Municipales 2014 : AIDES va voir des candidat-e-s

Publié par Rédacteur-seronet le 13.03.2014
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Politiquemunicipales 2014

Les élections municipales se déroulent les 23 et 30 mars prochains. Au cours de cette campagne, des associations (droits LGBT, lutte contre le sida…) interpellent, ça et là, des candidats dans des villes plus ou moins importantes sur leurs engagements en matière d’égalité des droits, d’accès à la santé, etc. En Normandie, par exemple, AIDES est allée à la rencontre de candidats à Evreux, à Rouen et au Havre comme l’indique Valentin Chavignon, président de AIDES Normandie. Lors de deux rendez-vous à Rouen, deux candidats se sont exprimés sur les sujets portés notamment par AIDES.

Candidat de la liste "Décidons Rouen", Jean-Michel Bérégovoy dont le slogan est "Rouen 2014. Citoyenne et écolo !" a expliqué : "La lutte contre les discriminations est au cœur de nos préoccupations. Nous savons combien celles liées à l‘orientation sexuelle demeurent fortement ancrées dans la société. C’est pour cela que nous souhaitons associer systématiquement les forces vives qui luttent pour la reconnaissance et l’égalité des droits des personnes homosexuelles et trans aux enjeux et projets qui les concernent. Que ce soit sur la question de la santé avec la création d’une coordination municipale à laquelle seront bien évidemment associées toutes les structures qui agissent pour l’aide aux malades, à la recherche, à la prévention des risques et à l’information pour enrayer les épidémies au VIH et aux hépatites, mais aussi sur les questions liées aux grands enjeux démocratiques avec la reconnaissance des droits LGBT et la volonté de lutter contre l’homophobie qui seront inscrits comme deux points déterminants pour bénéficier des subventions municipales notamment en ce qui concerne par exemple les politiques sportive, culturelle et sociale de la ville".

Plus classique est la volonté du candidat de subventionner les "associations qui font de la prévention et prodiguent des soins auprès des travailleurs du sexe et des usagers de drogues" et celle de "faciliter la présence des acteurs de la prévention et des soins auprès des Rouennaises et des Rouennais vulnérables au VIH et aux hépatites : présence systématique lors des manifestations municipales accueillant du public (manifestations culturelles, sportives ou festives). En ce qui concerne les usagers de drogues, nous pensons, qu’au-delà des politiques traditionnelles en terme de prévention des risques, nous devons prendre nos responsabilités y compris en expérimentant la mise en service d’une salle d’injection sous contrôle strict d’acteurs de santé et de prévention. Contrairement à ce qui est véhiculé, ce dispositif permettrait de garantir plus de sécurité aux usagers de drogues mais aussi aux habitants de notre ville. Cela se ferait en concertation et de façon expérimentale avec une évaluation et un retour d’expérience", explique Jean-Michel Bérégovoy. Enfin, pour ce candidat écolo : "La création d’une coordination municipale de santé" permettra de "de mieux appréhender la problématique des épidémies au VIH et aux différentes hépatites" dans une "approche transversale de la prévention".

Candidat, lui aussi, à Rouen, Jean François Bures (UMP), dont le slogan est "Rouen, c’est Vous" a lui aussi apporté sa contribution. C’est Nicolas Zuili qui l’a faite en son nom. Le candidat Jean François Bures y revient sur la question de l’homophobie. "Chacun aura pu le remarquer : ces dernières années, l’intolérance, le rejet de l’autre se sont développés en France", note le candidat. "Tout cela est inacceptable, et au titre de la loi, se doit d’être sanctionné. En cela, les élus se doivent d’être irréprochables et montrer l’exemple : la tolérance n’est pas un vain mot, et le mieux vivre ensemble est au cœur de notre projet "Rouen c’est Vous". L’homophobie n’est donc pas à distinguer d’autres formes de ségrégation ou discrimination, et se doit d’être traitée de la même façon. Si dans les faits, une agression se révélait avoir été commise, Jean François Bures, maire de Rouen, entend appuyer la plainte de la victime en l’assurant ainsi du soutien de la municipalité", précise Nicolas Zuili.

Interrogé sur la prévention et l’accès aux soins des travailleurs et travailleuses du sexe et des consommateurs de produits, Nicolas Zuili explique au nom du candidat : "S’il n’est pas dans le rôle de la municipalité d’œuvrer à la prévention et soins auprès des travailleurs du sexe ou des usagers de drogues au titre de la loi, il n’empêche que la notion de santé publique incombe aussi au Maire en terme de moyens mis en œuvre. Cela passe par la facilitation de récupération de matériel injectable souillé auprès de pharmacies volontaires dans le cadre d’un travail tripartite professionnels/ville/associations, afin que celui-ci ne devienne pas un danger sur la voie publique. Cela passe aussi par des opérations lors de grandes manifestations comme l’Armada, de mises à disposition de matériel de prévention en association avec les associations (préservatifs, stands d’information, etc.)". Une position là aussi assez classique, tout comme le soutien à la journée du 1er décembre. Et sur la question des moyens financiers pour enrayer les épidémies de VIH et d’hépatites virales, voici ce que le candidat de "Rouen, c’est Vous" explique sur la nature du soutien qu’il envisage : "Cela passe aussi par la continuité tout au long de l’année des ateliers santé ville, afin que chacun puisse venir chercher les informations qu’il souhaite, mais aussi par la continuité de subventions tant en fonctionnement qu’en déclinaisons d’actions auxquelles la ville serait associée, en terme financier, mais aussi de facilitation de certaines actions de terrain, par la mise en place d’un stationnement gratuit le temps d’une manifestation, ou par la mise à disposition de lieux sur certains secteurs de la ville, pour l’accueil du public notamment lors d’action de dépistage TROD".