Santé : Sarkozy propose, le PS réplique

Publié par jfl-seronet le 25.04.2012
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Sécurité socialesanté en campagne 2012
Et voilà de nouveaux engagements ou de nouvelles promesses (chacun jugera) de la part de Nicolas Sarkozy. Cette fois, c’est sur la santé. Le candidat sortant veut économiser treize milliards dans ce domaine. Cette proposition et les mesures (d’économies) qui en découleraient ont fait réagir au PS.
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Le 5 avril, Nicolas Sarkozy a affirmé que les dépenses d'Assurances maladie n'augmenteront que de 2,5% par an jusqu'en 2017 s'il est réélu. Si on pose l’équation autrement, il faut donc trouver, d'ici à 2016, 13 milliards d'euros d'économies annuelles par rapport à la hausse spontanée des dépenses. Par exemple, la population prenant de l’âge, les besoins de santé (il y a plus de personnes atteintes de maladies chroniques) augmentent. Si on cite quelques chiffres plus détaillés. Nicolas Sarkozy évalue à 2,5 milliards d’euros la poursuite des efforts de bonne gestion à l’hôpital. Il entend aussi faire des économies (2 milliards d’euros) sur le parcours de soins pour les personnes âgées.


Sur le plan des économies, l’effort de guerre devrait venir de l'industrie du médicament, avec des baisses de prix (4 milliards d’euros d’économies escomptés) et des volumes (1,5 milliards d’économies attendues). Le médicament sera donc mis largement à contribution.
Nouveauté… pas si nouvelle, pour relancer les médicaments génériques, le candidat UMP supprimera le tiers payant aux personnes qui les refusent. La mesure est déjà en vigueur mais elle n’est pas appliquée avec rigueur. Là, il s’agit de donner un tour de vis. Enfin, grande marotte des derniers mois, la lutte contre la fraude sociale. Elle sera durcie.
Enfin, le candidat sortant mise toujours sur le développement de la carte vitale biométrique… dont il escompte une économie de 1 milliard d’euros…  Pourtant, cette mesure reste toujours contestée (du point de vue de son intérêt financier) par les experts. La mesure coûte très chère. "La mise en place d'une carte biométrique serait coûteuse, car elle impliquerait une visite en face-à-face pour chaque assuré avec un agent de sa caisse d'assurance-maladie", rappelait "Les Echos", récemment. Autre problème qui fait contester la mesure, c’est que la fraude à la carte vitale est limitée. "La fraude à la carte Vitale est moins importante quantitativement que les fraudes aux ressources ou aux actes, dans la mesure où notre système de protection sociale est très généreux : en bénéficient tout résident en situation régulière, mais aussi des étrangers en situation irrégulière, soulignait un ancien directeur de la Sécurité sociale, cité par "Les Echos" (8 mars 2012).
Autre mesure préconisée, un contrôle renforcé en matière d’arrêt de travail et de transports sanitaires (1,5 milliard d’euros d’économies attendu). Ah, puis sinon, c’est le grand retour du chantier de la dépendance.


Ce ne sera une surprise pour personne, mais le programme santé de la droite ne fait pas rêver le PS qui a sorti, pour l’occasion, le canon. "Nicolas Sarkozy a annoncé un programme d'austérité renforcée pour la santé et l'Assurance maladie, tire la députée Marisol Touraine, une des conseillères Santé de François Hollande dans un communiqué de presse, le 6 avril. La politique qu'il mène depuis 5 ans montre que ses intentions ne sont pas le rétablissement de la Sécurité sociale, mais bien sa mise en cause". "En effet, au cours des 5 dernières années, le déficit de l'Assurance maladie s'est creusé de manière dramatique, passant de 5 milliards en 2007 à 9,5 milliards en 2011. Seules des économies crédibles et des réformes structurelles permettront d'aller de l'avant, en conciliant rétablissement des comptes et qualité de la politique de santé des Français", diagnostique-t-elle.


"En annonçant des économies en matière de médicament, Nicolas Sarkozy oublie que, depuis qu'il est président, la part des médicaments génériques a stagné et reste très loin des résultats atteints par nos voisins européens, sans doute parce que Nicolas Sarkozy est resté timoré face aux laboratoires pharmaceutiques. En voulant taxer les Français qui les refuseraient, il semble imputer aux malades la responsabilité de cette évolution alors que c'est un choix politique qui lui incombe (…) A ce jour, 15% de la population renonce à se soigner pour des raisons financières et près d’un Français sur quatre hésite ou retarde le moment de le faire". Le PS éreinte aussi l’argument de la fraude. "Les montants annoncés par la droite sont fantaisistes. La chasse aux fraudeurs ne fait pas une politique responsable, quand on sait qu'en 2009, sur 150 millions d'euros récupérés par la répression des fraudes à l'Assurance maladie, seuls 11% proviennent de fraudes des assurés". Et fin de la charge : "Nicolas Sarkozy choisit de poursuivre la destruction de l’Assurance maladie".

Commentaires

Portrait de frabro

Voir l'article du quotidien du médecin qui commente le peu d'engagement des candidats sur ce thème : http://www.lequotidiendumedecin.fr/actualite/politique/la-sante-sujet-po... En effet (comme dirait une célèbre marionnette de médecin...) il va bien falloir tenir compte du nécessaire équilibre des comptes publics. Pour maintenir le système de prise en charge actuel, il faudra couper das d'autres pans des politiques publiques : le choix est difficile à faire, et encore plus difficile à annoncer en période électorale !
Portrait de guppy

bien nous trouver quelques franchises supplémentaires! Mais il y a quelque chose que je ne comprends pas, dans le "quotidien du médecin" il y a un sondage qui dit que 59% des lecteurs ont choisi Sarkozy comme favori pour le second tour. Les lecteurs, je suppose, sont pour la plupart médecins non? Ce n'est qu'un sondage, mais c'est étonnant quand même depuis 5 ans Sarkozy n'a cessé de "démolir" le système médical.