UMP : 10 ans d’une politique gauche

Publié par Mathieu Brancourt le 19.09.2011
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UMPAct UP-Paris
Il y a des bilans qui font mal au cœur. Force est de constater, après une décennie de gouvernance, que le poids de la politique sociale et de santé publique de l’UMP est lourd, sur les épaules des plus fragiles. Droits, accès aux soins, lutte contre toutes les discriminations, l’audit réalisé par Act Up-Paris, publié sur leur blog hébergé par Mediapart, n’est pas tendre, envers un gouvernement qui ne l’est pas non plus.
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Le moins que l’on puisse dire, c’est que le mandat de Nicolas Sarkozy, qui avait pu susciter quelques espoirs dans un changement de regard vis-à-vis des minorités, n’a pas tenu ses promesses. C’est ce que rappelle, de manière fort claire et exhaustive, le blog participatif d’Act Up-Paris hébergé par le site d’information Mediapart. Ce dernier dresse un bilan amer des neuf années passées, reprochant aux gouvernements de droite successifs d’avoir accentué une ligne politique conservatrice, qui, au-delà de stigmatiser, participe à un "désastre sanitaire", voire social. Depuis l’apparition du PaCS en 1999, il n’y a eu, en effet, aucune avancée significative des droits de la communauté LGBT. Mariage homosexuel, adoption, gestation pour autrui, statut juridique pour le partenaire en cas de décès : rien ! Pire, les propos homophobes des politiques, renvoyant aux pires amalgames ne choquent que peu ou plus (zoophilie, pédophilie, etc.). "Les quelques mesures destinées à lutter contre l'homophobie (décret pour de la prévention à l'école, pénalisation des injures homophobes) ont été réduites à néant par la haine publique de responsables UMP et le soutien tacite que leur ont apporté Nicolas Sarkozy et les responsables du mouvement", affirme l’association. Le récent "débat" sur l’introduction de la notion d’identité sexuelle dans les livres scolaires et la réaction de la Droite populaire n’en est d’ailleurs qu’un des innombrables exemples. La question des personnes transsexuelles, malgré de modestes avancées, est aussi grandement éludée, provoquant la désespérance des personnes réclamant le respect de leurs droits humains les plus fondamentaux. Les travailleurs et travailleuses du sexe, depuis la loi sur le racolage passif de 2003, se retrouvent précarisés, isolés voire discriminés dans leur accès aux droits, aux soins et à la prévention. Mis au ban, les prostitué(e)s sont les victimes d’une politique sécuritaire qui ne les protègent nullement. Idem pour les consommateurs de produits, pour qui toutes les études scientifiques, allant dans le sens d’un changement d’orientation sur la politique des drogues, se heurtent aux arguments moraux, réactionnaires et électoralistes d’une droite, sûre de ses "principes". "Cette répression a des conséquences maintes fois décrites et dénoncées sur la précarité des personnes, l'accès à la prévention, aux droits et aux soins", condamne également Act Up-Paris. Pour eux, oublier l'expertise, c'est se contenter du médiocre... Tout cela dans une France qui semble se recroqueviller sur elle-même, regardant "l’autre" avec méfiance, haine ou indifférence.
La situation des étrangers, notamment ceux qui sont malades, a pris de plein fouet ce virage aux accents xénophobes de cette droite. L’article d’Act Up-Paris parle de "haine des minorités" et rappelle en outre "qu’il n'y a pas eu une année où nous n'ayons eu à combattre  une loi, parfois plusieurs, portant atteinte aux droits des sans-papiers et des personnes étrangères. 9 ans après, l'Aide médicale d'Etat, la couverture maladie des sans-papiers, est payante, le titre de séjour pour soins est réservé à la discrétion des préfets : les acquis de la lutte contre le sida ont été balayés. Ces mesures auront un impact néfaste sur la santé publique. Par ailleurs, l'UMP a fait le choix de renvoyer chez elles des personnes qui vont y mourir, faute de soins". Et cela malgré les grognements d’une opposition choquée, mais jamais suffisamment unie pour faire plier le gouvernement. Et même si ? Comment comprendre l’entêtement à vouloir stigmatiser les étrangers malades, les rendant responsables de la situation économique, du déficit de la Sécurité sociale ou de la délinquance ? Le discours se radicalise et flirte ainsi avec nos pires cauchemars. La terre d’asile devient oasis, et l'oasis n'est plus qu'un mirage…
