Les plafonds vont écraser le Fonds mondial !

Publié par jfl-seronet le 11.10.2012
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Depuis son arrivée au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme en tant que directeur général, l’ancien banquier Gabriel Jaramillo s’est mis en tête de "rationaliser" les financements du Fonds en nivelant par le bas ses objectifs de lutte contre les trois pandémies. Des associations dénoncent.
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Les Etats-Unis ont exigé d’avoir un gestionnaire à la tête du Fonds mondial. Ils l’ont eu : Gabriel Jaramillo. Est-ce une bonne chose pour la lutte contre le VIH ? Pas du tout, si on en croît un récent communiqué de presse publié par des associations de lutte contre le sida dans plusieurs pays (République démocratique du Congo, Togo, Cameroun, Côte d’Ivoire, Tunisie, Maroc, Algérie, Burundi, Burkina Faso, Congo-Brazzaville, France, Royaume-Uni).
Gabriel Jaramillo "pousse (…) le conseil d’administration [du Fonds mondial , ndlr] à adopter un système de financement fixant des enveloppes maximales par pays. Les subventions dépendront désormais des ressources disponibles et non plus des besoins réels. Cela va à l’encontre de la philosophie initiale du Fonds : encourager les pays à présenter des propositions ambitieuses pour lutter massivement contre les maladies", dénoncent les associations. Elles estiment que ce "plafonnement des financements aura pour conséquence que les demandes seront formulées à minima. Le montant des ressources réellement nécessaires restera inconnu et les pays donateurs pourront avoir bonne conscience sans plus se soucier de l’objectif d’accès universel ainsi abandonné", indiquent-elles.
 "C’est de la cosmétique, une stratégie pour se donner bonne conscience et pour cacher les réels besoin des pays pauvres", déclare Fogué Foguito, directeur de l’association camerounaise Positive Generation, très critique sur la nouvelle gouvernance du Fonds mondial.

La critique est d’autant plus forte que les associations estiment que "les résultats positifs que l’on mesure aujourd’hui partout dans le monde sont le fruit de dix ans d’investissements dans la lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose ; et l’on sait désormais qu’un plus grand investissement aujourd’hui permettrait de sauver plus de malades demain. Reculer maintenant, c’est prendre le risque d’un retour en arrière qui se paiera en vies humaines, et Gabriel Jaramillo, directeur intérimaire, ne sera pas là pour le voir, mais en portera la responsabilité". Sous la pression des associations, Gabriel Jaramillo s’était pourtant engagé à la conférence de Washington en juillet 2012 à ne pas instaurer de plafonds et à ne pas revenir sur la possibilité d’exprimer une demande complète correspondant aux besoins des pays. "Rompant avec la philosophie originaire du Fonds, il fait cavalier seul et refuse d’écouter la société civile, un des moteurs de la lutte", dénoncent les associations. Elles considèrent que Gabriel Jamarillo "suit une logique de relations publiques ; son but n’est pas de progresser vers l’accès universel à la prévention, aux soins et aux traitements mais de se donner une image de bon gestionnaire. Mais le Fonds Mondial n’est pas une banque, il est l’outil – notre outil - de la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. C’est pourquoi, nous, organisations de la société civile et de malades, demandons, à l’occasion du Strategy, Investment and Impact Committee (SIIC) meeting du Fonds mondial qui aura lieu à Genève du 24 au 26 octobre, l'annulation du plafonnement des subventions".