Trod VHB : quatre ans d’attente et rien !

Publié par jfl-seronet le 20.08.2020
1 453 lectures
Notez l'article : 
5
 
ThérapeutiqueVHBhépatite BTrod

« Trod VHB : à quand le décret autorisant les associations à les réaliser ? » Tout est dit dans le titre de ce communiqué, publié le 28 juillet par le TRT-5 et le Collectif Hépatites virales (CHV). Il s’agissait pour les deux associations de mettre un peu la pression aux autorités sanitaires françaises à l’occasion de la Journée mondiale contre l’hépatite (le 28 juillet dernier).

Malgré la disponibilité d’un vaccin contre le VHB (hépatite B), cette infection demeure aujourd’hui encore un enjeu majeur de santé publique puisqu’en France environ 280 000 personnes sont porteuses chroniques du virus, et « que plus de la moitié (55 %) d’entre elles l’ignorent ». De surcroît, le VHB est responsable d’environ 1 300 décès par an (1). En juillet 2016 déjà, la Haute autorité de santé (HAS) recommandait l’utilisation des tests rapides d’orientation diagnostique (Trod) du VHB, « en association aux Trod du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) et du virus de l’hépatite C (VHC), comme des outils de dépistage complémentaires au dépistage biologique à destination des populations à risque éloignées des structures d’accès commun, et notamment en milieu médico-social et associatif … »

Dans leur communiqué, les deux collectifs rappellent que « l’impact du rôle des associations dans le déploiement de stratégies combinées de prévention, ainsi que le bénéfice avéré du Trod communautaire sur la prévention des épidémies de VIH et les hépatites plaident pour la multiplication des outils mis à disposition des associations ». Cette stratégie est d’ailleurs « dessinée par la stratégie nationale de santé sexuelle », stratégie qui reconnaît « l’expertise des associations communautaires habilitées au dépistage, dans le lien avec les populations les plus vulnérables aux épidémies et éloignées des acteurs du droit commun, telles que les populations de travailleurs-ses du sexe, les personnes trans, les migrants-es et les personnes précaires ».

Tout cela rend « évident l’élargissement de l’autorisation à dépister ». Pourtant ce n’est pas tout à fait ce qui se passe : il manque toujours le décret autorisant les associations habilitées à réaliser les TRrod VHB.

« Ce décret sera un pas supplémentaire, et nécessaire, vers la prise en compte des plus vulnérables dans les stratégies nationales de santé, ainsi qu’un outil essentiel au développement d’accompagnements globaux, intégrant des outils allant de l’information au dépistage, et à l’accompagnement vers la vaccination ou le traitement », avancent les deux collectifs.  On sait que les études de l’impact du dépistage par Trod sur le lien vers le soin sont encourageantes puisqu’elles mettent en évidence le fait que les personnes dépistées par ce moyen sont orientées vers une prise en charge à un niveau équivalent à celui observé en cas de dépistage biologique standard. « Il suffit pour cela qu’une coordination existe entre les différentes structures impliquées dans le dépistage, et celles impliquées dans le soin, et le médico-social ».

Il sera surtout une conclusion à un délai d’attente particulièrement long. En effet, quatre ans après la recommandation de la HAS, il n’y a toujours rien ! Pour le TRT-5 et le CHV, il est « URGENT d’autoriser les associations à utiliser des Trod VHB alors que, via leurs actions de dépistage, elles ont démontré leur savoir-faire et leur efficacité : pour lutter contre le VIH et VHC et rapprocher du système de santé les populations les plus touchées qui se trouvent être dépourvues de moyens pour lutter contre l’hépatite B ».

(1) : Haute autorité de santé (HAS) - Recommandations en santé publique : place des tests rapides d’orientation diagnostic (Trod) dans la stratégie de dépistage de l’hépatite B – Juillet 2016.

Commentaires

Portrait de Lowie

J'ai pris connaissance de l'article . Je me suis aussi informé auprés de l'association AIDES de ma localité quant à la pratique de dépistage par ce moyen . Toutes les informations qui sont données , l'interprêtation du résultat ....ect .

Les chiffres donnés sont alarmants pour le VHB ainsi que pour le VIH . Le dépistage ,  solution incontournable pour pallier à l'urgence . L'argumentaire me convainc et j'adhère aux campagnes de dépistage . J'été convaincu avant la lecture de l'article lorsque j'avais appris que nous pouvions être porteur sans présenter de symptômes et rester des agents potentiellement transmetteurs à notre insu . Dans ma situation je fais allusion à ma S+ .

L'argument qui m'interroge est celui des populations auxquelles il s'adresse ( migrant(e)s , travailleur(se)s du sexe , trans , personnes précaires . ). Lors de la sortie de ce moyen de dépistage j'ai testé sa fiabilité ( fiable pour un risque de plus de 3 mois , laboratoire 6 semaines . ) . Il a bien révélé ma S+ . Je l'étais depuis plusieurs années . Prix : 29,90 non remboursé , je testais uniquement la " fiabilité ". Risques de moins de 3 mois , voyage dans l'inconnu . Le Trod , pour être valable , néccéssite un contre-test celui-ci éffectué dans un laboratoire d'analyses anonyme ou pas  pour confirmer le résultat . Ladite  population " la plus vulnérable " venant se faire dépister par le moyen du Trod sera pour confirmation du résultat orientéé obligatoirement vers une structure médicale dont elle était sensée en être éloignée. Oui ? Non ?

Le Trod est me semble-t-il pris en charge à 100% . Ces populations soient venant vers les associations  où les associations allant à elles , ne serait-il pas plus économique et juditieux de les orienter vers les laboratoiresen première intention plutôt que de faire un Trod qui néccéssitera finalement cette orientation ? Il y a un " je ne sais quoi " qui manque à l'argument " population vulnérable " . " à risques" j'avais loupé l'expression dans l'article .

L'expression " à risques" n'est-elle pas quelques part stigmatisante ? Tout acte sexuel non protégé , toutes orientations sexuelles confondues en l'absence de la connaissance de la sérologie en général n'est-il pas à " risques " ? Réduire cette qualification à certaines populations , dans ma compréhension que j'ai du terme " discrimination " , me semble limite .

Bien à vous . Lohic .