Un abécédaire de la RDR

Publié par jfl-seronet le 21.06.2021
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Produitsdrogues

La réduction des risques (RDR) est une approche politique fondée sur la santé publique et les droits humains. Elle a été développée à partir de la lutte contre le sida. Elle s’est enrichie, au fil des ans, de nombreux termes, de nombreuses initiatives, structures et notions. Seronet a fait sa sélection, garanti avec partis pris.

A comme Addictologue
L’addictologie désigne la spécialité médicale à la croisée de toutes les disciplines s’intéressant à l’homme et à ses conduites. L’approche se veut commune, scientifique, clinique, mais aussi politique, à propos de l’ensemble des conduites addictives. En France, l’addictologie s’est développée en regroupant les professionnels-les des champs de l’alcoologie, de la tabacologie, de la toxicomanie. L’idée étant de ne plus s’intéresser à un produit, mais plutôt aux comportements de consommation de manière plus générale. Le médecin addictologue propose à son-sa patient-e des stratégies afin de réduire ou arrêter sa consommation de produits psycho-actifs, souvent en lien avec un suivi psy.

A comme Amende forfaitaire délictuelle (AFD)
En France, depuis septembre 2020, le délit d’usage de stupéfiants peut faire l’objet d’une amende forfaitaire de 200 euros. Cette approche répressive – ou contraventionnalisation - risque d’accentuer et d’aggraver les échecs en matière de politique publique des drogues. Elle isole un peu plus notre pays sur la scène internationale à l’heure où de nombreux États ont revu leur politique au bénéfice d’une régulation, par la dépénalisation ou la légalisation.

A comme Analyse 
L’analyse de drogue a pour objectif d’informer sur les produits consommés et leur composition. Plusieurs techniques existent et sont disponibles via les associations de réduction des risques ou le dispositif de veille sanitaire. La nature des résultats – qualitatif ou quantitatif – ainsi que les délais de rendu diffèrent selon la méthode utilisée. Aujourd’hui, l’analyse de drogue représente un véritable outil de réduction des risques et est inscrite dans la loi de modernisation de notre système de santé. En donnant des informations claires aux usagers-ères sur la qualité, la composition, le taux, la pureté des produits qu’ils-elles consomment, cela permet également aux intervenants-es de leur prodiguer des conseils adaptés à leurs pratiques. Cet outil est également complémentaires des autres outils de RDR

B comme Basage
On appelle basage le processus chimique de nettoyage et de purification du chlorhydrate de cocaïne (forme poudre) en cocaïne base (forme base). Le chlorhydrate de cocaïne est écrasé, mis dans une cuillère à soupe, et ensuite mélangé à de l'ammoniaque diluée (technique la plus répandue car la plus simple), du bicarbonate de soude mélangé à de l'eau (moins répandu car les dosages doivent être exacts), ou de l'éther éthylique (ancienne technique qui n'est plus utilisée, car trop toxique). Le tout est chauffé, transformant la poudre en base solide. Le caillou obtenu est ensuite rincé avec de l’eau, puis cassé en petits morceaux prêts à être fumés avec une pipe. On appelle cette forme de cocaïne : free-base.

C comme Caarud
Les Centres d'accueil et d'accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues (Caarud) ont été créés par la loi de santé publique du 9 août 2004  et mis en place dans tous les départements français à partir de janvier 2006. Ce sont des structures médico-sociales financées par la sécurité sociale. Les principales missions (fixées par un décret de 2005) sont l’accueil collectif et individuel, l’information et le conseil personnalisé, le soutien aux usagers-ères dans l’accès aux soins qui comprend l’aide à l’hygiène, l’accès à des seringues propres et des kits d’injection et l’accès aux soins de première nécessité, l’orientation vers le système de soins spécialisés ou de droit commun, l’incitation au dépistage des infections transmissibles, etc. Les Caarud participent également au dispositif de veille en matière de drogues et d’usage de drogues.

C comme Cathinones
La cathinone est un stimulant provenant des feuilles du khat, un arbuste africain, dont elle constitue le principe actif. Elle possède des caractéristiques proches de celles des amphétamines. Parmi les cathinones les plus courantes (qui sont des produits de synthèse), on peut citer la 3- MMC (3 Methyl-Meth-Cathinone), la 4-MEC (4 Methyl-Eth-Cathinone), le bupropion, la méthcathinone, la MDPV, et la plus puissante des cathinones, l'Alpha-PVP (flakka). Parmi les effets les plus courants, les cathinones procurent euphorie, bien-être, désinhibition, augmentation de l'endurance et du plaisir sexuel (voir Chemsex, en page XX). Elles sont notamment utilisées dans le cadre de plans chemsex. Leur consommation entraîne : accoutumance rapide, diminution de l’appétit et de la capacité à ressentir la fatigue, effets dépressifs, accidents cardiaques et neurologiques, décès par overdose.

