Ruptures d’ARV : la vigilance s’impose

Publié par Franck-seronet le 19.07.2012
13 620 lectures
Notez l'article : 
0
 
Thérapeutiquerupture ARV

L’été, hélas, est propice aux ruptures de médicaments anti-VIH. Aux problèmes structurels (absence de stocks dans les officines, stratégies commerciales des grossistes répartiteurs, etc). s’ajoutent des fermetures de pharmacies pour vacances. Le TRT-5, dont AIDES fait partie, a beaucoup travaillé à cette question. Seronet fait le point et donne les conseils de base pour éviter les problèmes d’approvisionnement.

Rupture_ARV.jpg

"La période estivale est marquée par de fréquentes ruptures d’approvisionnement de médicaments en pharmacie de ville", rappelait récemment un communiqué du TRT-5 qui en profitait pour faire le point sur les conseils de base utiles pour prévenir ces difficultés et permettre de ne pas être victime d’une interruption de traitement.

Quelques conseils de base
Le premier est, bien entendu, de ne pas se laisser prendre au dépourvu, mais de penser à faire renouveler son ordonnance au moins une semaine avant la fin du stock de traitement qui vous reste. Dans la mesure du possible, il est recommandé de se faire identifier par son pharmacien "référent" afin de lui demander d’avoir un mois de votre traitement habituel en réserve (les pharmaciens sont soumis au secret médical). Il est aussi possible de se retourner vers une pharmacie hospitalière si nécessaire.


Point important, il est conseillé de ne pas changer ponctuellement de traitement même sur l'avis de votre pharmacien au prétexte que celui que vous prenez est l’objet d’une rupture d’approvisionnement, sauf si cela représente exactement les mêmes molécules et les mêmes dosages au final. Toute modification de traitement doit être discutée avec le médecin qui vous suit pour le VIH, un coup de fil du pharmacien au médecin spécialiste VIH étant nécessaire dans tous les cas.

Comment obtenir plusieurs mois de traitements ?
Il est possible d’obtenir plus d’un mois de traitement antirétroviral en une fois chez le pharmacien notamment en s’y prenant à l’avance et en expliquant la situation au médecin et/ou au pharmacien (séjour prolongé de deux ou trois mois en dehors du territoire national). C’est parfois plus facile avec un pharmacien hospitalier. Une lettre circulaire, émanant du ministère de la Santé, datant de 2005 le permet, afin d'éviter les ruptures de traitement. La personne reçoit tout son traitement pour sa période d'absence avant son départ.

En cas de pénurie ponctuelle dans les pharmacies de ville
Il est conseillé de ne pas attendre "une prochaine livraison" (qui peut ne pas arriver dans les temps) mais d’agir : Il faut demander (exiger !) à votre pharmacien de contacter au plus vite le laboratoire pharmaceutique concerné par la rupture de fourniture du médicament. Vous trouverez ci dessous la liste des numéros d’urgence communiqués par les laboratoires aux pharmaciens. C’est la première chose à faire, les laboratoires s’étant engagés à réagir en 24 à 48 heures maxi pour livrer le médicament en rupture. En parallèle et sans attendre, il faut demander à son  pharmacien de rechercher le produit manquant chez un confrère, chez son grossiste habituel, chez un autre grossiste, auprès d’un centre hospitalier… C’est à lui de faire les démarches pour trouver une solution.


Il est aussi possible de se rapprocher d’un centre hospitalier (par l’intermédiaire de son pharmacien ou individuellement). Par ailleurs, il est utile d’informer l’observatoire des ruptures du TRT-5 de la situation.

Autres possibilités : contacter une association de lutte contre le VIH… dont AIDES ; proposer au pharmacien de rencontrer une association de lutte contre le VIH, ou le TRT-5.

Ruptures d’antirétroviraux, les numéros utiles
Si vous vous retrouvez en rupture d’antirétroviraux nous vous incitons à appeler - en lien avec votre pharmacien - les numéros suivants, en fonction du traitement que vous prenez :

 
Atripla, Viread, Emtriva, truvada

Le numéro à appeler est celui du laboratoire Gilead  : 01 42 73 70 71

Atripla, Zerit, Sustiva, Reyataz
Le numéro à appeler est celui du laboratoire BMS : 0 810 410 500 (numéro Azur - prix d’une communication locale)

Combivir, Kivexa, Trizivir, Epivir, Ziagen,Telzir, Celsentri
Le numéro à appeler est celui du laboratoire ViiV Healthcare: 01 39 17 69 69

Crixivan, Isentress
Le numéro à appeler est celui du laboratoire MSD : 01 47 54 88 00

Kaletra, Norvir
Le numéro à appeler est celui du laboratoire Abbott : 0 800 21 26 29

Intelence, Prezista
Le numéro à appeler est celui du laboratoire Janssen Cilag : 0 800 25 50 75

