Salles de conso : gare au Garraud !

Publié par jfl-seronet le 29.09.2012
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salle de consommation superviséedrogues
Directeur de AIDES Sud Ouest (Bordeaux et la région), Anthony Brouard a défendu dans le journal "Sud Ouest" (début septembre) les principes d’une nouvelle politique des drogues. Il a aussi répondu aux attaques de l’ancien député UMP Jean-Paul Garraud qui accuse les associations de faire leur "business" avec leur projet de salles de consommation à moindres risques.
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Cela passe notamment par la création de salles de consommation à moindre risque. "Les salles de consommation à moindres risques ont démontré leur efficacité dans tous les pays où elles ont été mises en place avec notamment une amélioration de la santé des consommateurs, la baisse des nuisances et des troubles à l'ordre public pour les riverains", explique-t-il. Sud Ouest demande au responsable de AIDES si la mise en place de telles salles, comme le disent leurs détracteurs, n’est pas la première étape avant la légalisation de la drogue. "Nous sommes clairs sur ce point : il faut dépénaliser l’usage des drogues. On ne peut plus assimiler chaque consommateur à un délinquant. La politique répressive issue de la loi de 1970 a montré toutes ses limites. Archaïque et inefficace, cette politique n’a jamais endigué la criminalité liée aux trafics de drogues, bien au contraire. Aujourd’hui, 90% des détentions liées aux drogues concernent des usagers, et 9% des trafiquants : cherchez l’erreur. Pire encore, cette politique a eu des effets dévastateurs en matière de santé publique".
 
Bordeaux fait partie des villes qui pourraient expérimenter un tel dispositif, mais la partie ne devrait pas être facile puisque certains politiques locaux sont très opposés à cette idée. C’est le cas de l’ancien député UMP de Gironde, membre de la Droite populaire, Jean-Paul Garraud. "Je m’étais déjà élevé contre ce type de mesure en 2010, alors que plusieurs membres de l’ancienne majorité s’étaient laissé entraîner sur cette voie dont Roselyne Bachelot. C’est ahurissant : ces salles de shoot consistent à injecter de l’héroïne sous surveillance alors que cette héroïne a été acquise illégalement. L’Etat ne peut quand même pas traiter avec les dealers et pourtant, il va falloir vérifier la qualité de la drogue", explique l'ancien député UMP Jean-Paul Garraud toujours très nuancé. Ancien magistrat, Jean-Paul Garraud est conseiller régional d’Aquitaine et secrétaire national de l'UMP en charge des questions de justice, il a donc suffisamment de tribunes pour nuire localement et nationalement à ce projet. Au journal "Sud Ouest", il explique : "En réalité les mêmes, s’ils gagnent cette partie, demanderont demain l’échange de seringues en prison, la prescription médicalisée d’héroïne, la dépénalisation de la drogue et la légalisation de sa production. Et des sommes énormes sont en jeu. Surtout que ce sont encore les mêmes associations qui s’occuperont de cette question, les mêmes associations qui percevront les subventions. Il y a aussi un business derrière ça". Et le député de conclure : "Il faut s’opposer à tous ceux qui habillent leurs revendications du faux nez de la science".

Evidemment la sortie de Jean-Paul Garraud a marqué. C’est rare que l’argument d’un supposé "business" des associations derrière la défense des salles de consommation à moindre risque soit avancé. "Il s’agit bien de sommes d’argent énormes qui sont en jeu. Celles qui ont été englouties dans cette politique prohibitionniste sans effet et dont les usagers, qui sont aussi des citoyens, sont les premières victimes", rétorque Anthony Brouard de AIDES." Aujourd’hui pour un euro investi dans la prévention, neuf euros sont engloutis dans la répression, avec le résultat et le coût social que l'on connait. Je rappelle aussi que si le Parti socialiste a ouvert ce débat des salles de shoot, ce sujet ne fait pas l’unanimité chez eux. En outre, depuis 5 ans, en Aquitaine, les crédits liés à la prévention ont baissé de 60%. Après je veux bien qu’on nous parle d’enrichissement…"
 

Commentaires

Portrait de servanne

Accepter l'ouverture de lieux tels que ceux-là, ne serait-il pas un moyen de garder sous les yeux une population encline à "passer à l'acte" par besoin d'argent ! pendant que Machin pique du nez ici on sait au moins qu'il n'est pas ailleurs à préparer une connerie !?
Portrait de serosud

...si les volontés politiques suivent, les salles de consommation de drogue devraient être des lieux d'approche inespérés de personnes qui ne se laissent que très difficilement approchées.