OMS : le traitement comme outil de prévention

Publié par jfl-seronet le 23.07.2009
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prévention par le traitement
La prévention de la transmission du VIH par les médicaments anti-VIH est un débat complexe, mais, c'est, à l'évidence, le débat de l'avenir. Le bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) vient d'ailleurs d'y consacrer un long et passionnant article. Extraits.
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"C’est le traitement des personnes déjà infectées qui devrait avoir les effets les plus importants. L’explication paraît simple: la transmission ne se produit qu’à partir des personnes infectées dont le nombre est nettement inférieur à celui [des personnes séronégatives]. La charge virale est le facteur de risque le plus important pour tous les modes de transmission ; le [traitement anti-VIH] permet de l’abaisser." C'est scientifiquement prouvé. Comme l'explique l'OMS : "Plusieurs articles [scientifiques] ont proposé un usage élargi du [traitement anti-VIH] pour limiter la propagation du VIH (…) et une dynamique supplémentaire a été insufflée dans ce débat par un modèle mathématique publié par des scientifiques de l’OMS à la fin 2008."  Ce modèle mathématique indique qu'un dépistage volontaire du VIH de toutes les personnes tous les ans suivi par une mise sous traitement immédiate de toutes les personnes qui en ont besoin permet dans une population donnée de réduire de près de 95 % l'incidence du VIH. Il s'agit d'une piste de réflexion, mais qui, comme le note l'OMS, se heurte à quelques difficultés. Par l'exemple, l'absence de recherches qui valident ce modèle mathématique, sa faisabilité opérationnelle et financière, les problèmes éthiques et en matière de droits de l'homme, son acceptabilité et les questions de pharmacorésistance et de toxicité.

"Un traitement précoce largement répandu contre l’infection à VIH est intellectuellement attrayant parce qu’il cible la charge virale, à savoir le principal risque biologique de transmission et d’évolution de la maladie, analyse l'article de l'OMS. Différer le traitement jusqu’à ce que le VIH ait infligé des lésions graves au système immunitaire et qu’une transmission ultérieure se soit produite constitue une approche très différente de celle appliquée pour d’autres maladies infectieuses comme la tuberculose." Pour autant, l'OMS considère que "le monde a besoin de preuves avant de pouvoir envisager l’élaboration de politiques relatives à l’utilisation du [traitement anti-VIH] pour prévenir le VIH."
L’OMS compte donc organiser "une consultation fin 2009 afin d’examiner les priorités en matière de recherche, les considérations d’ordre opérationnel, ainsi que les préoccupations éthiques et celles liées au respect des droits de l’homme soulevées par l’utilisation du traitement antirétroviral dans la prévention de l’infection à VIH.
"A un moment où les autres voies de la recherche en matière de prévention de l’infection VIH, notamment les évaluations de vaccins, ont donné des résultats décevants, la façon dont on pourrait se servir du [traitement anti-VIH] pour obtenir le maximum d’effets positifs aussi bien sur le plan thérapeutique que préventif est désormais peut-être la question la plus pressante qui se pose à la recherche sur le VIH", estime l'Organisation mondiale pour la santé.
Illustration : Nookiez