Les personnes vivant avec le VHC : des oubliés des pouvoirs publics ?

Publié par le 06.10.2010
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vhcSOS HépatitesRencontres Mieux vivre avec le VHChépatite C
Les personnes vivant avec le VHC sont des oubliés des pouvoirs publics. En effet, la politique de réduction des risques est à élargir. Le plan national hépatites sorti en 2009 en faisait déjà l’aveu : « l’efficacité des méthodes de réduction des risques utilisées jusqu’ici s’avère désormais insuffisante ». Par ailleurs, pour les personnes vivant avec le VHC, il est de plus en plus difficile de maintenir un niveau de vie décent lorsqu’on vit avec le virus. Seronet vous en dit plus.
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Une politique de réduction des risques à élargir
Le plan national hépatites, sorti en 2009, en faisait déjà l’aveu : « l’efficacité des méthodes de réduction des risques utilisées jusqu’ici s’avère désormais insuffisante ». Pour autant, les propositions faites par chercheurs et acteurs de terrain pour renforcer et élargir les dispositifs existants n’ont pas été retenues. Les programmes d’éducation aux risques liés à l’injection (ERLI) et l’instauration d’échanges de seringues en prison permettraient pourtant de réduire de façon drastique les risques de contamination par injection, qui reste le premier facteur de transmission du VHC. Les récents débats sur les salles de consommation témoignent du refus persistant du gouvernement de considérer l’hépatite C comme un réel enjeu de santé publique. L’intérêt de ces salles a pourtant été validé scientifiquement, notamment par l’INSERM*. Considérer les usagers de drogue comme des citoyens de seconde zone, c’est nier la réalité de l’épidémie, la maintenir dans une forme de clandestinité et favoriser ainsi sa progression.

Une précarité socio-économique de plus en plus marquée
C’est ce qui ressort des témoignages recueillis auprès des personnes touchées par le VHC : il est de plus en plus difficile de maintenir un niveau de vie décent lorsqu’on vit avec le virus.
Et sur cette question, les sujets d’inquiétude sont nombreux : Allocation Adulte Handicapé (AAH) largement insuffisante, remise en question de la prise en charge à 100% de l’hépatite C et de ses conséquences comme affection de longue durée (ALD), et aucune prise en compte de cette maladie chronique dans le calcul de la retraite. Autant de facteurs qui participent à la précarisation sociale et économique des personnes touchées.
Pour mémoire, AIDES et SOS Hépatites réclament depuis longtemps la revalorisation de l’Allocation Adulte Handicapé à un niveau décent. Or celle-ci, promise par le gouvernement, vient d’être à nouveau repoussée.
Notre expérience de terrain nous a pourtant montré que la précarité et les conditions de ressources ont des conséquences directes sur la santé des personnes, sur leur accès aux soins et à la prévention. Donc sur la propagation du virus.