Restrictions aux voyageurs : la Corée du sud en exemple

Publié par jfl-seronet le 22.07.2012
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ConférencesAIDS 2012restrictions au voyage

Le 22 juillet, la Corée du Sud a annoncé qu’elle levait les restrictions discriminatoires d’entrée et de séjour des personnes séropositives sur son territoire. Un exemple que devrait suivre d’autres pays qui font encore le contraire. C’est ce que demande, pour la première fois, des patrons de grandes entreprises mondiales comme H&M, Gap, Coca-Cola, Levi Strauss, les laboratoires Merck ou Bristol-Myers Squibb.

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Chaque ouverture de conférence comprend son lot d’annonces… Certaines portent sur les financements, d’autres sur la mobilisation, d’autres, assez rares, sur les avancées des droits pour les personnes vivant avec le VIH/sida. Dans cette catégorie, celle du dimanche 22 juillet, on la doit à Michel Sidibé, directeur exécutif de l’ONUSIDA. C’est lui qui a annoncé que la Corée du Sud renonçait aux restrictions discriminatoires d’entrée et de séjour des personnes séropositives sur son territoire qu’elle appliquait encore. "C'est une très bonne nouvelle", explique Christian Andréo, directeur du plaidoyer de AIDES. "Ces restrictions n'ont aucun sens, aucun effet sur la prévention et la propagation de l'épidémie. Au contraire, elles poussent les personnes séropositives à dissimuler leur statut sérologique ou à interrompre leur traitement par peur de se voir refuser le passage aux frontières. Ces lois mettent en danger les malades et renforcent leur stigmatisation". De son côté, Michel Sidibé a rappelé : "Il n'existe aucune preuve que ce genre de restrictions aide à protéger la santé publique". Ces restrictions "sont discriminatoires et violent les normes internationales des droits de l'homme. Les gens vivant avec le VIH doivent avoir un accès égal aux opportunités et à la liberté de mouvement dans le monde d'aujourd'hui", a-t-il d’ailleurs souligné.

Après les exemples des Etats-Unis (il y a deux ans), de la chine, de la Moldavie tout récemment, voici donc que la Corée du Sud rejoint les pays qui ont abrogé leurs réglementations sérophobes en matière de séjour et d’entrée sur le territoire. Reste que plus de trente pays maintiennent à ce jour ce type de restrictions. Sur une liste, mise à jour en 2011, et publiée sur son site internet, l'ONUSIDA cite cinq pays (Egypte, Irak, Qatar, Singapour, Iles Turks et Caicos) qui refusent de délivrer des visas aux personnes atteintes du VIH "y compris pour de courts séjours". D'autres pays imposent des restrictions de différentes formes sur l'entrée, la durée de séjour ou le droit de résidence des séropositifs. AIDES appelle ces pays à entendre raison et à emboiter le pas à la Corée du Sud.
 
Pour une première, c’est une première. Les patrons d'une vingtaine de multinationales ont appelé (22 juillet) tous les pays du monde à lever leurs restrictions de voyage à l'égard des séropositifs. Dans un communiqué, ces chefs d'entreprise qui représentent des entreprises comme H&M, Gap, Coca-Cola, Levi Strauss, les laboratoires Merck ou Bristol-Myers Squibb s'engagent à s'opposer à toutes les restrictions de voyage imposées aux personnes vivant avec le VIH, les jugeant à la fois discriminatoires et néfastes pour la conduite de leurs affaires. "Dans le paysage concurrentiel actuel, où les voyages d'affaires à travers le monde sont capitaux, nous devons pouvoir envoyer nos talents partout où on a besoin d'eux", a lancé le patron des jeans Levi Strauss, Chip Bergh, cité par l’AFP. "Nous appelons tous les pays ayant encore ce genre de restrictions à les lever immédiatement".