Mariage gay : Hollande en rattrapage

Publié par jfl-seronet le 09.10.2011
1 056 lectures
Notez l'article : 
0
 
parti socialistemariageLGBT
Ce n’est pas facile une campagne électorale… La moindre phrase est pesée au trébuchet… Tout est sujet à interprétation. Et bien souvent, une formule insuffisamment préparée peut avoir les conséquences d’une sortie de route. Invité vedette de "Libération" le 3 octobre, François Hollande, candidat à la primaire socialiste, en a fait les frais. Le sujet ? Le mariage gay.
mariage-homosexuel.jpg

Comme tous les autres candidats à la primaire socialiste, François Hollande est l’invité de "Libération" pour une interview exclusive et une participation au comité de rédaction. Son tour vient le 3 octobre. Au cours de cette interview, François Hollande (en tête des sondages) évoque entre autres sujets la question de l’ouverture du mariage aux couples de même sexe et de l’homoparentalité. Il y déclare, en conférence de rédaction, à propos de ces deux projets : "Attention, ce ne sera pas si simple de faire passer ces textes". Ces propos sont relayés immédiatement par le biais du compte Twitter de la journaliste Laure Bretton qui participe à cette conférence. D’emblée, ils créent un certain émoi chez les internautes et les militants LGBT. De fait, la position est jugée timorée… Elle est d’ailleurs utilisée par le camp de Martine Aubry (principale concurrente d’Hollande, selon les sondages). C’est Anne Hidalgo, première adjointe de Bertrand Delanoë et soutien de Martine Aubry qui dégaine "Avec de la volonté politique, un Sénat à gauche et une opinion publique favorable, où seraient les blocages ?"
Le 5 octobre, Act Up-Paris qui vient de lancer une campagne participative sur le mariage homo interpelle François Hollande. "Nous sommes navrés, mais bien peu surpris par cette couardise, au lendemain de l’élection d’un sénateur socialiste à la présidence de la chambre haute, indique Act Up. Le Parti Socialiste ne nous a malheureusement pas habitués à un grand courage politique, mais là il se surpasse. Le Parti Socialiste veut nous faire croire à son adhésion totale aux revendications dites "LGBTI" : accès au mariage civil et à la parentalité pour tous et toutes. Or, son actuel poulain freine déjà des quatre fers, alors que le parti dispose depuis les sénatoriales d’outils législatifs qui lui permettraient d’ores et déjà de remettre ces sujets au débat, à défaut de les faire avancer". Et Act- Up-Paris d’affirmer que la "lutte pour les droits des LGBTI n’est pas une lutte partielle, c’est un point d’ancrage de la convergence des luttes. L’oppression légale des LGBTI constitue un bastion du pouvoir normatif, celui-là même qui entérine la domination des femmes, le racisme d’état, la morale criminelle à l’encontre des travailleurs et travailleuses du sexe, des usagers et usagères de drogues, etc". Du coup, pour l’association, il est impératif que "la gauche (…) redonne à ces sujets la visibilité qu’ils requièrent, qu’elle cesse de considérer les revendications des [personnes LGBTI] comme secondaires, folkloriques trop audacieuses, ou trop "compliquées".
Dans l’entourage de François Hollande, on semble prendre rapidement le poids (à quelques jours du premier tour de scrutin de la primaire socialiste) de ce qui a les allures d’un faux pas. Après tout, dire que le vote du mariage gay, ce ne sera pas de la tarte alors que la mesure est une promesse socialiste… du programme pour 2012… c’est stratégiquement un peu moyen.
Du coup, séance de rattrapage obligatoire et remise des pendules à l’heure. Interrogé par YAGG (5 octobre) sur le mariage gay, François Hollande explique : "Le mariage pour les couples de même sexe fera partie des textes que nous ferons adopter dès le début de la législature. Chaque couple doit avoir la liberté de faire reconnaître publiquement ses choix amoureux et conjugaux, avec ce que cela implique de mise en scène dans l’échange des consentements, dans la parole du maire qui déclare les époux mariés, dans la présence des témoins et des proches… Je souhaite que ce droit de vivre son amour au grand jour soit reconnu à tous". Dit comme ça, cela semble clair. Reste une question, est-ce François Hollande qui portera les couleurs du PS en 2012 ? Première réponse à l’issue du premier tour, dimanche 9 octobre 2011.