La loi HPST (Hôpital, Patient, Santé, Territoires) a fait entrer des logiques de rentabilité au sein même des lieux où la santé devrait garder sa primauté. Plus globalement, ce sont toutes les avancées sociales obtenues de haute lutte pour reconnaître les droits des personnes malades, qui vacillent devant les coups de boutoir. Toucher des minimas sociaux devient honteux, scandaleux dans une société où le droit à la santé devient presque devoir de bonne santé. L’Allocation adulte handicapé (AAH) certes régulièrement revalorisée, reste en dessous du seuil de pauvreté, empêchant les personnes touchant cette seule prestation de vivre décemment.
Face à une crise, que les précaires subissent le plus fortement, et dont on veut nous faire croire qu’ils en freinent la fin, les pays dits développés s'unissent dans la frilosité. Nicolas Sarkozy a décidé de geler cette contribution l'année même de son élection, avant le début de la crise financière mondiale qui lui servira ensuite d'alibi pour justifier ses choix politiques. L'année dernière, cette contribution augmentait d'à peine 20 %, alors qu'un triplement était nécessaire pour tenir la promesse qu'il avait faite lors de sa campagne d'assurer l'accès universel aux traitements, assure l’article du blog. Malgré la mise en place un Plan national de lutte contre l'épidémie de VIH/sida et les IST 2010-2014, "la lutte contre le sida est de moins en moins financée. Le soutien à la recherche et aux actions associatives périclitent. Ces dernières années ont été particulièrement difficiles, notamment pour les petites associations, avec la mise en place des ARS [Agences régionales de santé, ndlr], une diminution de leur enveloppe [budgétaire, ndlr], et un arbitraire total dans le choix des montants des subventions et de leurs bénéficiaires", affirme l’article. Les idées alternatives, comme la taxe sur les transactions financières, restent elles (belles) lettres mortes.
Act Up-Paris est, à ce jour, la première organisation de lutte contre le sida à réaliser cet audit de la politique menée par l’UMP, et cela avant l’échéance présidentielle de 2012 et les législatives qui suivront. Son blog, qui veut "Battre la campagne", concernant la lutte contre le sida, et plus généralement la situation sanitaire et sociale depuis une décennie, place l’un des principaux enjeux de l’élection de mai prochain. Pour l’association, "le bilan de l'UMP est donc sans appel : c'est un désastre. Neuf ans d'obscurantisme au pouvoir ont imprégné la société, et le dénoncer est l'un des enjeux de la campagne". Le choix de l’élu sera donc décisif, quant au refus, ou non, d’un système qui repose sur de nouvelles notions, telles que la rentabilité du système de santé en faisant tout particulièrement des personnes malades les principaux financeurs du système. Ce choix idéologique, s’il se poursuit, laisse craindre l’apparition (si ce n’est pas déjà le cas), d’une médecine à double vitesse, entre ceux qui pourront payer leurs soins et ceux, qui ne le pourront pas ou plus.

Commentaires

Portrait de drive

"Le moins que l’on puisse dire, c’est que le mandat de Nicolas Sarkozy, qui avait pu susciter quelques espoirs dans un changement de regard vis-à-vis des minorités, n’a pas tenu ses promesses". J'suis pas d'accord : les très riches, une minorité qui tient a coeur à Nicolas Sarkozy, se porte de mieux en mieux. Ils sont pas déçus de leur vote, eux. Et si DSK avait été élu, s'aurait été la même chose. Y'a qu'a voir comment les grecs sont rincés depuis le pasage de DSK au FMI. Ils mangent pas des pates au truffes, les grecs qui sont taxés +++++ ils vont surtout bientot se révolter et les votes soit disant démocratique feront pschitt et le FMI à la poubelle