C comme Chemsex
Le chemsex ou « sexe sous drogues » (contraction des mots anglais chemical pour « chimique » – et sex). C’est l'usage de produits psychoactifs en contexte sexuel.

C comme Chillout
Lancée en novembre 2016 au Spot Beaumarchais, lieu de AIDES dédié à la santé sexuelle, la soirée Chillout est un groupe d’auto-support qui se retrouve toutes les semaines et qui est destiné aux hommes gays ou bisexuels en questionnement ou en difficulté avec leur consommation de produits psychoactifs en contexte sexuel (chemsex). La soirée existe toujours en 2021. Mais le Chillout, ce n’est pas que cela. Apparu dans les années 90 au sein des premières raves, le chill-out est un élément essentiel des évènements de la scène techno. C’est un lieu de repos, mais aussi de convivialité et de réduction des risques, pour se reposer, parler, s’informer.

C comme CND
La Commission des stupéfiants (de l'anglais Commission on Narcotic Drugs ou CND) est le principal organe de prise de décisions au sein du système international des Nations Unies pour le contrôle des drogues. La CND est un organe majeur de la prohibition des drogues dans le monde, en ce sens que les pays membres ont fondé leurs législations nationales sur les trois principales conventions sur les stupéfiants, adoptées respectivement en 1961, 1971 et 1988 par ladite commission. Leur objectif : limiter la production et le commerce de substances psychotropes synthétiques en établissant des listes toujours plus fournies de ces substances à des fins d’interdiction.

C comme Crack
Il existe deux modalités bien distinctes de consommation de cocaïne basée en France : la free-base (voir basage) et le crack. Leurs différences se situent essentiellement dans l’agent de basage utilisé, la population d’usagers-ères et l’image du produit. Le crack désigne le plus souvent la cocaïne basée au bicarbonate de soude, mélangée lors de sa cuisson avec d'autres produits afin d’en augmenter le volume pour la vente. Arrivé en France à la fin des années 1980, il est aujourd’hui très consommé sur des scènes ouvertes dans le nord-est parisien et à Saint-Denis (Île-de-France). C'est du fait qu'il est mélangé et donc moins pur que la cocaïne base ou free-base, que le crack est vendu dans la rue au tiers ou au quart du prix de la cocaïne ; ce qui explique son succès parmi les personnes en situation de précarité. Le terme galette est le plus souvent utilisé par les consommateurs-rices pour parler du produit, le mot crack ayant une connotation négative à leurs yeux. Le mot « crack » vient du craquement qu’on entend lors du processus de basage de la cocaïne.

C comme Csapa
Créés par la loi du 2 janvier 2002, les Centres de soins, d'accompagnement et de prévention en addictologie (Csapa) rassemblent dans un cadre juridique unique les anciens CCAA (Centres de cure ambulatoires en alcoologie) et les CSST (Centres de soins spécialisés pour toxicomanes). Ils prennent en charge les personnes en difficulté avec les substances psychoactives, licites ou non, y compris le tabac, l’alcool et les médicaments détournés de leur usage. En 2007, un décret a précisé les missions des Csapa dont « l’accueil, l’information, l’évaluation médicale, psychologique et sociale et l’orientation de la personne ou de son entourage », « la réduction des risques associés à la consommation de substances psychoactives » ou encore la « prise en charge médicale, psychologique, sociale et éducative qui comprend diagnostic, prestations de soins, accès aux droits sociaux, aide à l’insertion ou à la réinsertion ».

D comme Dasri
Ce sont les déchets d'activités de soins à risques infectieux et assimilés, dont ceux liés à la consommation de drogues, par injection ou sniff. Autrement dit, les matériaux, coupants, tranchants, piquants, les déchets mous (compresses, pansements, tec.), tous les objets souillés par du sang ou un autre liquide biologique. Ceux-ci doivent être placés dans des conteneurs adaptés de couleur jaune. La production, le stockage, le transport et l'élimination des déchets d'activités de soins à risques infectieux sont réglementés par l’arrêté du 7 septembre 1999.

