Opioïdes : évitons une crise sanitaire

Publié par Sophie-seronet le 20.07.2019
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La crise des opioïdes fait des ravages actuellement aux États-Unis et au Canada. AIDES alerte sur les prémisses d’une crise similaire en France et en profite pour interpeller les pouvoirs publics et demander une réelle politique de réduction des risques. L’ONG « exige l’abrogation de la loi de 1970 qui pénalise l’usage de drogues ».

En début d’après-midi, le 1er juillet, des militants-es de l’association Pain, fondée par la photographe américaine Nan Goldin, se sont rassemblés-es devant la Pyramide du Louvre pour dénoncer le financement de la restauration de plusieurs salles du musée par la famille Sackler. La famille est propriétaire des laboratoires (Purdue et Mundipharma notamment) qui commercialisent dans le monde l’oxycontin, ce traitement à base d’opiacés responsable de la crise des opioïdes qui fait des ravages actuellement aux États-Unis et au Canada.

Dans un communiqué (1er juillet) AIDES pointe le fait : « qu’en France, on observe déjà les prémisses d’une crise similaire » ; du coup, l’association a profité de cette action pour alerter les autorités françaises. Dans son communiqué », l’association « demande une réelle politique de réduction des risques et exige l’abrogation de la loi de 1970 qui pénalise l’usage de drogues ».

L’association rappelle que « 90 médecins addictologues ont également lancé [un] cri d’alarme le 22 juin dernier dans une tribune parue dans Le Journal du Dimanche. Douze millions de Français-es utilisent des médicaments opiacés, sans être alertés sur leur potentiel risque addictif et sur les risques d'overdose. Les hospitalisations ont doublé, les décès triplé. L’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) fait, quant à lui, état d’une hausse de la dépendance aux opioïdes parmi les personnes non usagères de drogues illicites à la suite d’un traitement analgésique ». « Avant que la France ne soit le terrain d’un drame similaire à celui de l’Amérique du Nord, il est urgent que les pouvoirs publics réagissent et réforment la politique des drogues, inefficace, incohérente et qui porte atteinte à la santé des usagers-es, avance AIDES. D’un côté, une guerre aux drogues illicites est menée via une politique répressive qui ne réduit pas les consommations. De l’autre, il existe des drogues licites, comme les analgésiques à base d’opiacés qui ne sont pas distribués avec toutes les précautions requises et qui peuvent générer des addictions et overdoses ».

« Nous demandons la mise en place de réelles politiques de réduction des risques pour répondre aux enjeux de santé publique. Pour la sécurité des personnes usagères, nous devons mettre en place des espaces de consommation à moindre risque et faciliter l’accès aux traitements de substitution aux opiacés. L’accès à la naloxone - antidote aux surdoses d’opiacés – est, par ailleurs, primordial. Les autorités françaises doivent garantir à chaque personne usagère de drogues et ses proches, de pouvoir en disposer », défend l’ONG.

« Enfin, la loi du 31 décembre 1970 doit être abrogée. Elle organise la chasse aux usagers-es et compromet leur accès aux outils de réduction des risques, aux soins et à la prévention. Depuis presque 50 ans, cette loi s’illustre par son inefficacité en remplissant les prisons d’usagers-es sans faire baisser les consommations de produits psychoactifs. La France reste par exemple le premier pays d’Europe en termes de consommation de cannabis. Il faut changer de paradigme. La France doit agir maintenant ! », conclut l’association.