Moins d’efavirenz pour certains ?

Publié par Costa le 23.03.2009
10 386 lectures
Notez l'article : 
5
 
Thérapeutiquecauchemarsustivadosage
Selon une étude japonaise publiée en janvier dans Aids, les dosages d’efavirenz (Sustiva ou Stocrin) pourraient être réduits des deux tiers chez les personnes souffrant d’effets secondaires et porteuses d’une certaine mutation génétique.
sommeil_0.jpg

Une précédente enquête avait déjà montré qu’à la dose habituelle de 600 mg, les porteurs d’une mutation du gène participant à la métabolisation du traitement présentaient des concentrations extrêmement élevées d’efavirenz dans le sang. Afin d’étudier la possibilité de baisser les dosages chez ces personnes, l’équipe japonaise s’est donc penchée sur 12 individus porteurs de cette mutation génétique, dont le dosage d’efavirenz était réduit d’un tiers ou des deux tiers. Les Japonais citent l’exemple d’un homme de 71 ans, porteur de la mutation, qui faisait des cauchemars toutes les nuits à dosage normal. À la dose réduite du tiers (soit 400 mg par jour), les concentrations sanguines d’efavirenz sont restées dans les normes et les cauchemars se sont espacés. Des deux tiers (soit 200 mg par jour), les cauchemars avaient complètement disparu, avec dosages sanguins normaux et charge virale indétectable, 2 ans après le début du traitement.

Une étude qui nécessiterait bien sûr d’être confirmée à plus large échelle, mais qui sous-tend déjà le coût qu’entraînerait un dépistage génétique avant de débuter le traitement. Mais comme le souligne l’équipe ayant réalisé l’étude, une compagnie japonaise aurait déjà fabriqué un test à 75$ et ”le bénéfice financier réalisé grâce à la diminution des dosages compenserait le coût des tests de dépistage”. Gène ou pas gène, les dosages sont normalement accessibles en France en cas d’effets indésirables. Mieux vaut cependant ne pas modifier soi-même les doses en cas de cauchemars. En effet, ceux-ci peuvent être dus à un pic de la concentration après la prise (généralement le soir), concentration qui redescend ensuite pour se stabiliser à des niveaux efficaces jusqu’à la prochaine prise. Les dosages restent le meilleur guide aujourd’hui pour ajuster les doses. Il est clair cependant qu’avec cette nouvelle avancée, après le test à l’abacavir (Ziagen, Kivexa, Trizivir) il y a un peu plus d’un an, on entre bien dans l’ère de traitements de plus en plus individualisés, dans les pays du Nord en tout cas.


Source : AIDSmap
Illustration : Dominiqs81

 

Commentaires

Portrait de Patrick

Je confirme : je suis passé de 600 à 400mg suite à une concentration sanguine hors norme de l'efavirenz. Conséquences : les cauchemars se sont espacés et les pertes d'équilibre (qui persistaient en journée) ont complètement disparu.