Nord, avant qu'elle ne donne son nom à l'album suivant. Le scénariste de la série, Jean-Michel Charlier, expliquait dans ses interviews s’être inspiré du personnage authentique de Hanna Reitsch, pilote d'essai et as de l'aviation allemande. Dans la BD, c’est une aviatrice américaine célèbre pour ses performances et ses records aéronautiques, doublée d'une espionne de haut vol. Elle accumule tous les poncifs du genre de l'espionnage, belle, mystérieuse, sans scrupules et sa vénalité la conduit à trahir son pays sans vergogne. Elle propose aux plus offrants ses services et ses renseignements. Elle est rancunière, mais en impose dans le registre femme forte.
Buck Danny de Francis Bergèse, Jean-Michel Charlier, Jacques de Douhet, Gil Formosa, Victor Hubinon. Éditions Dupuis, collection Grand Public - 57 tomes, 1958-2019. 12, 50 euros.

Y comme Yuan Jai

Yuan Jai est une artiste taiwanaise. Son père, militaire et lettré, est proche de Tchang Kaï-chek et la famille déménage à Taiwan en 1947. Elle étudie la peinture chinoise au département beaux-arts de l’université Normale nationale de Taïwan, puis l’histoire de l’art et la restauration à l’université de Louvain et à l’Institut royal du patrimoine artistique, à Bruxelles. De retour à Taiwan après des études complémentaires au British Museum et dans diverses institutions américaines, elle travaille au département de restauration – dont elle deviendra directrice – au musée national du Palais de Taipei pendant trente ans avant de se consacrer à sa pratique artistique. L’artiste produit des œuvres de grand format à l’encre sur soie, support qu’elle apprécie pour les déformations du motif autorisés par sa fluidité, les reliefs de sa trame et sa capacité à soutenir le poids des couleurs obtenues à partir de pigments minéraux (azurite, vermillon, orpiment, malachite). La couleur éclatante répond au souci du détail, l’expansion jubilatoire et organique des formes à la maîtrise du tracé acquise par une longue pratique de la calligraphie, explique le musée qui organise une nouvelle grande exposition en France, après celle de 2000. 
Exposition Yuan Jai, jusqu’au 27 avril 2020 au centre Georges Pompidou, Paris.

Z comme Zelda

« Je pensais que tu pourrais me dire si notre corps nous est donné pour servir de dérivatif à notre âme. Je pensais que tu saurais pourquoi lorsque notre corps devrait prendre la relève de notre esprit torturé, il échoue et s'effondre ; et pourquoi, quand nous sommes tourmentés dans notre corps, notre âme ne peut nous servir de refuge. Le vieil homme restait silencieux, immobile ». Voici un extrait du roman Accordez-moi cette valse. Roman autobiographique d’une grande complexité, ce livre est l’unique roman de Zelda Fitzgerald, publié aux États-Unis en 1932 et en France vers 1973. Sans doute parce que Zelda Fitzgerald a transposé sa vision toute personnelle de son mariage avec Scott Fitzgerald dans ce roman. Elle y apparaît elle-même sous le nom, à peine voilé, d'Alabama Beggs, incarnation de ces belles du Sud dont elle était une parfaite représentante. Son mari y figure, lui, sous le nom de David Knight. Écrit en « six furieuses semaines », le manuscrit fut accepté d'emblée par Maxwell Perkins, le propre éditeur et ami de Scott Fitzgerald chez Scriber's. S'il fut boudé par la critique à sa parution, le livre a été réhabilité lors de sa réédition au début des années 1950, il est désormais un ouvrage un peu mythique. C’est le portrait d'un homme doué qui s'autodétruit, exactement le parcours de Scott Fitzgerald, et surtout un grand roman d'amour.
Accordez-moi cette valse de Zelda Fitzgerald, traduit par Jacqueline Remillet. Éditions Robert Laffont. Collection Pavillons Poche, 2008. 9,90 euros.

