Piques et polémiques !

Publié par jfl-seronet le 05.02.2010
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grippe A (H1N1)
Si la grippe A semble moins faire parler d'elle aujourd'hui, il n'en va pas de même de la campagne de vaccination contre cette maladie qui suscite elle des débats, des critiques et même une probable commission d'enquête sur le rôle des labos. Explications.
grippeA_centre_vaccination.jpg

Les sénateurs communistes et du parti de gauche (CRC-SPG) ont présenté (3 février) leur proposition de résolution visant à créer une commission d'enquête sur "le rôle des laboratoires pharmaceutiques dans la gestion de la pandémie de la grippe A." Les laboratoires sont suspectés d'avoir influencé les experts de l'Organisation mondiale de la santé (certains experts ont d'ailleurs des liens étroits avec des labos pharmaceutiques) afin que ceux-ci lancent des alertes incitant les pays à se lancer dans des campagnes de vaccination massives au plus grande bénéfice des labos. "Il faut lever le voile sur la gestion d'une pandémie fantasmée", a déclaré Guy Fischer (sénateur PCF) cité par l'AFP. "Je déplore que le gouvernement, au nom du principe de précaution, a [retenu] ce programme démentiel de vaccination et, foulant au pied ce principe de précaution, a mis sur le marché des substances dont l'innocuité n'est pas prouvée", a ajouté François Autain (Parti de gauche). Si, au final, il n'est pas certain qu'il y ait une commission d'enquête, il devrait y avoir au minimum un débat. "La France a le plus grand gap entre le taux de vaccinés, 5,5 millions de personnes - 7% de la population - et les doses commandées, 94 millions de doses vaccinales", a également dénoncé François Autain. Il a pointé du doigt les "conditions très favorables aux laboratoires" dans les contrats passés par le gouvernement avec notamment "un prix prohibitif moyen de 7 euros par dose".


A l'Assemblée nationale, c'est le groupe centriste NC qui a également déposé une demande de commission d'enquête similaire qui devrait "dans les semaines qui viennent" voir le jour selon le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer (UMP).


Sceptique sur les choix gouvernementaux, le professeur Marc Gentilini, membre de l'Académie de médecine et ancien président de la Croix-Rouge, l'est incontestablement. Dans la quasi-totalité de ses intervention, il critique : "La démesure [qui] a été une des caractéristiques de cette campagne" et parle même de "fiasco politique" et de "bouffonnerie". Dans une récente interview à l'Afp (2 février), Marc Gentilini évoque "des groupes de pression affolants", notamment à l'Organisation mondiale de la santé, des épidémiologistes "terroristes", une logistique "beaucoup trop lourde"...  Il craint même que les "erreurs graves" de la campagne contre la grippe A "ne portent préjudice au concept de vaccination". "Je suis pour la vaccination, le principe de la vaccination est remarquable, mais pas n'importe comment", dit-il, regrettant que "la grande discussion entre vaccination de masse et vaccination ciblée n'ait pas eu lieu". Pour lui, "on ne peut pas se lancer dans une opération comme ça sans mobiliser le tissu sanitaire fondamental, le réseau des médecins généralistes et des infirmières, ainsi que les centres de vaccination des hôpitaux". "On demande à un politique de prendre la bonne décision, non pas de choisir le pire pour se protéger soi, non pas de choisir la démesure, mais de choisir la bonne mesure". Or, "à environ trois milliards d'euros dépensés pour une grippe fantôme, on est dans la démesure", assène ce médecin en parlant de la ministre de la Santé. De son côté, Roselyne Bachelot s'est déjà fortement défendue devant les députés, lors d'une audition le 12 janvier dernier, opposant la "dangereuse sophistique" et l'impact "politiquement destructeur" des procès d'intention à son discours "de sagesse et de précaution".

Commentaires

Portrait de ecceomo

  • Pour la grippe A, il s'agit de choix de santé publique.
  • Mettons en perspective d'autres choix comme ceux concernant la réforme hospitalière, l'accès à la santé, les restrictions...
  • Remettons cela dans un contexte de mise en péril délibéré de la sécu avec LE TROU (qui d'ailleurs n'a pas la forme qu'on lui prétend) ...
  • J'ai entendu hier à la radio parler sur le coût de la grippe A et le mettre en perspective, édifiant :
  • "... C'est plutôt 2 milliard d'euros qu'1 milliard 1/2 et 2 milliards d'euros,
  • ça fait par exemple plus de 3 fois le déficit des hôpitaux pubics,
  • c'est plus de 3 fois le budget de l'institut national de santé et de recherche médicale °INSERM° ,
  • ça représente 50 000 salaires pour l'assistance publique qui veut en supprimer 4 000 dans les 3 prochaines années, ça remet les choses en place ..."
  • Philippe EVEN
  • Président de l'institut NEKER
  • Professeur émérite de l'université Paris-V
  • Retranscription : Du grain à moudre - France culture - 04-02-10
  • Gentilini  parle de 3 milliards, le ministère de 1,5, Even 2 ... Qu'est ce qu'on compte avec ces milliards ?... Mais dans tous les cas le rapport à une échelle de réalité concrète illustre l'urgence qu'il y a à ne pas avaler les arguments sans comprendre les enjeux, et à s'informer pour savoir réagir.
  •  lien aussi intéressant avec un site ressource et débat L'association Fondation Sciences Citoyennes est une association de loi 1901 créée en 2002. Elle a pour objectif de favoriser et prolonger le mouvement actuel de réappropriation citoyenne et démocratique de la science, afin de la mettre au service du bien commun.

http://sciencescitoyennes.org/

  • ecceomo
  • Positivement / / De passage avant compostage
Portrait de vendredi_13

très intéressant ecce, merci !

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Portrait de sonia

jfl-seronet wrote:

"On demande à un politique de prendre la bonne décision, non pas de choisir le pire pour se protéger soi, non pas de choisir la démesure, mais de choisir la bonne mesure". Or, "à environ trois milliards d'euros dépensés pour une grippe fantôme, on est dans la démesure", assène ce médecin en parlant de la ministre de la Santé. De son côté, Roselyne Bachelot s'est déjà fortement défendue devant les députés, lors d'une audition le 12 janvier dernier, opposant la "dangereuse sophistique" et l'impact "politiquement destructeur" des procès d'intention à son discours "de sagesse et de précaution".

Je retiendrai seulement le détournement de madame la ministre  Bachelot du principe de précaution vers un discours de sagesse et de précaution!

Entre 1.5 milliards € et 3.2 milliards € d'investis dans la santé publique pour réduire l'épidémie de la grippe A c'est incontestablement un beau geste magnanime envers l'humanité à la française. On cherche à se débarrasser des stocks en surplus, masques tamiflu doses de vaccin, pensons à l'Afrique !!!

Il est fort à parier que dans les prochains jours, Roselyne B. va devoir dérembourser de plus en plus de médicaments, en compensation des pertes subies par les labos !