Invirase, Viracept, Fuzeon
Le numéro à appeler est celui du laboratoire Roche : 01 46 40 51 91

Viramune, Aptivus
Le numéro à appeler est celui du laboratoire Boehringer Ingelheim : 03 26 50 45 33

Un Observatoire des ruptures
Depuis son lancement en mai 2010, l’Observatoire des ruptures d'approvisionnement des pharmacies en médicaments antirétroviraux du TRT-5 reçoit de nombreux témoignages de personnes confrontées à de réelles difficultés. Il a permis de quantifier le problème et de montrer que certaines de ces ruptures ont parfois eu pour conséquence des interruptions de traitements. Cet Observatoire est toujours actif et a besoin de vous pour améliorer la situation car des textes règlementaires sont en préparation, si vous rencontrez un problème, il est important et utile de remplir le questionnaire en ligne du TRT-5 (il est anonyme). Les informations ainsi collectées permettent d’étayer les revendications des associations.

Plan B, astuces et système D
Les solutions du système D sont souvent hors cadre légal (il est interdit de faire des stocks, de se faire envoyer des médicaments de l’étranger…), mais dans certaines situations, il n’est pas possible de faire autrement. Après tout, l’objectif est d’éviter toute rupture de traitement et ce n’est pas les personnes sous traitement qui sont responsables des problèmes de rupture.


Certaines personnes ont trouvé ces solutions :
- Se faire dépanner par un ami ou un proche qui a les mêmes médicaments que soi.
- Se faire dépanner dans une association.
- Aller chercher son traitement les premiers mois chaque fois avec une semaine d’avance jusqu’à arriver à avoir un mois de traitement d’avance chez soi. C’est pratique pour gérer les imprévus ou les dates de renouvellement qui tombent mal (période de vacances…)
- Passer commande à l’étranger sur Internet. Dans ce cas (limite), il peut être utile de se renseigner auprès de proches qui y ont déjà eu recours, car les contrefaçons (copies de médicaments sans principe actif voire toxiques) y sont un phénomène répandu.

Commentaires

Portrait de frabro

Deux choses m'interpellent particulièrement dans cet article : 1/ Que l'on évoque la possibilité pour un pharmacien de proposer une autre molécules sans prescription médicale...C'est tout simplement illégal et ce serait inconséquent de la part du pharmacien de le proposer tout comme de la part du patient de l'accepter. 2/ Que l'on évoque l"idée d'acheter sur internet, avec la seule mention (limite)...Outre que le patient devra payer, il n'est pas du tout sûr de recevoir de vrais médicaments ! Cette idée là ne devrait tout simplement pas figurer à mon avis dans les recommandations, sauf pour dire que c'est aussi stupide que dangereux d'y avoir recours. Enfin, je ne vois pas en quoi la consultation par un pharmacien d'une association lui permettra de résoudre rapidement un problème d'approvisionnement ! Dans tous les cas, prévoir à l'avance son renouvellement est la meilleure solution. Au pire, je ne vois pas en quoi un arrêt court (j'ai bien dit court !) de traitement pourrait être catastrophique...N'aurait-on pas tendance sur ce point à dramatiser et stresser outre mesure les patients ?
Portrait de petitcanard

a savoir aussi, que la CPAM autorise le renouvellement au bout de 21jours ce qui permet en effet de faire un stock d'un mois au bout de quelque temps pour pallier ce genre de rupture eventuelle. En ce qui concerne le dépannage chez un confrère pour le pharmacien en rupture, c'est délicat car la plus part des pharmaciens n'ont pas les traitements dans les officines de toute facon.
Portrait de pouetpouet29

Heureusement parce que je pense que j'aurais paniqué. Dans ce cas toutes les solutions sont bonnes pour se procurer son traitement. Je prends mes ARV en officine hospitalière, jamais eu à ce jour de problème, ils gèrent correctement les stocks. Mais en général je m'y prend une semaine à 3 jours à l'avance.
Portrait de kebra2009

mon médecin me fait des ordonnances à 6 mois et ma pharmacienne me donne comme je veux , pourtant je suis dans une petite ville , je dois être chanceux ..... chanceux en ARV , malheureux en amour ! lol !!! bonne journée
Portrait de flamme

D"accord avec Fabro, je suis choquée que l'on puisse proposer comme solution, même "limite", l'achat par internet !!! Et depuis quand les associations pourraient-elles la solution?! Le plus efficace est de commander toujours avec un peu d'avance
Portrait de anjely

Ici en Allemagne les medecins donnent des ordonnances de médicaments pour 3 mois, donc on a toujours une reserve. Et je n'ai jamais vu que toutes les pharmacies d'une ville/village sont fermé pendant les vacances. Cela m'étonne que cela est possible en France.