Novartis : la guerre est déclarée

Publié par jfl-seronet le 11.03.2012
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En mars, un procès devant la cour suprême en Inde pourrait avoir pour conséquence l’arrêt de la fabrication, dans les conditions actuelles, de médicaments génériques dont certains contre le VIH/sida. Des associations montent au créneau pour demander à Novartis d’arrêter les frais.
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Les actionnaires de l’entreprise pharmaceutique Suisse Novartis se sont réunis (23 février) à Bâle. A cette occasion, Médecins Sans Frontières (MSF) a appelé les actionnaires à faire pression sur la société pour qu’elle renonce au procès lancé contre le gouvernement indien. Dans un communiqué (23 février) MSF s'inquiète des conséquences sur l'accès des populations des pays en développement à des médicaments abordables. "Les actionnaires participant à cette assemblée doivent comprendre quels sont les enjeux du recours et ses potentielles conséquences", a expliqué un responsable de MSF. "Nous demandons à Novartis de mettre fin à la bataille juridique menée en Inde, pays considéré comme la pharmacie du monde en développement. Nous ne resterons pas les bras croisés. C’est grâce aux génériques indiens que nous pouvons soigner les populations dans plus de 60 pays aujourd’hui", avance MSF. Le procès dont parle l’association est prévu en mars 2012 devant la Cour Suprême indienne. Selon la décision (qui ne concerne pas que les traitements anti-VIH), l’Inde pourrait ou pas continuer à fabriquer des génériques tel que l’Inde peut le faire aujourd’hui. Et cela, pour le coup, concernerait l’ensemble des médicaments qui sont génériqués en Inde dont plusieurs spécialités pharmaceutiques contre le VIH.

"Des millions de personnes comptent sur les génériques pour avoir accès à des médicaments abordables. Les actionnaires de Novartis doivent questionner la légitimité de ce procès, et exhorter l’entreprise à l’abandonner", résume MSF. Un changement des règles imposé par la Cour suprême pourrait avoir pour conséquence de "vider de sa substance une politique de santé publique qui a prouvé son importance en assurant le maintien d’un accès à des médicaments abordables contre le VIH, la tuberculose et le cancer". Décidée à se faire entendre, MSF a lancé une campagne "Stop Novartis" sur les médias sociaux pour attirer l'attention du public sur l’impact de cette affaire et pour demander au laboratoire de faire marche arrière. MSF n’est pas seule sur le coup puisque des associations comme Oxfam, Act Up, etc. se sont engagées contre Novartis. Le 23 février, des militants d’Act Up-Basel (l’association à Bâle, en Suisse) ont remis aux dirigeants de la firme pharmaceutique une pétition internationale publiée sur Avaaz (112 000 signatures au 23 février) dénonçant leurs poursuites judiciaires contre l’Inde.