D comme Dépénalisation 
La dépénalisation signifie que l’on sort du champ pénal, il n’y a plus d’infraction et la police ne peut plus verbaliser les usager-ères de drogues. Les infractions à la législation sur les stupéfiants n’est plus un délit. On la confond souvent avec le terme décriminalisation qui est un anglicisme car les infractions à la législation sur les stupéfiants en France ne sont pas des crimes mais des délits.

D comme Détenus-es
Les personnes détenues en France forment une population majoritairement d’hommes (96,4 %), de nationalité française (77,7 %), jeune (âge médian de 31,9 ans, près d’un quart ont moins de 25 ans) et défavorisée sur le plan économique et social. En 2011, près de la moitié des personnes détenues étaient sans diplôme et 12% étaient en situation d’illettrisme. « En ce qui concerne plus spécifiquement les risques infectieux, le milieu pénitentiaire concentre une population particulièrement concernée par l’usage de drogues par voie intraveineuse ou par inhalation, conséquence des politiques pénales conduites depuis près de cinquante ans en matière de répression de l’usage et du traficde substances illicites », rappelle le Conseil national du sida et des hépatites virales dans un rapport. En 2003, un « tiers des entrants en prison déclaraient une utilisation active et prolongée d’au moins une drogue illicite dans les 12 mois précédant leur incarcération et plus de 10% étaient poly-consommateurs ». Une enquête menée en 2004 auprès de personnes fréquentant des Caarud et Csapa, montrait que 61 % des usagers-ères participants-es à l’étude avaient au moins un antécédent d’incarcération. Parmi eux-elles, 12 % avaient eu recours à l’injection en détention, dont 30 % avaient partagé leur matériel d’injection dans ce contexte.

E comme Égus
Les États généraux des usagers-ères de substances (Égus) sont organisés depuis 2004 par l’association d’auto-support Asud. Chaque année, les acteurs-rices de la réduction des risques, les usagers-ères et l’ensemble des partenaires associatifs et institutionnels se retrouvent à cette occasion. Les Égus sont, à chaque fois, l’occasion d’ouvrir le dialogue sur des sujets variés autour de la consommation de produits et de faire le point sur l’avancée des politiques de RDR. Cette année, pour sa 11e édition – et première en virtuel – les Égus avaient pour thématique : « J’en prends, j’en ai pris, j’en prendrai (peut-être) » et s’intéressaient particulièrement à la consommation en temps de Covid-19.

F comme Fentanyl
Le fentanyl est un analgésique opioïde dont le potentiel vaut environ 100 fois celui de la morphine. Il a une courte durée d’action. Une dépendance se développe rapidement. Lorsque l’usage de ces produits est interrompu, des symptômes de manque apparaissent. Des interactions sérieuses peuvent se produire lorsque les fentanyls sont mélangés à l’héroïne, la cocaïne, l’alcool et d’autres dépresseurs du SNC comme les benzodiazépines. Il a été signalé que l’utilisation d’inhibiteurs des protéases du VIH, comme le ritonavir, augmente les taux plasmatiques en réduisant l’élimination du fentanyl co-administré. C’est un des médicaments impliqués dans la crise des opioïdes aux États-Unis : 50 000 décès par an dans le pays.

F comme Fibroscan
Le Fibroscan est une approche non invasive permettant d’évaluer la fibrose du foie (fibrose hépatique), en mesurant le degré d’élasticité du foie grâce à une sonde d’échographie adaptée. L’examen est totalement indolore et rapide (quelques minutes seulement) et ressemble à une échographie. Dès la fin de l’examen, les résultats peuvent être interprétés par un-e médecin et rendus à la personne. Cet examen est fréquemment utilisé dans la prise en charge et le suivi des personnes atteintes d’hépatites chroniques telles que l’hépatite C ou l’hépatite B.

F comme Filtration
La filtration du produit constitue le moyen le plus efficace pour réduire la transmission de germes et poussières lors de la pratique d’injection. Des filtres de cigarette, filtres coton artisanaux ou distribués dans un emballage stérile, filtres à membrane sont utilisés. Des études ont montré que les filtres à membrane dénommés toupie sont plus performants que les autres pour éliminer les germes les plus courants et retenir un plus grand nombre de micro-organismes.

