Moi(s) sans tabac : un kit gratuit pour aider à arrêter de fumer

Publié par Sophie-seronet le 25.10.2016
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Initiativetabagismesevrage tabagique

Inciter les personnes qui fument à arrêter le tabac pendant au moins trente jours, à partir du 1er novembre 2016. C’est le défi collectif lancé par le ministère de la Santé avec l’opération : "Moi(s) sans tabac". Une première en France. Comment cela se passe-t-il ? On vous dit tout.

La campagne "Moi(s) sans tabac" entend mobiliser les personnes consommatrices en leur proposant de venir retirer gratuitement en pharmacie un kit d’aide à l’arrêt du tabac. C’est possible depuis le 10 octobre. Ce kit (gratuit) comprend notamment une brochure de préparation pour faire le point sur la dépendance, la motivation et les différentes méthodes d’arrêt, un agenda de 30 jours avec des conseils quotidiens pour oublier la cigarette, un dépliant avec des exercices respiratoires pour gérer le stress éventuel occasionné par l’arrêt et un disque pour calculer les économies réalisées, etc. On y trouve même un badge. Cette campagne, inspirée de l’opération "Stoptober" en Grande-Bretagne, ne se limite pas à ce seul kit. Un autre outil est prévu : une application à télécharger sur le site Tabac Info Service. Une nouvelle version de cette application propose d’ailleurs une formule de coaching personnalisée.

Ceux qui fument, ceux qui veulent arrêter

En France, le tabac tue chaque année 73 000 personnes et représente la première cause de mortalité évitable. Selon les données officielles, 13 millions d’adultes fument quotidiennement et 60 % d’entre eux souhaitent arrêter de fumer. Selon les données du Baromètre santé 2014, certaines régions se démarquent de la moyenne nationale. En métropole, l’Ile-de-France est la région où la proportion de fumeurs quotidiens est la moins importante (24 %) et à l’inverse, la plus forte proportion est dans la région Grand Est (31 %). Les départements d’outre-mer étudiés dans le Baromètre santé 2014 présentent des proportions significativement plus basses de fumeurs quotidiens. La Guadeloupe (12 %), la Guyane (12 %), et la Martinique (15 %) affichent des prévalences particulièrement faibles par rapport à la France métropolitaine. L’envie d’arrêter de fumer fluctue d’une région à une autre. On observe que les fumeurs des Hauts-de-France et de Normandie sont moins tentés par l’arrêt du tabac (respectivement 51 % et 52 %). En revanche, les habitants de Bretagne ou de Provence Alpes Côte d’Azur semblent plus motivés. Respectivement 67 % et 68 % d’entre eux expriment leur souhait d’arrêter de fumer. Les autres régions ne se distinguent pas de la moyenne nationale.

Tabac et VIH

Une étude publiée dans Aidsmap indique que le "tabagisme doublerait le risque de mortalité pour les personnes vivant avec le VIH sous traitement antirétroviral". Cette étude a constaté "que les fumeurs avaient un risque accru de décès par maladie cardio-vasculaire et par cancers non classant sida, dont le cancer du poumon. L'espérance de vie d'un fumeur de 35 ans avec le VIH peut ainsi être réduite de près de huit ans".

Tabac et VIH : des données sur la consommation

La consommation de tabac chez les personnes vivant avec le VIH (50 à 60 % selon les sources) est largement supérieure à celle observée dans la population générale (20 à 30 %). Dans la cohorte Aquitaine ANRS CO3 (qui suit depuis 1987 des personnes vivant avec le VIH), 47 % des personnes fument. Dans l’enquête ANRS Vespa 2, "la proportion de fumeurs atteint 38 % au niveau global", indique le rapport 2013. Elle est particulièrement élevée (77 % parmi les hommes et 80 % parmi les femmes) chez les personnes consommatrices de drogues par injection. Chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, la proportion est de 43 % ; elle est relativement faible parmi les personnes immigrées originaires d’Afrique subsaharienne (21 % parmi les hommes et 8 % parmi les femmes).

