Transactions financières et aide au développement : AIDES appelle Hollande à la cohérence

Publié par jfl-seronet le 10.10.2012
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TTFtaxe sur les transactions financières
"Quand on a pour ambition d'entrainer le monde vers plus de justice et de solidarité internationale, encore faut-il montrer l'exemple dans son propre pays", explique Bruno Spire, président de AIDES, dans un communiqué de presse (26 septembre). En cause ? Une récente intervention de François Hollande aux Nations Unies. Le sujet ? Le texte sur les transactions financières et l’aide au développement.
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"Lors de son allocution [26 septembre] à la tribune des Nations Unies, François Hollande a réaffirmé son engagement en faveur d'une taxe sur les transactions financières (TTF) "à l'échelle du monde" dont le produit doit être "affecté au développement et à la lutte contre les pandémies. A première vue, nous ne pouvons que nous réjouir d'une telle déclaration", explique AIDES. "François Hollande avait d'ailleurs déjà fait état de cette ambition en juillet dernier lors de son discours retransmis à la conférence internationale sur le sida de Washington".


Mais la joie est de courte durée. Car il y a un problème : "Aussi volontariste soit-elle, cette déclaration révèle une incohérence notoire entre les paroles présidentielles et les actes", note l’association. "Comment susciter un consensus international pour une taxe intégralement vouée à la lutte contre le sida, l'extrême pauvreté et le changement climatique, quand seuls 10% de la taxe française y sont consacrés ?", interroge AIDES en faisant écho aux annonces du gouvernement français. "La dernière mandature a été riche d'effets d'annonces de ce type. Et pour quel résultat ?", rappelle Bruno Spire. Pour AIDES : "Si François Hollande veut être crédible sur la scène internationale et se donner une réelle chance de mettre en place cette TTF "à l'échelle du monde", il doit montrer l'exemple dès aujourd'hui. Nous l'appelons à faire preuve de cohérence en affectant la majeure partie de la taxe française au développement et à la lutte contre le sida. Le projet de loi de finances 2013 sera présenté ce vendredi 28 septembre au Parlement. Il n'est pas trop tard !"


Même son de cloche chez Oxfam France au discours de François Hollande devant l’Assemblée générale des Nations unies. L’ONG indique dans un communiqué  (27 septembre) que "si la France souhaite réellement provoquer un effet d’entraînement, elle doit tout d’abord éviter les coupes budgétaires en matière d’aide au développement et affecter la majorité de la taxe française au développement et à la lutte contre le changement climatique. Seul un acte politique clair lors des débats budgétaires au Parlement parlera. Le discours enflammé du Président Hollande, aux Nations unies, sur la mise en place d’une taxe sur les transactions financières en faveur du développement, est en totale contradiction avec le projet de budget français 2013. La France se veut exemplaire en matière de solidarité internationale à New York mais, à Bercy, elle coupe certaines subventions aux pays pauvres", critique Sébastien Fourmy d’Oxfam France. "En l’état, la taxe sur les transactions financières française ne répond à aucun des objectifs affichés : la spéculation n’est pas freinée et le financement du développement passe aux oubliettes. Dans tous les cas, les 10 %, au minimum, de la taxe sur les transactions financières promis au développement ne sont qu’une goutte d’eau face au défi d’atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement. Pire, selon nos informations, ces 10 % seraient utilisés pour compenser une baisse attendue de l’aide publique au développement", explique l’ONG.