Soins funéraires : discriminé-e-s à mort

Publié par jfl-seronet le 21.03.2014
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Droit et social

Dans un communiqué du 14 mars, l’Inter-LGBT demande, à l’instar de Jean-Luc Romero, au gouvernement d’accélérer le mouvement concernant la levée de l’interdiction des soins funéraires des personnes séropositives pour le VIH et les hépatites. Voici les arguments et demandes de l’Inter-LGBT.

"Depuis 1986, les soins funéraires de conservation sont refusés aux personnes séropositives au VIH/Sida ou à une hépatite virale. Bien qu’aucun cas de transmission n’ait été documenté depuis bientôt 30 ans, cette mesure qui vise à protéger les thanatopracteurs des risques de contamination est à l’inverse inefficace et hypocrite. Alors que de trop nombreuses personnes ne connaissent pas leur statut sérologique, alors que celui-ci n’est pas systématiquement présent sur les certificats de décès, cette exclusion ne donne qu’une illusion de sécurité quand il conviendrait d’appliquer les mêmes précautions à tous les corps.

Héritée des peurs d’un autre temps, les rapports et avis se succèdent (Haut conseil pour la santé publique, Conseil national du Sida, Défenseur des droits, etc.) et concluent qu’il convient d’interroger les conditions d’exercice de la thanatopraxie plutôt que le statut sérologique des personnes, le dernier en date étant le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales commandé par la ministre de la Santé. L’Etat ne peut maintenir cette discrimination violente dont sont victimes les personnes vivant avec le VIH ou une hépatite, ainsi que leurs proches, leurs familles et leurs conjoints dans leur travail de deuil. Alors qu’il y a urgence à agir pour les personnes concernées, mais aussi pour les thanatopracteurs, cette situation est inacceptable, incompréhensible et intolérable. L’Inter-LGBT condamne l’immobilisme des ministères concernés [Santé, Intérieur et Travail, ndlr]. Il n’est plus temps de nous contenter des bonnes intentions face à l’attentisme du gouvernement, il est aujourd’hui temps d’agir.

A quelques jours du Sidaction, nous demandons un engagement ferme, des actes, un plan d’actions précis sur ce sujet. L’Inter-LGBT se joint avec force à l’ultimatum lancé via une pétition en ligne à l’initiative de Jean-Luc Romero et demande en conséquence, un rendez-vous avec madame la ministre de la Santé et des Affaires Sociales ainsi que le monsieur le ministre de l’Intérieur et monsieur le ministre du Travail avant la fin du mois de mars pour enfin avancer et aller vers la levée de l’interdiction des soins funéraires dans les plus brefs délais.

Commentaires

Portrait de espoir2012hiv

effectivement c'est un problème moral et éthique ,c'est un problème récurrent de demande de certificat de non contagiosité .normalement c'est au medecin qui signe le certificat de décès et l' attestation  de non contagiosité  qui doit mentionné que mourir avec le vih n'est pas une source de contamination ni de contagiosité  ,un problème de formation  et d'information .malheureusement actuellement pour la majorité des medecins considèrent que mourir avec le HIV ,reste une source de contagiosité et voilà l'erreur.

on vit avec le VIH 24h/24h dans nos lieux de travail ,avec nos proches ,dans les transport ,dans les restaurants dans les cinémas et voilà juste après la mort on devient contaminant et dangereux  réflexion!!!!!!.

hypocrisie ou mauvaise information ?

Portrait de carasco jean-claude

J'ai vécu 17 ans avec mon compagnon qui est décédé à l'hôpital Bichat en 1994.
J'avais convenu avec lui qu'il ne resterait pas à la morgue de l'hôpital et qu'il aurait les soins funéraires qu'il souhaitait.
La loi, je me suis assis dessus. J'ai appelé une ambulance et j'ai sorti mon ami de l'hôpital "in extremis" (avec l'accord du médecin). Nous avons fait 100 kms pour rentrer chez nous. Le lendemain, j'ai commandé le préposé aux soins et pu répondre ainsi aux volontés de mon ami. Il souhaitait rester à la maison le temps nécessaire pour que nos amis puissent lui rendre un dernier hommage. 10 jours après, il a été enterré à Boulogne...Personne, je dis bien personne ne s'est opposée à ma manière de faire. A nous de ne pas se laisser discriminer. La Loi n'a pas se mêler de la vie privée et quand elle veut se substituer à notre vie, nous n'avons qu'à lui faire un bras d'honneur et faire comme nous voulons :-)

Portrait de espoir2012hiv

Bonjour carasco jc

votre ami il avait de la chance de t'avoir auprès de lui ,vous êtes un homme de caractère et vous savez ce que vous voulez ,ce n'est pas le cas de tout le monde .

je reste émerveillé par votre façon de parler de cet enterrement qui vous a  aider a faire votre deuil .

justement l'entourage et les proches ne doivent plus revivent ou passer par des combines pour pratiquer une action la plus simple donc les lois devraient êtres revus et pour que sa soit uniforme et homogène  applicable pour tout le monde  afin d’éviter les dérives .

je vous connais pas mais je ressent encore dans vos phrases une chaleur humaine dans vos mots et respect pour ce que vous avez fait .

Portrait de frederic16

Pourquoi puisqu on est mort.Moi Athé.AMITIE.Une pensée pour la personne suffit

Portrait de espoir2012hiv

BONJOUR,

effectivement vous avez le droit d'avoir cette opinion mais le problème il ne s'agit pas de toi ou de moi  mais d'un texte de lois et d'un droit tout simplement .

ne pas l'avoir c'est un problème, l'avoir et choisir de ne pas l'appliquer s'en est un autre problème .

on préfère que les politiques permettent  que ce texte de lois puisse voir le jour puis  à chacun de décider ce qu'il lui convient .

cordialement