Plan national contre le VIH/sida : copie à revoir !

Publié par Emy-seronet le 28.06.2010
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plan national
Le Plan national de lutte contre le VIH/sida 2010-2014 était attendu par les acteurs de santé : ils l'ont lu... et crient au scandale. Dépistage, prévention, assistance aux pays pauvres… : la DGS aurait rédigé un plan "timoré, qui ne se donne ni les moyens ni l'ambition de faire régresser l'épidémie" et qui contiendrait de nombreuses "incohérences". C'est, en tout cas, l'avis* du CNS et de la Conférence nationale de santé ; avis rendu public aujourd'hui et qui fustige les propositions "insuffisantes" d'un ministère qui "sous-évaluerait" la réalité de l'épidémie.

L'avis est sévère. Pour les responsables du Conseil national sur le sida (CNS) comme pour ceux de la Conférence nationale de santé, "le plan national 2010-2014 ne définit pas une politique publique efficace face aux défis actuels de la lutte contre le VIH et les IST" (dépistage et accès précoce au traitement, cohérence des différentes politiques publiques et engagement international de la France).  Ce plan serait un "copier-collé" du précédant… qui couvrait la période 2005-2008.

L'avancée majeure qui aurait du être prise en compte dans le plan – et qui en est absente, d'après le CNS et la Conférence national de santé -, c'est tout l'intérêt préventif qu'offre le traitement antirétroviral ; un fait dont la Direction général de la santé (DGS) ne tirerait pas les conséquences pour la politique de prévention 2010-2014. Alors que les experts de santé et que la Haute Autorité de Santé (HAS) s'accordent pour dire que de nouvelles stratégies de dépistage et de prévention sont indispensables, le plan prévoirait "une politique de dépistage renforcée" pour les catégories de la population les plus exposées au virus (gays, migrants…) mais n'envisagerait aucune mesure de dépistage en routine quant à la population générale. L'incohérence entre les politiques de sécurité, d'immigration et de santé ne serait pas non plus considérée dans le Plan, alors qu'elle entrave les actions de prévention, de réduction des risques et d'accès aux soins, mettant en péril la santé et la vie des populations concernées (personnes en situation irrégulière au regard du séjour, personnes détenues, usagers de drogue...). Quant à l’accès universel aux traitements antirétroviraux dans les pays pauvres –
qui, d'après la promesse officielle, devait être atteint en 2010 - la DGS l'aurait quelque peu oubliée et la France, très en retard dans ce domaine, aurait relayé ses engagements dans la lutte mondiale contre le VIH/sida à un plan plus que second.

*Le Conseil national sur le sida et la Conférence nationale de santé précisent que cet avis a été écrit d'après "un document stratégique" du Plan national de lutte contre le VIH/sida et les IST 2010-2014 (une dizaine de pages non définitives). Le Plan national de lutte contre le VIH/sida et les IST 2010-2014 devrait être présenté quand il sera enfin terminé, lors de la conférence internationale sur le sida, organisée par l’International Aids-Society (IAS), à Vienne (Autriche), du 18 au 23 juillet 2010.

Commentaires

Portrait de nathan

Mais où est passé le plan Vih/Sida 2008/2010 ?

Car avant le plan 2010/2014, il semble y avoir un trou dans la chronologie... Le plan qui précède celui pour la période 2010/2014 était le plan 2005/2008.

Quels magiciens Nicolas et Roselyne !

Ils sont même capables de faire disparaître le vih/sida du territoire durant trois ans...