I comme Info Chemsex
Groupe privé Facebook animé par l'association AIDES et dédié à l’information sur la réduction des risques liés au Chemsex.

K comme kit+
Les kits d'injection Steribox2© ou Kit+ proposent du matériel stérile nécessaire pour la réalisation de deux « shoots propres » : deux seringues, deux cuillères ou cups, deux filtres, deux tampons secs, deux tampons alcoolisés, deux flacons d'eau stérile 5ml et un préservatif, accompagné d'une notice. Le Steribox2 est distribué en pharmacie (au prix conseillé de 1 euro), et le Kit+ est distribué dans les Caarud, Csapa, dans les programmes d’échanges de seringues (PES) et dans les automates (Totems).

L comme Légalisation
La légalisation signifie qu’on arrête d’interdire la circulation des produits stupéfiants et que l’on ramène sous le contrôle de la loi des activités qui étaient précédemment illégales. Pour autant, cela ne veut pas dire qu’il n’y a plus de règles - d’où le terme plus approprié de régulation. Concernant les drogues, la légalisation cherche à contrôler l’offre : la production, la culture ou la vente de substances. L’achat, la consommation et la possession sont également régulées et encadrées, comme l’alcool ou le tabac. Les infractions à la nouvelle loi sont toujours passibles d’une réponse pénale.

N comme Naloxone
La naloxone est un antidote temporaire aux overdoses aux opiacés. Elle doit être administrée en urgence, dès qu’on suspecte qu’une personne est victime d’une surdose d’opioïdes. Quand on administre la naloxone à quelqu’un-e, il faut systématiquement appeler les secours. Son action est de courte durée et sert à attendre les secours et non à les remplacer. La naloxone est disponible actuellement sous format d’injection intramusculaire (Prenoxad) et devrait être à nouveau disponible dans les prochains mois en pulvérisation intranasale. La naloxone est disponible gratuitement auprès des Caarud, des Csapa et des dispositifs de RDR à distance. Elle peut également se trouver en pharmacie avec ou sans ordonnance.

N comme Narcotiques Anonymes
Sur le modèle des Alcooliques Anonymes, Narcotiques Anonymes fût créée en 1953 aux États-Unis, et en 1984 en France. La structure se définit comme « une fraternité ou une association à but non lucratif, composée d’hommes et de femmes pour qui la drogue est devenue un problème majeur ».

O comme ODU
L’Observatoire du droit des usagers (ODU) est un projet porté par l’association d’auto-support d’usagers de drogues (Asud), agrée depuis 2007 pour représenter les patients-es accueillis-es par des structures de soins. Dans un contexte de prohibition, les soins que l’on peut apporter aux usagers-ères rencontrent certaines limites : hétérogénéité de l’éthique des soignants-es vis-à-vis des questions de drogues, peur de tomber sous le coup de la justice, limites des textes de loi qui encadrent les politiques de RDR, etc. L’ODU se veut un outil de réappropriation de la citoyenneté des usagers-ères de drogues, en observant les problèmes qu’elles et ils rencontrent.

O comme OFDT 
Créé en 1993, l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) est un groupement d’intérêt public qui éclaire les pouvoirs publics, les professionnels-les du champ et le grand public sur les drogues et les addictions. Ce dispositif mène des enquêtes visant à informer sur : les  produits consommés, les modes de consommation, les réponses publiques, l’évolution des marchés, etc.  L’OFDT est l’un des relais nationaux de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (EMCDDA) qui a pour mission de fournir des informations objectives fiables et comparables au niveau européen sur le phénomène des drogues illicites et des toxicomanies et leurs conséquences.

O comme Overdose Awarness Day
The Overdose awarness Day ou Journée internationale de sensibilisation aux surdoses se tient chaque 31 août. Elle se donne pour objectif de rappeler que les décès par overdoses sont évitables et qu’il est primordial pour cela de sensibiliser aux risques de surdoses, à la reconnaissance de ces épisodes, à l’utilisation des antidotes aux opiacés, mais également de réduire la stigmatisation des décès liés à la drogue. Cette journée est une occasion de sensibiliser sur les enjeux de RDR et de rappeler les outils disponibles pour lutter contre les overdoses, notamment via la distribution de naloxone. A l’échelle internationale, la coordination de cette journée de mobilisation passe par une plateforme qui met à disposition diverses ressources pour appuyer les actions.

