Sexe et genre : le Honduras montre l’exemple pour la santé des LGBTI

Publié par jfl-seronet le 23.04.2013
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Mondedroit des minorités

Le Honduras réforme son code pénal pour mettre fin aux violations des droits de l'homme basées sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre. L’ONUSIDA se félicite de cette avancée (5 avril).

Le Honduras franchit une nouvelle étape pour concrétiser la vision de l'ONUSIDA "zéro discrimination" se félicite l’organisme international. La raison de cette satisfaction ? Le Congrès du Honduras a récemment adopté une réforme du code pénal qui assurera une protection juridique contre la discrimination fondée sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre. "Il s'agit d'une étape historique pour les populations lesbiennes, gays, bisexuelles, transsexuelles et intersexuelles qui ont subi des violences largement répandues et accomplies en toute impunité au Honduras", a déclaré Donny Reyes, coordonnateur à d'Arcoiris, une ONG militant pour le respect des droits des LGBTI. "Notre droit à vivre libres et en paix a enfin été reconnu officiellement", a-t-il ajouté, cité par l’ONUSIDA. Le nombre considérable de morts violentes et de violations des droits de l'homme à l'encontre des populations LGBTI (près de 90 meurtres homophobes entre 2009 et 2012) a poussé Ana Pineda, ministre de la Justice et des Droits de l'homme, à promouvoir la réforme du code pénal. Selon le code modifié, constitue un délit avec circonstance aggravante la "discrimination avec haine ou mépris sur la base du sexe, du genre, de la religion, de l'origine nationale, de l'appartenance aux groupes autochtones et afrodescendants, de l'orientation sexuelle ou de l'identité de genre". Ce délit est passible d'une peine de prison de 3 à 5 ans et d'une amende. Ces peines augmentent en cas de crime violent.

Réduire la vulnérabilité au VIH

"Le code pénal modifié devrait améliorer l'accès aux services en relation avec le VIH, à l'éducation et à l'emploi des populations LGBTI. La discrimination, l'exclusion et la violence à l'encontre des populations LGBTI ont accru leur vulnérabilité à l'infection à VIH en les empêchant d'accéder aux services de santé, par crainte", avance l’ONUSIDA. Dans le pays, l'épidémie de VIH est particulièrement forte chez "les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, catégorie qui présente une prévalence du VIH de 9,9 %, contre 0,6 % pour la population générale". Un rapport récemment publié dans la revue "The Lancet" souligne que le risque d'être infecté par le VIH est d'au moins 50 fois plus élevé pour les personnes trans que pour les hommes et les femmes de la population générale, en raison des risques tant biologiques que structurels d'infection à VIH, comme l'exclusion sociale, la marginalisation économique et l'absence de réponse aux besoins en matière de soins de santé. "Cette législation donnera un meilleur accès aux populations LGBTI aux services en relation avec le VIH", a annoncé Nicole Massoud, coordonnatrice de l'ONUSIDA au Honduras et au Nicaragua. Dans un communiqué, l'ONUSIDA "félicite l'Etat du Honduras pour son engagement en faveur de la promotion et de la défense des droits de l'homme. A présent, le défi consiste à s'assurer que tous les professionnels sont convenablement informés et formés par rapport à ces nouvelles dispositions, afin de garantir que nous pourrons atteindre l'objectif de zéro stigmatisation et zéro discrimination".