L’industrie pharmaceutique refuse d’assurer l’accès aux traitements vitaux de l’hépatite C

Publié par jfl-seronet le 12.03.2014
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Réunis le 28 février à Bangkok (Thaïlande), des militants venus de 22 pays viennent d’exiger de six multinationales pharmaceutiques un accès équitable aux traitements du virus de l’hépatite C (VHC) à l’occasion de la première réunion internationale du groupe consultatif communautaire sur l’hépatite C (HCV World Community Advisory Group). Un communiqué de Médecins du Monde (MDM) a été publié à cette occasion. Le voici.

Des militants venus de 22 pays ont donc exigé de six multinationales pharmaceutiques un accès équitable aux traitements du virus de l’hépatite C… "Mais AbbVie, Bristol-Myers Squibb, Gilead, Janssen, Merck, et Roche ont refusé de s’engager sur un plan précis bien que cette infection potentiellement curable tue plus de 350 000 personnes chaque année", indique le communiqué.

"Les militants de la lutte contre le sida, les personnes vivant avec le VHC, les personnes s’injectant des drogues et leurs alliés se battent pour l’accès aux nouvelles générations de médicaments de l’hépatite C - appelés antiviraux à action directe (AAD). Les firmes pharmaceutiques ont refusé de s’engager sur des réductions de prix qui permettraient un accès effectif à ces médicaments dans les pays à revenus faibles et intermédiaires où vivent plus de 85 % des personnes touchées par le VHC". "Dans les pays à hauts revenus, la combinaison d’AAD est facturée plus de 100 000 euros alors même que les experts évaluent son coût à 200 euros pour une thérapie de 12 semaines", explique MDM. "Cette cupidité est inexcusable et rend le traitement curatif inaccessible à la quasi-totalité de ceux qui en ont besoin", déclare Shiba Phurailatpam, coordinateur régional du réseau Asie-Pacifique des personnes vivant avec le VIH/sida (APN+), cité dans le communiqué de l’organisation française. De son coté, Paata Sabelashvili du Réseau Géorgien de Réduction des risques, explique : "Mon gouvernement, comme d’autres en Europe de l’Est, est en train de lancer un programme national de prise en charge, mais les prix astronomiques pratiqués vont limiter sa portée (…) Comment les gouvernements et les bailleurs pourront-ils répondre efficacement à l’épidémie d’hépatite C si l’industrie pharmaceutique refuse de baisser ses prix ?"

Que les malades ne soient pas les otages de la cupidité des labos

"Les stratégies mises en place actuellement par les firmes pharmaceutiques - retard de l’enregistrement de leurs médicaments, licence volontaire et "programme d’assistance aux patients" - sont susceptibles d’entraver un meilleur accès dans les pays à revenus intermédiaires", indique le communiqué de MDM. "Les gouvernements doivent utiliser tous les moyens possibles, y compris les licences obligatoires, dans le but de protéger la santé publique et d’augmenter rapidement l’accès aux AAD y compris où ils sont brevetés", a déclaré Lorena Di Giano, coordinatrice générale de Red Latino americana por el Acceso a Medicamentos (RedLAM), participante au rassemblement de Bangkok.

De son côté, MDM réaffirme : "Nous sommes déterminés à mettre en œuvre toute stratégie permettant la production générique d’AAD y compris dans les pays à revenus intermédiaires. L’accès à des médicaments génériques anti-VIH abordables a permis une réduction drastique du prix des traitements passant de 7 000 à 70 euros et sauvant des millions de vies. Les personnes vivant avec le VHC méritent elles aussi d’accéder aux traitements et ne doivent pas devenir otages de la cupidité des firmes pharmaceutiques".