Tabac et VIH : des données sur les risques

Le risque de décès lié à la consommation de tabac est deux fois plus important chez les personnes vivant avec le VIH comparé à la population générale, rappelle le rapport 2013, qui enfonce bien le clou : "La consommation de tabac (…) constitue donc un problème essentiel dans la prise en charge de ces personnes et des mesures d’arrêt de la consommation de tabac doivent être impérativement proposées régulièrement au cours du suivi". Les experts pointent aussi que le tabac est un facteur de risque majeur au centre de nombreuses maladies (cardiovasculaires, ostéoporose, pneumopathies, bronchopathies chroniques et emphysème, insuffisances respiratoires chroniques, infections ORL, cancers des poumons, de la vessie, etc.), une proposition systématique de prise en charge doit être faite.

Tabac Info Service en service personnalisé

Concrètement, le site tabac-info-service.fr sera le point d’entrée de cette campagne. Les personnes fumeuses souhaitant participer à l’opération pourront s’y inscrire. Elles auront alors accès à l’aide nécessaire pour tenir les 30 jours. Une nouvelle version de l’application Tabac Info Service a été conçue pour l’occasion. Elle privilégie une nouvelle formule de coaching qui repose sur une approche encore plus personnalisée et focalisée sur les besoins de la personne utilisatrice. Un ensemble de modules est proposé en fonction des motivations, de la dépendance à la cigarette, de la situation vis-à-vis du tabac de chaque personne. Durant cette opération, Tabac Info Service met en place un accompagnement spécifique et individualisé. Les personnes inscrites retrouveront chaque jour dans leur boîte mail et sur le site, un message de soutien. Par ailleurs, les tabacologues du 39 89 seront à disposition des personnes souhaitant arrêter. Le 39 89 est un dispositif d’information et d’aide à l’arrêt qui répond à toutes les questions sur le tabagisme et le sevrage. En plus de toutes les informations nécessaires sur le sujet, il propose un accompagnement personnalisé gratuit, réalisé par des tabacologues. Ce service est accessible du lundi au samedi, de 8h à 20h (service gratuit, plus coût de l’appel).

Pourquoi un plan sur trente jours ?

La durée de trente jours a été choisie parce qu’elle "multiplie par cinq les chances d’arrêter de fumer définitivement", explique le ministère de la santé. En effet, après 30 jours d’abstinence, la dépendance est bien moins forte et les symptômes de manque (nervosité, irritabilité) sont moins présents.

Commentaires

Portrait de ecceomo

ça fait un moment que je suis dans une dynamique d'arrêt du tabac, et cette campagne à le don de m'irriter (pour ne pas dire plus !)

Y en a juste marre des réflexions binaires et des pères la morale...

Si c'était juste une question de cohérence rationnelle, arrêter de fumer serait aussi simple que de régler un carbu sur une mobilette !...

Dernière concession à celui qu'on nous dit incontournable DIEU ARGENT, on veut motiver en calculant combien on gagne à être fort, sage et compliant ...

Nul par il est relevé que l'on fume aussi parce que l'on aime ça ...

Et que derrière le produit et la dose, il y a aussi tout une réalité psychologique de rapport à la vie, à l'autre, au désir...

C'est la même problématique qui oppose l'idée de réduction des risques où l'on avance pas à pas et les ayatolas de la bien pensance qui bientôt vont nous prescrire aussi de dormir en pyjama....

Lors de ma dernière rechute (dans l'arrêt qui s'arrête d'arrêter) en réponse à mon attitude dépité, mon médecin a relever que c'était déjà ça de gagné !... C'est pas faux d'ailleurs, et ça sert à rien de rajouter de la culpabilité au mal-être et à la toux...

Et puis, le problème insoluble est la crédibilité que l'on peut porter à des paroles parfois de bon sens, mais qui sont dans la bouche de gens qui nous ont montré à quel point ils ont perdu toute crédibilité (je parle de tout ces ambitieux au plan de carrière "légitime" normalement au service du bien commun)

Allez, j'en roule une et arrête de m'énerver Tongue Out

Shuss

Ecceomo