Le VIH se « camoufle » pour échapper au système immunitaire

Publié par jfl-seronet le 19.02.2019
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ThérapeutiquearnVIH

Comment le VIH parvient-il à échapper à la vigilance du système immunitaire, à l’intérieur même des cellules qu’il infecte ? C’est sur un de ces mécanismes d’évitement que se sont penchés des chercheurs-euses de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), du CNRS (Centre national de la recherche scientifique), de l’université de Montpellier et de l’université de Lorraine. Ils ont pu observer la capacité du VIH à camoufler son ARN au sein même de la cellule infectée en utilisant une enzyme intracellulaire, explique un communiqué de l’Inserm. Ces travaux parus dans la revue scientifique Nature apportent de nouvelles connaissances sur les mécanismes d’évasion du VIH face au système immunitaire inné.

Dès les premières étapes d’une infection virale, les « radars » intracellulaires de l’immunité innée permettent de déclencher rapidement une réponse antivirale via la sécrétion d’interférons de type I, protéines fabriquées par les globules blancs pour réguler et stimuler la réponse immunitaire, explique d’emblée le communiqué de l’Inserm. Le VIH cible les cellules du système immunitaire et provoque des immunodéficiences sévères responsables du sida. Lorsque le VIH infecte une cellule, son génome (matériel génétique) composé d’ARN simple brin est transformé en ADN. Il va ensuite s’importer dans le noyau de la cellule hôte où il s’intègre à son génome. Le succès de ces étapes précoces dépend de la capacité du virus à se camoufler dans la cellule et à passer inaperçu en échappant aux détecteurs cellulaires, notamment à ceux capables de reconnaître les acides nucléiques de son génome comme un ARN étranger à l’organisme.

Des chercheurs-euses de l’Inserm, du CNRS, de l’université de Montpellier et de l’université de Lorraine se sont intéressés à ce mécanisme permettant au VIH d’échapper à la vigilance des cellules en exploitant un système de camouflage. Au sein des cellules, on trouve une enzyme appelée FTSJ3 qui est capable de modifier certains des acides nucléiques composant un ARN cellulaire en leur ajoutant un groupement méthyle. Cette modification est une signature du soi (ensemble des molécules résultant de l’expression du génome de l’individu, à opposer au non-soi) qui permet aux détecteurs de reconnaître les ARN cellulaires comme tels dans les cellules humaines et d’éviter leur destruction par le système immunitaire. L’équipe de recherche a pu mettre en évidence que le VIH recrute l’enzyme FTSJ3 pour méthyler son propre ARN génomique. Les détecteurs cellulaires d’ARN étranger s’avèrent alors incapables de reconnaître comme étranger cet ARN viral ainsi camouflé et ne peuvent donc déclencher la production d’interférons de type I au sein de la cellule pour induire la réponse immunitaire, donc la protection de l’organisme. Le virus invisible est alors libre de transformer son ARN en ADN, d’intégrer le génome de la cellule et de poursuivre l’infection, explique l’Inserm.

Dans son communiqué, l’institut scientifique explique que « ces résultats constituent une avancée significative dans la compréhension de l’infection par le (…) VIH en révélant une nouvelle stratégie d’évasion du virus face au système de détection cellulaire du système immunitaire inné. Mieux comprendre ces mécanismes de contournement pourrait permettre à plus long terme de développer des approches thérapeutiques et/ou vaccinales visant à modifier le virus afin qu’il entraîne l’établissement d’une réponse antivirale qui, lorsqu’elle est précoce, permet à la cellule de mettre en place une réponse immunitaire et de maîtriser l’infection ».

 

Commentaires

Portrait de cbcb

L'infectiologue que je voyais à Paris m'avait parlé de cette capacité à se  "camoufler".
J'avoue que je n'y avais pas trop prêté attention à l'époque .

Portrait de jl06

On m,en à parler deja en 2014......ou l,Art de faire du vent !

Portrait de cbcb

Pour être plus explicite, j'ai attendu un peu trop longtemps pour prendre un traitement (c'était un choix personnel). 
Donc, grosses carences immunitaires. 
Quand j'ai commencé le traitement, l'infectio m'a bien précisé "on pourra contrôlé le vih, mais pas ses petits".
Aujourd'hui, je ressent des douleurs dont on ne trouve pas la cause. Est-ce lié ?

Mais oui possible que ce soit lié au vent et que je sois une artiste ! (je n'y avais pas pensé !)

Portrait de jl06

 

mais tu peut pas nié non plus que c,est putin de reservoir ont nous en parle..... pour moi en 2014 !, tout comme plien d,autres nouveautés ....

quand a faire de l,art avec du vent je suis preneur .... étant extremement curieux de tout !

Image associée

Portrait de Léo_

Salut,

merci pour ce rapport, certes c'est un petit peu technique mais en gros :

il explique que les chercheurs ont découvert que le virus utilise une enzime, afin de se camoufler, au sein même des cellules. Il explique aussi avec les termes technique par quel mécanisme le virus procède.

Ceux qu'on appel communément "les petits" ou "les réservoirs" c'est cette part de VIH qu'on arrive pas à annhiler, car elle est entre autre intégré et répliqué par la moelle épinière. D'ou le nom de virus.

Joli cette photo on dirait un poisson volant$$