P comme PES 
Les programmes d’échanges de seringues (PES) ont démarré en France à titre expérimental en 1989. Ils existaient déjà dans de nombreux pays : Pays-Bas, Australie, Grande-Bretagne, etc. Ils font officiellement partie de la politique de RDR en France depuis 1995. Les PES n’ont jamais pu être mis en place en prisons en France, malgré les recommandations d’experts-es, la réussite d’exemples étrangers (Australie, Espagne, Moldavie, Roumanie, Allemagne, Luxembourg, Tadjikistan, Kirghizistan, Suisse, etc), les promesses… Et cela faute d’un engagement politique fort. Alors que l’outil serait très utile : la prévalence du VIH en prison est deux à quatre fois supérieure à celle de la population générale. Celle de l’hépatite C est de cinq à huit fois supérieure.

P comme Prohibition
C’est une interdiction générale et absolue édictée par la loi. En matière de drogues, elle proscrit leur usage, leur commerce et leurs productions sous peine de sanctions répressives. La prohibition n’exclut pas la production et l’usage de drogues dans un cadre scientifique ou thérapeutique réglementé.

P comme PsychoACTIF
Créé en 2006, PsychoActif est une plateforme d’auto-support en ligne sous forme de forum qui vient répondre à l’absence de groupe de parole d’usagers-ères actifs-ves de l’époque. Au fur et à mesure de son évolution, PsychoACTIF s’est constitué en association. Son but est d’offrir à tous-tes les usagers-ères la possibilité de s’informer, de communiquer et d’échanger sur leurs pratiques et leurs consommations ; de faire changer le regard des pouvoirs publics et de la population générale sur les personnes usagers-ères de produits ; de faire remonter les informations aux pouvoirs publics et aux professionnels-les de santé sur les pratiques et les besoins des personnes consommatrices.

R comme Réduction des risques (Harm reduction)
Le début des années 90 marque l’arrivée du concept anglo-saxon de « Harm reduction » ou réduction des dommages ou des risques liés à la consommation de drogues ou encore RDR. Cette démarche pragmatique et de santé publique consiste à soutenir les personnes et trouver avec elles des solutions adaptées à leurs pratiques et dans le respect de celles-ci, afin de réduire les risques de contamination et/ou de transmission du VIH et des hépatites. La réduction des risques liée à la consommation de drogues repose sur quatre fondamentaux : donner aux usagers-ères de drogues les moyens de réduire les risques auxquels ils-elles sont exposés-es ; faire participer les usagers-ères de drogues à leur prévention ; faire évoluer les représentations sociales les concernant ; sensibiliser les professionnels-les et améliorer les lois et dispositifs en place.

S comme Sang d'Encre
Sang d’Encre est une revue d’information et d’expression collective portée par l’association Nouvelle Aube. Elle aborde les questions liées à la santé et aux modes de vie précaires à travers des écrits, des interviews, des témoignages, mais aussi du dessin et des bandes dessinées. Les réalisations proviennent à la fois d’ateliers proposés par Nouvelle Aube et de contributions extérieures que chacun-e peut envoyer par mail (contrib.nouvelleaube "@" yahoo.com) à l’équipe.

S comme SCMR
Une salle de consommation à moindre risque (SCMR) est un lieu d’accueil pour les usagers-ères de drogues. Elle offre la possibilité de consommer des produits stupéfiants dans de meilleures conditions d’hygiène et de sécurité aux personnes en situation de précarité. Elle est un élément d’une palette très large d’accompagnement et de soins pour des personnes usagères de drogues très marginalisées et pour lesquelles ce dispositif est une première étape d’entrée dans le parcours de réduction des risques et de soin, voire de sevrage, quand le parcours de soin et d’insertion le permet et surtout que la personne concernée le demande. Une première salle a ouvert ses portes à Paris en octobre 2016 (gérée par l’association Gaïa) suivie d’une deuxième à Strasbourg en novembre 2016 (gérée par l’association ithaque). À ce jour, seules deux SCMR fonctionnent en France dans le cadre d’une « expérimentation » gérée par la Direction générale de la santé (DGS) et la Mildeca (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives). D’autres villes envisagent de créer de nouvelles salles comme Bordeaux ou Lille.

