Pénalisation : l'affaire Steve B. secoue le Québec

Publié par jfl-seronet le 10.12.2010
1 174 lectures
Notez l'article : 
0
 
justice et VIH
Une nouvelle affaire de pénalisation secoue actuellement le Québec. Elle concerne Steve B., un gay québécois de 32 ans, accusé d'avoir eu des relations sexuelles sans préservatifs avec plusieurs partenaires tout en se sachant séropositif depuis plusieurs années. Explications.

Le journal québécois Le Soleil a consacré plusieurs articles à cette affaire du "sidéen menteur" (sic) qui semble agiter le milieu gai local. Selon Le Soleil (3 décembre), une première plainte pour "voies de fait graves et agression sexuelle grave" a été déposée par deux hommes (en couple) de 40 et 23 ans. Suite à cette plainte et à l'audition du suspect présumé, la police a lancé un appel demandant à toute personne ayant été en contact avec Steve de se manifester. Selon Le Soleil, une dizaine de personnes, anciens partenaires de Steve, se sont manifestées. Ils auraient décidé, eux aussi, de porter plainte contre lui. Initialement, un tribunal devait être saisi rapidement de cette affaire depuis décembre, mais vu le nombre de plaintes, l'affaire a été reportée au 17 décembre 2010 notamment pour une éventuelle mise en liberté. Du côté des associations, on n'a pas encore pris position. A part, le MIELS-Québec (le MIELS-Québec (Mouvement d'information et d'entraide pour la lutte contre le VIH-sida) dont la directrice générale Thérèse Richer a expliqué au quotidien Le Soleil qu'elle était "inquiète" du message envoyé par le système judiciaire lorsque des accusations aussi lourdes sont portées contre des personnes atteintes du VIH. Thérèse Richer a notamment cité l'exemple de cas de poursuites, même lorsqu'il y a eu utilisation du condom. Elle explique que, dans certains cas, des individus qui "ont eu des comportements à risques vont hésiter à passer un test de dépistage pour rester volontairement dans l'ignorance." "Quand on ne le sait pas, on n'est pas obligé de le dire. Donc, on ne sera pas poursuivi", résume-t-elle.  Pour le moment, police et justice poursuivent leur enquête. Il y a fort à parier que cette nouvelle affaire va relancer le débat sur la question de la pénalisation… surtout si les plaintes contre Steve se multiplient. Actuellement, Steve est incarcéré au Centre de détention de Québec, le procureur ayant refusé sa mise en liberté.


Plus d'infos sur la pénalisation au Canada et au Québec sur www.aidslaw.ca