Prostitution : Bachelot vise les clients

Publié par jfl-seronet le 16.12.2011
1 983 lectures
Notez l'article : 
0
 
abolitionprostitutionpénalisation
Invitée vedette du débat à l’Assemblée nationale (6 décembre) sur l’abolition de la prostitution en France, Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités et de la cohésion sociale, a une nouvelle fois montré sa volonté de pénaliser les clients de la prostitution et fait l’amalgame entre prostitution et demande d’aidants sexuels pour les personnes en situation de handicap. Morceaux choisis.
Roselyne-Bachelot3.jpg

Seul membre du gouvernement présent lors du débat à l’Assemblée nationale, Roselyne Bachelot est, depuis plusieurs mois, à la manœuvre contre la prostitution. La ministre des Solidarités et de la cohésion sociale a notamment multiplié les interventions (interviews notamment) pour demander la pénalisation des clients. Elle est persuadée que le modèle suédois marche et qu’il est transposable en France. Elle en rappelait d’ailleurs la teneur dans une interview au Parisien en mars 2011 : "Dans ce pays, faire appel aux services d'une prostituée est interdit depuis 1999 et passible d'amendes et de peines de prison pouvant aller jusqu'à six mois". Devant les députés, la ministre félicite les auteurs du rapport de la mission d’information et surtout fait le lien avec un de ses dossiers : "le troisième plan interministériel de lutte contre les violences faites aux femmes". Assez logiquement, vu ses prises de position précédentes, Roselyne Bachelot indique que "la prostitution est une négation de nos principes fondamentaux : celui de la dignité de la personne humaine, celui de l’égalité entre les femmes et les hommes, celui de la non-patrimonialité du corps humain qui s’oppose à ce que le corps humain soit traité comme un bien marchand". Et bien sûr, elle donne la vision la plus noire, et uniquement celle-là, de la prostitution : "Nous le savons tous, meurtres, actes de torture, viols, agressions, humiliations sont le lot quotidien des personnes prostituées". Comme les autres intervenants à l’Assemblée, la ministre entend "rappeler que les personnes prostituées sont principalement des femmes tandis que les clients sont pratiquement toujours des hommes (…) La prostitution est une violence faite aux femmes, une violence de genre. J’ai déjà eu l’occasion de souligner que les violences faites aux femmes ne sont pas des faits divers, mais des faits majeurs parce qu’elles constituent des crimes (…) En tant que ministre chargée des droits des femmes, je veux combattre avec toute mon énergie cette atteinte grave à la dignité humaine et à l’égalité entre les femmes et les hommes qu’est la prostitution".
Un des points clefs de l’argumentation de la ministre est, entre deux remarques ironiques sur le traitement de cette question par les médias, d’affirmer que : "Non, la prostitution n’est ni une activité professionnelle ni une activité "glamour", qui serait moderne ou socialement acceptable (…) Je ne crois pas à la prostitution libre ou choisie. La notion de consentement est pour moi, dans ce domaine, totalement inopérante. Il suffit, d’ailleurs, de confronter le discours de cette minorité de personnes, auto-désignées comme porte-parole des prostituées, avec la parole de celles qui se présentent comme anciennes professionnelles, pour que la réalité des souffrances vécues apparaisse".
C’est, avance la ministre, "pour toutes ces raisons que je suis fermement opposée à l’assistance sexuelle pour les personnes handicapées. J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer à ce sujet, lors de mon audition en mars dernier, devant la mission parlementaire. Les "aidants sexuels" représenteraient une forme de prostitution professionnalisée et spécialisée. Cela ne peut que heurter profondément ma conception de la dignité de la personne humaine, celle de la personne handicapée, celle de la salariée au titre de services sexuels. Non, le corps de la femme n’est pas un objet devant répondre aux besoins prétendument irrépressibles de la sexualité masculine". Fermez le ban !

Commentaires

Portrait de nouvelle_vie

Un gérant de bordel : http://youtu.be/Lw6NrPzA9nU La réponse d'un prostitué ici : http://youtu.be/Lw6NrPzA9nU et ici http://youtu.be/nlytP3Y5UyU
Portrait de romainparis

est une liberté inaliénable du droit humain. Il faut lutter contre le proxénétisme, pas contre la prostitution.