Monkeypox et prise en charge : les recos

Publié par jfl-seronet le 21.09.2022
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ThérapeutiqueMonkeypox

La Haute autorité de santé (HAS), associée à d’autres partenaires, a publié (5 septembre) une fiche dite de « réponses rapides » afin d'accompagner les professionnels-les de santé de premier recours dans la prise en charge des personnes infectées par le Monkeypox et les personnes contacts à risque. Destiné prioritairement aux professionnels-les, ce document intéresse aussi les personnes pouvant être exposées.

Le titre : Réponses rapides : infection par le virus Monkeypox – Prise en charge en médecin de 1er recours, sonne un poil techno. Côté objectif, le document s’inspire des Réponses rapides publiées par la HAS avec la survenue de la Covid-19 sur la gestion des cas. La nouvelle fiche vise, en effet, à permettre aux professionnels-les de santé de premier recours d’être au niveau dans « la prise en charge des patients présentant des symptômes de la variole du singe [Monkeypox, ndlr] ou des patients ayant été en contact avec une personne infectée par ce virus ». De nombreuses structures ont participé à son élaboration : Spilf (Société de pathologie infectieuse de langue française), SFLS (Société française de lutte contre le sida), Conseil national du sida et des hépatites virales, HAS, ANRS ǀ MIE, le collectif TRT-5 CHV, Collège de médecine générale, SFM (Société française de microbiologie), le CMIT (Conseil national professionnel d'infectiologie maladies infectieuses et tropicales) et la Société française de dermatologie.

Réponses rapides

L’idée est de présenter l’essentiel des recommandations et conseils sous la forme d’infos clés. Autrement que doivent savoir prioritairement les professionnels-les de santé et les personnes infectées ou qui pensent l’être. Le document de la HAS en recense quinze. Nous n’en avons retenu, ici, que quelques-uns — pour l’intégralité, il faut se reporter directement au document de la HAS (voir références plus bas).
Premier point clef : « l’infection par le virus Monkeypox (MPXV) est transmissible, essentiellement par contact direct cutanéomuqueux (lors de contacts sexuels le plus fréquemment), plus occasionnellement par gouttelettes respiratoires et/ou par l’intermédiaire d’un objet (linge, vaisselle...) ».

Qui est concerné- ? « Sans être exclusif de cette population, la majorité des cas rapportés en Europe concerne des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) multipartenaires   [ayant plus de deux partenaires, selon le critère retenu]. En France, 95 % des cas sont survenus chez des HSH », rappelle le document.

Recos de prise en charge

En matière de prise en charge, le « médecin interroge le patient sur son statut VIH. S’il s‘agit d’une personne vivant avec le VIH (PVVIH), il l’interroge sur son traitement et son taux de CD4. Dans ce cas, il l’oriente vers un spécialiste du VIH ». De plus, le « mode de transmission par contacts sexuels nécessite un bilan IST systématique d’emblée : examens sanguins (sérologie VIH, VHB, VHC, syphilis) et PCR gonocoque et chlamydia sur premier jet urinaire ». Le document confirme que la « période d’incubation est comprise entre 5 et 21 jours ». « Le diagnostic est clinique (symptomatologie polymorphe, possibilité de se faire aider par télé-expertise) ; le prélèvement des lésions pour diagnostic biologique (recherche de l’ADN viral), est indiqué en cas de doute clinique (symptômes non francs ou contexte d’exposition non identifié ou recherche d’un diagnostic différentiel) », explique la fiche.

« La prise en charge est en règle générale ambulatoire [prise en charge à domicile, au maximum, ndlr] : l’évolution est le plus souvent favorable en deux à quatre semaines. Certaines formes peuvent être hyperalgiques [extrêmement douloureuses, ndlr] et il existe quelques complications viscérales. En France depuis le début de l’épidémie, 3 % des malades ont nécessité une hospitalisation (…). Il n’y a eu aucun décès déclaré ». La fiche rappelle qu’il « n’existe pas de traitement spécifique pour les formes simples, mais des traitements symptomatiques, en particulier pour les douleurs parfois intenses. L’instauration d’un traitement par anti-inflammatoires ou corticoïdes est à proscrire ». « Une attention particulière doit être portée aux populations à risque de formes graves : individus immunodéprimés, femmes enceintes et jeunes enfants. Dans ces cas, une orientation vers un avis spécialisé est indiquée », explique la HAS. Enfin, deux points clefs sont rappelés en matière de dépistage et de vaccination. « À ce jour, il n’existe pas d’indication à un dépistage chez les personnes asymptomatiques, y compris chez les personnes contacts à risque d’être contaminées », explique la fiche. « Il existe une vaccination contre cette maladie en préexposition chez les personnes à très haut risque d’exposition et en post exposition pour les personnes contacts à risque ».

Vaccination préventive ou post exposition

À l’occasion de ces Réponses rapides, la HAS rappelle la nécessité d’une vaccination en préexposition (à titre préventif) chez les personnes à très haut risque d’exposition et en post exposition pour les personnes contacts à risque de contamination. Elle complète ses précédentes recommandations en indiquant que la vaccination en préexposition des mineurs-es entrant dans les cibles vaccinales peut être envisagée au cas par cas.

La HAS précise également que les vaccins de 3ème génération (Imvanex /Jynneos) peuvent être administrés simultanément avec tout autre vaccin du calendrier vaccinal, sans risque pour les patients-es. Si le vaccin du calendrier vaccinal en question est un vaccin vivant atténué il doit être administré soit le même jour que le vaccin contre le Monkeypox, soit à quatre semaines d’intervalle (28 jours). La HAS insiste aussi sur la nécessité de déclarer immédiatement tout effet indésirable suspecté d'être dû à un des vaccins auprès d’un centre régional de pharmacovigilance ou sur le portail dédié.