S comme Seringues
Le partage de seringues entre personnes injectrices constituait l’une des causes majeures de la contamination par le VIH. Un décret de 1987 a autorisé la mise en vente libre des seringues pour personnes majeures en France. Il existe deux types de seringues : serties ou non. Le corps de la seringue sertie est indissociable de l'aiguille, sa contenance est toujours d'1 ml. C’est celle qu’on trouve dans les kits Steribox2 ou Kit+. Les seringues non-serties ont différentes tailles d'aiguille et de corps d’une contenance plus grande : 2,5 ml, 5 ml, 10 ml. Pour certains produits qui nécessitent l’utilisation d’une plus grande quantité d’eau stérile, les personnes usagères ont besoin de ces seringues non-serties, distribuées par les associations.

S comme Support don’t Punish
« Soutenir plutôt que punir », pour la traduction française. C’est le slogan et le sens de la campagne internationale, Support don’t Punish contre les politiques répressives concernant les drogues et leurs usagers-ères. L’objectif est de « promouvoir de meilleures politiques des drogues qui mettent la priorité sur la santé publique et les droits humains ». Cette initiative se déroule dans le monde entier chaque 26 juin.

T comme Totem
Les totems ou automates sont des distributeurs de kits d’injection avec seringues stériles. Ils fonctionnent sept jours sur sept. Certains automates fonctionnent avec des jetons (qui sont donnés dans les pharmacies ou dans les Caarud), d'autres sont des distributeurs/échangeurs. C'est à dire qu'avec votre seringue usagée, vous pouvez récupérer un Kit+. Certains sites associatifs publient la liste des automates par région. C’est, par exemple, le cas du site de l’association safe pour la région Île-de-France. Ce dernier propose aussi un service de RDR à distance.

T comme Trend
Trend est l'acronyme de Tendances récentes et nouvelles drogues. Il s'agit d'un dispositif français piloté par l'OFDT (Observatoire français des drogues et des toxicomanies), composé de huit coordinations  locales, doté d’une stratégie commune de collecte et d’analyse de l’information. Ce réseau a pour vocation de mettre à la disposition des décideurs, des professionnels-les et des usagers-ères, des éléments de connaissance sur les tendances récentes liées aux usages de drogue, susceptibles de modifier leurs décisions ou leurs pratiques.

T comme TSO
Les traitements de substitution aux opiacés (TSO) sont un des fondements de la politique de RDR, en ce qu’ils favorisent l’accès aux soins et contribuent à diminuer : morbidité, mortalité et dommages sociaux. Ils ont été introduits dans la prise en charge en France à partir de 1994. La méthadone, déjà utilisée à l’étranger, reçoit son autorisation de mise sur le marché (AMM) en 1995. Elle est alors prescrite dans les centres de soin spécialisés en toxicomanie (CSST) avec relais en médecine de ville. En 1996, la buprénorphine (BHD ou Subutex) reçoit son AMM. Elle peut être prescrite directement par les médecins généralistes. L’association buprénorphine + naloxone reçoit l’AMM en 2012. Les TSO peuvent être prescrits en milieu carcéral depuis 1995, dans les mêmes conditions qu’en milieu libre. L’usage de TSO est en constante évolution en détention : 2,8 % des personnes détenues étaient sous TSO en 1998, elles étaient 7,9 % en 2010.

V comme VHC
Le VHC (virus de l’hépatite C) se transmet par le sang. Il concerne notamment les consommateurs-rices de produits, via le partage de matériel d'injection et, plus rarement le matériel de piercing, de scarification, de sniff, ou de rasage. Ces dernières années, on assiste à une très forte hausse des cas d’hépatite C chez les gays, notamment via la pratique du slam (injection de drogue par voie intraveineuse) dans le cadre du chemsex. Après l’infection, le plus souvent, il n'y a aucun symptôme et certaines personnes arrivent à éliminer l’infection spontanément, mais la personne n’est pas pour autant immunisée contre une éventuelle réinfection au VHC. Contrairement à l’hépatite B, le VHC devient chronique dans 80 % des cas. Le virus reste dans le corps et se multiplie dans le foie. Après plusieurs années, il peut provoquer des dégâts importants (risque de cirrhose et de cancer du foie). Des traitements récents permettent de guérir dans plus de  95 % des cas. Il n’existe pas de vaccin. La prévalence du VHC en prison est de cinq à huit fois supérieure à celle de la population générale.

W comme Whatsap
Possibilités d'écoute et de soutien par message au 07 62 93 22 29. La ligne est gérée par des militants-es de AIDES formés-es aux problématiques liées au chemsex. Les personnes peuvent également solliciter les militants-es par mail (chemsex "@" aides.org).