L’hépatite C : un nouveau combat pour MSF

Publié par jfl-seronet le 26.06.2014
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Médecins sans Frontières (MSF) a récemment élu (16 juin) un nouveau conseil d’administration et a un nouveau président : le docteur MegoTerzian. Lors de l’Assemblée Générale de MSF, il a dénoncé le prix exorbitant des nouveaux traitements contre l’hépatite C qui contraint les soignants des pays riches comme des pays pauvres à en rationner l’utilisation. Explications.

Une chose est sûre, la 43ème assemblée générale de MSF qui s’est déroulée mi juin en Ile-de-France a largement débattu des conséquences du coût du sofosbuvir, le nouveau médicament efficace dans le traitement de l’hépatite C, pour les quelque 185 millions de malades dans le monde.

"Gilead, la compagnie pharmaceutique l’ayant mis au point, applique des tarifs différents en fonction des revenus des pays", explique MSF dans son communiqué. "Mais le médicament demeure hors de prix tant pour les pays du Sud que pour les pays développés. A titre d’exemple, un traitement de 12 semaines coûte en France plus de 65 000 euros. Dès lors, le montant nécessaire pour traiter les quelque 130 000 malades qui en auraient urgemment besoin s’élèverait à 7 milliards d’euros, soit environ 4 % des dépenses de santé de l’Etat en 2014". On pourrait rapprocher cela d’un autre chiffre : celui des efforts d’économies envisagés par le gouvernement sur le seul poste médicaments de la sécurité sociale : 3,5 milliards d’euros d’économies sur trois ans.

Un tri parmi les patients ?

"Le prix de ce traitement oblige déjà les praticiens en France à opérer un tri parmi les patients qui recevront le traitement. C’est une situation de pénurie qui rappelle celle des années 90 pour le sida", explique Mego Terzian, président de MSF, dans son communiqué. "Ceci est d’autant plus inacceptable que cette pénurie est artificielle, déterminée par des prix qui ne sont justifiés ni par les coûts de production, ni par l’investissement en recherche et développement". L’organisation non gouvernementale indique que "le sofosbuvir appartient à une nouvelle classe de médicaments contre l’hépatite C, les antiviraux à action directe (AAD). Ces nouveaux traitements permettent d’obtenir des taux de guérison nettement supérieurs par rapport au traitement actuellement utilisé, à base d’interféron pégylé et de ribavirine. De plus, ils comportent de moindres effets secondaires, sont efficaces contre davantage de génotypes du virus et permettent de réduire la durée du traitement de douze à trois mois".

"D’autres molécules appartenant à la même classe ont déjà reçu des autorisations de mise sur le marché ou vont les recevoir au cours des prochains mois", explique MSF. "Nous commençons à prendre conscience du défi que représente l’accès à ces nouveaux traitements pour les patients", poursuit le docteur Mego Terzian. "Pour l’heure, les activités de MSF se concentrent uniquement en Inde, en Egypte ou en Iran, où elles demeurent limitées. Il faut que nous nous mobilisions davantage, dans le double objectif de soigner des malades et de contribuer à faire diminuer les prix des traitements".