Nutri-score versus mortalité accrue

Publié par Fred-seronet le 01.10.2020
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Initiativenutri-score

Dans une étude publiée le 17 septembre dans le British Medical Journal (BMJ), on apprend que la consommation d’aliments moins bien classés par le score de qualité nutritionnelle qui sous-tend le logo Nutri-score, est associée à une mortalité accrue dans la cohorte européenne Epic. Ces résultats, obtenus par des chercheurs-ses de l’Inserm, de l’Inrae, du Cnam et de l’Université Sorbonne Paris Nord, en collaboration avec des chercheurs-ses du Centre international de recherche sur le cancer (OMS/CIRC), valident l’intérêt du Nutri-score dans le cadre de politiques de santé publique.

L’Inserm précise dans un communiqué de presse : « S’il est aujourd’hui bien établi qu’une alimentation moins riche en sucres, graisses saturées, sel et calories et plus riche en fibres et fruits et légumes est plus favorable à la santé, contribuant notamment à prévenir le risque de maladies chroniques telles que le cancer ou les maladies cardiovasculaires, appliquer ces recommandations en pratique reste un défi important ».

Le logo Nutri-score a été développé pour aider les consommateurs-rices à choisir des produits de meilleure qualité nutritionnelle dans les rayons, et pour encourager les industriels à améliorer la qualité nutritionnelle de leurs produits. Le Nutri-score est un logo à cinq couleurs apposé en face avant des emballages. Il fournit une indication sur la qualité nutritionnelle des produits : de A (vert foncé) - qualité nutritionnelle élevée à E (orange foncé) - qualité nutritionnelle moindre.

Cette nouvelle étude visait à rechercher des associations entre le score FSAm-NPS des aliments consommés et la mortalité au sein d’une très large population répartie dans dix pays européens. Au total, 501 594 participants-es de la cohorte Epic (European prospective investigation into cancer and nutrition) ont été inclus-es dans les analyses. Au cours du suivi entre 1992 et 2015, 53 112 participants-es sont décédés-es de causes non-accidentelles (y compris de cancer et de maladies des appareils circulatoires, respiratoires et digestifs). Les chercheurs-ses montrent que les participants-es qui consommaient en moyenne plus d’aliments avec un score FSAm-NPS plus élevé, reflétant une qualité nutritionnelle moindre (correspondant à des aliments moins bien classés par Nutri-score), présentaient une mortalité accrue. Ces résultats étaient significatifs après la prise en compte d’un grand nombre de facteurs sociodémographiques et liés au mode de vie.

Le Nutri-score a été officiellement adopté en France en 2017 et depuis par différents pays européens (Belgique, Espagne, Allemagne, Pays-Bas, Suisse, Luxembourg). Toutefois, l’application de ce logo reste optionnelle du fait de la réglementation européenne sur l’étiquetage et repose ainsi sur la volonté des industriels de l’agroalimentaire. Si, à ce jour, déjà plus de 350 entreprises et marques se sont engagées à mettre en place le Nutri-score sur leurs produits, un point crucial reste la nécessité, dans un futur proche, d’une harmonisation au niveau européen pour que soit mis en place de manière obligatoire un seul logo efficace et utile pour les consommateurs. Cette harmonisation est prévue en 2022 dans le cadre de la stratégie Farm to Fork présentée en mai par la Commission européenne.