Les hépatites virales mal combattues

Publié par jfl-seronet le 17.12.2012
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Les hépatites virales peinent à s'imposer comme un enjeu majeur de santé publique, alors qu'elles tuent un million de personnes par an dans le monde, notamment en Afrique, ont indiqué des experts réunis, fin novembre, à Paris.

L'hépatite B, maladie du foie causée par le VHB, qui se transmet principalement par un rapport sexuel, de la mère à l'enfant ou par du sang contaminé, est, à elle seule, responsable de 650 000 décès par an, selon des chiffres de l'Organisation mondiale pour la santé (OMS). L’hépatite B touche de manière chronique quelque 350 à 400 millions de personnes dans le monde, alors qu’il existe un vaccin contre cette maladie. L’hépatite C touche de manière chronique 150 millions de personnes dans le monde. Elle peut se transmettre par l’utilisation de seringues infectées, lors de rapports sexuels mettant en contact avec le sang.


Les décès sont liés à des maladies du foie, en tête desquelles le cancer du foie. C’est, rappellent les experts cités par l’AFP, le premier cancer chez l'homme en Afrique. Le risque de cirrhose et de cancer du foie est augmenté chez les personnes co-infectées par le VIH. Selon l’OMS, on évalue entre 3 à 6 millions, les personnes co-infectées par le VIH et le VHB et entre 2 et 4 millions, celles infectées par le VIH et le VHC.


Les experts, réunis à Paris, ont expliqué que les hépatites virales ne sont pas efficacement combattues dans les pays à ressources limitées et ne peuvent pas compter sur des moyens humains et financiers aussi importants que ceux consacrés à la lutte contre le VIH/sida. Cette absence de prise en compte imputable aux pays du Sud eux-mêmes comme aux pays du Nord a, bien évidemment des conséquences. Par exemple, une couverture vaccinale insuffisante. Celle de l'hépatite B reste insuffisante, de l'ordre de 40 % en Asie et de 60 % en Afrique, alors qu'il faudrait vacciner tous les nourrissons à la naissance en Afrique où la transmission se fait avant l'âge de 5 ans, expliquent les experts. Autre obstacle : le dépistage est payant et n’est pas réalisé de manière systématique chez les femmes enceintes ou les personnes à risques, tandis que les traitements les plus efficaces (le ténofovir) sont réservés aux personnes co-infectées.


Aucun vaccin n'est disponible pour l'hépatite C, ce qui complique. Les coûts de traitement de l'hépatite C atteignent 7 000 euros par personne et par an en Afrique contre 15 000 à 25 000 euros en Europe, selon l'épidémiologiste Arnaud Fontanet, de l'Institut Pasteur, cité par l’AFP. Des négociations sont en cours avec plusieurs laboratoires pour tenter de faire baisser ce coût, encore trop élevé pour de nombreux pays, précise de son côté Isabelle Meyer Andrieux, de Médecins sans Frontières. Plusieurs participants ont pour leur part défendu l'idée de profiter du réseau mis en place pour le VIH/sida et les co-infections afin de lutter contre les hépatiques B et C. Cela semble possible, selon le Dr Gilles Raguin, directeur du groupement Esther dont l'objectif est de favoriser l'accès aux soins des personnes vivant avec le VIH dans les pays en développement. Le médecin indique aussi que les autorités sanitaires des pays africains doivent également s'atteler à la prévention, en améliorant notamment l'hygiène en milieu hospitalier pour combattre l'hépatite C.