Les partis se réveillent !

Publié par jfl-seronet le 02.12.2009
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1er décembre 2009
Le 1er décembre a un intérêt : il rappelle à certains partis politiques que le sida existe. Ok, c'est un peu facile, mais ce n'est pas si caricatural que cela. La preuve, c'est que le Parti socialiste et l'UMP ont trouvé le moyen, même sur ce sujet, d'engager une polémique (difficile de parler d'un débat) à l'occasion du 1er décembre. Morceaux choisis.
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Passe d'armes courte, mais tonique entre le PS et l'UMP à propos du sida. Une première. Le 30 novembre, le PS sort un communiqué de presse qui appelle "la France et l'Europe à relancer leur engagement dans la lutte contre la pandémie" de VIH/sida et "condamne le désengagement de l'Etat en matière de lutte contre le sida". Le Parti socialiste affirme que "la lutte contre le sida reste une préoccupation majeure de santé publique et "appelle à lutter contre le sentiment de banalisation de cette maladie".  Jusque là, c'est du grand classique, voire même les banalités d'usage le 1er décembre. Puis vient le coup de pied. Le PS "condamne le désengagement de l'Etat en matière de lutte contre le sida et appelle le gouvernement à s'impliquer fortement", pour la prévention, par "des campagnes massives", en "combattant vigoureusement la stigmatisation et la discrimination dont restent victimes les malades" et "en garantissant la qualité de la prise en charge thérapeutique".  Pour les socialistes, il faut rappeler "l'urgence et la nécessité d'un engagement politique et financier massif pour lutter contre cette pandémie notamment en abondant le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme".


Comme on peut s'y attendre, le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre n'apprécie pas du tout les critiques. Le parti majoritaire sort donc un communiqué (1er décembre) titré : "Le Mouvement populaire s'engage dans la lutte contre le sida". Comme dans le communiqué du PS, on y rappelle des banalités du genre : "Notre pays doit continuer sans relâche de lutter contre ce fléau", mais on y défend surtout la France. "Deuxième contributeur au Fonds mondial, et premier contributeur européen, la France a vu le nombre annuel de contaminations baisser de 22 % ces cinq dernières années. Pour autant, près de 7 000 personnes se sont contaminées en 2008, explique l'UMP. La situation est particulièrement préoccupante pour la population homosexuelle masculine, pour laquelle l’incidence annuelle est de 1 sur 100, soit 200 fois celle de la population générale."


Dans son communiqué, l'UMP rappelle que "La communauté médicale (notamment les Professeurs Yeni, Rozembaum, Yasdanpanah et Pialoux) s’est mobilisée pour nourrir le plan national 2010 de lutte contre le VIH et les IST, et pas moins de quatre rapports ou avis ont été remis sur la prévention, la prise en charge des personnes infectées, le traitement antirétroviral, les stratégies de dépistage et les conséquences sur l’emploi, par exemple." Un passage un peu abscons et crypté lorsqu'on n'est pas du sérail qui mélange un peu tout : ce qui est du domaine de l'Etat (le plan national 2010-2013) par ailleurs très en retard, le rapport Lert/Pialoux sur les nouvelles méthodes de prévention commandé par la Direction générale de la santé, le rapport sur l'emploi de la Haute autorité de  santé, le rapport du Conseil national du sida… Des organismes officiels qui, soit dit en passant, n'ont fait que leur travail.

Peu importe, l'idée pour l'UMP est de battre en brèche la thèse du PS sur le désengagement général de l'Etat. Du coup, Frédéric Lefebvre regrette que "le Parti socialiste fasse de la question du sida un enjeu de politique politicienne (…) Parler de désengagement de l’Etat et stigmatiser ainsi les responsables de la santé publique dans notre pays n’est pas très digne de la part d’un parti politique, qui ferait mieux de participer à la mobilisation collective contre la maladie."


Bon, c'est sûr que c'est plus facile de dire cela que de parler des personnes séropositives exclues de l'assurance. C'est sûr que c'est plus facile de dire qu'on combat le VIH parce que les Jeunes populaires distribuent des capotes qu'en s'engageant dans les programmes d'échanges de seringues dans les prisons, etc. Mais, on ne doit pas non plus oublier que si tout cela reste à faire. C'est parce que les gouvernements socialistes ne l'ont pas fait non plus. Sacré 1er décembre !

Photo : AIDES (habille les statues d'un ruban rouge au premier décembre 2009)