Commentaires

Portrait de Superpoussin

*** Un propos a été modéré ***

 

Puisque le désir d'égalité entre les sexes n'a semble-t-il pas motivé grand monde à demander une journée des droits des hommes je n'attendrai pas une telle journée qui n'existera peut-être jamais pour, et cela a sa place sur un site dédié au VIH, rappeler quelques difficultés que peuvent rencontrer des hommes séropositifs du fait de leur mauvais genre.

Séropositif de longue date j'ai été amené, comme d'autres, à m'écarter de la vie active durablement.

Après 1996 ma santé s'est lentement améliorée et un jour j'ai cru qu'elle n'était plus un obstacle à un retour à une activité professionnelle. Oui mais si j'allais mieux je demeurais quand même sensiblement plus fatigable que les gens "normaux", aussi j'ai visé des postes à mi-temps. Dans toutes les nombreuses sociétés où j'ai tenté ma chance m'a été opposé l'argument que le travail à temps partiel était réservé aux femmes. J'étais né avec le mauvais sexe et ne suis jamais retourné dans la vie active.

Oui mais la vie active ce n'est pas que de l'argent pour manger, c'est aussi de nos jours une chose quasi indispensable pour être intégré dans notre société si on est un homme, et ce bien plus que pour des femmes pour lesquelles il est encore admis qu'elles puissent ne pas travailler (ben oui, encore en 2020 ce schéma perdure)

Un homme séropositif a donc souvent, en plus du risque de stigmatisation qui concerne tous les séropositifs, un plus grand risque d'exclusion sociale et de paupérisation du fait de son risque aggravé de ne plus pouvoir retourner dans la vie active si jamais il avait du la quitter et que son état demeure médiocre.

Et les problèmes s'enchaînent si il est de plus hétéro, le schéma dominant étant encore qu'il dispose de moyens financiers supérieurs à sa compagne, schéma que le matraquage féministe autour des inégalités salariales entre les sexes entretient pour son grand malheur.

La question sexuelle?

Si il a eu le malheur d'avoir eu sa vie sexuelle trop longtemps mise entre parenthèse (bah oui le VIH peut favoriser ce genre de situations) il pourra tomber dans la hantise très masculine de la "panne", panne qu'aucune pilule ne permet de gérer (non le Viagra et ses concurrents ne permettent pas de créer une érection).

 

Ce site a-t-il, ne serait-ce qu'une seule fois, abordés ces problèmes?

 

Portrait de mohican

C'est vrai,il faut dire aussi que notre ego nous oblige à garder cela en secret.Nous les mâles,nous nous devons d'être performants,virils,surtout ne pas pleurer,ne pas se plaindre...être un homme!

Portrait de Pierre75020

Un mot d'abord de l'abécédaire qui nous propose un large choix d'activités culturelles , merci donc au rédacteur de ce travail qui nous sera profitable.

Superpoussin nous invite lui à réfléchir sur les "problématiques masculines liées au VIH" .Le sujet mérite considération Pour ma part je vois dans ce qu'il nous dit de sa vie de séropositif les effets dévastateurs de la société patriarcale encore largement dominante en dépit des luttes féministes. Les stéréotypes demeurent , l'homme doit gagner plus que la femme, il ne peut demander un emploi à mi-temps, les stigmatisations continuent d'humilier: ne pas être à la hauteur du fait de la maladie ou de la pauvreté  , les discriminations insidieuses et persistantes privent de toute vie sexuelle et affective. C'est donc pour moi la société qu'il faut incriminer et non les féministes, les militants LGBT, Aides ou même Seronet qui pourraient être des alliés précieux dans la mesure où ils demandent de renoncer aux stéréotypes, aux stigmatisations et aux discriminations particulièrement graves dans leurs conséquences pour tous les séropositives et séropositifs. Une société moins machiste serait une société plus accueillante pour tous ceux  dont la vie a été marquée par une telle malchance. Je reste convaincu que le combat contre le VIH n'est pas que médical et sanitaire mais aussi social. Comme les militants homosexuels d'Acte Up ont su faire de la maladie un moyen de se faire reconnaître et accepter, les hommes séropositifs et "héréro" devraient trouver le moyen d'y parvenir sans pour autant perdre leur dignité.