Un activiste indien arrêté pour avoir manifesté contre les ruptures de médicaments anti-VIH

Publié par jfl-seronet le 28.12.2012
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Initiativerupture d'approvisionnementactivisme

Gyan Ranjan, président du Bihar Network of Positive People (BNP+) a été arrêté pour avoir manifesté le 7 novembre dernier devant l'office public local de contrôle du sida, afin de dénoncer les ruptures d'approvisionnement en médicaments antirétroviraux et en réactifs de mesure de charge virales qui ont touché plusieurs centres de distribution d’antirétroviraux de la région de Bihar (Inde) en octobre et début novembre 2012, rapporte un communiqué de presse d’Act Up-Paris (6 décembre).

Après 20 jours de détention à la prison centrale de Patna, le procès de Gyan Ranjan s'est ouvert le 3 décembre, explique l’association française dans son communiqué (6 décembre).


"A Bihar, les médicaments vitaux contre le VIH n'arrivent pas aux malades du sida qui en ont urgemment besoin. Non seulement on manque de médecins dans les centres médicaux, mais même les médicaments pédiatriques ne sont pas disponibles pour les enfants vivant avec le VIH. Beaucoup de nos membres parcourent de longues distances pour se faire prescrire leurs doses d’antirétroviraux mensuelles, mais ne reçoivent des médicaments que pour quatre/cinq jours en raison de la pénurie. Il en résulte des interruptions de traitement et des problèmes d'adhérence", témoigne Raj Kumar Singh, militante et secrétaire générale de BNP+ devant la cour de Patna. Comme l’indique Act Up-Paris, les pénuries concernent l'efavirenz (Sustiva), les antirétroviraux pédiatriques et les médicaments contre les infections opportunistes. "Nous ne comprenons pas pourquoi notre président a été arrêté alors qu'il nous a soutenus et a demandé la distribution des médicaments nécessaires au centre ARV. C'était une manifestation légale avec l'accord de la police. Nous demandons sa libération immédiate", atteste Rita de BNP+, citée par l’association française. Elle ajoute "lors de la Journée mondiale de lutte contre le sida, plus de 400 personnes vivant avec le VIH, dont des femmes et des enfants, de différentes régions de Bihar ont marché jusqu'au mémorial Kargil Chowk à Patna pour demander la libération de Gyan Ranjan, le président du Bihar Network of Positive People, emprisonné depuis la nuit du 14 novembre 2012".


Act Up-Paris rappelle à l'Inde et à "toutes les autorités qui répriment les activistes qu'ils et elles sont en première ligne pour lutter contre l'épidémie. Act Up-Paris exige la libération immédiate de Gyan Ranjan : combattez le sida, pas les activistes !"

Commentaires

Portrait de frabro

Sur bien des sujets de société, cet immense pays surpeuplé à encore bien des progrès à faire, du moins vu par un occidental !

Le débat sur la condition féminine et le viol des femmes assorti de l'impunité des violeurs en est un exemple flagrant, plus attirant pour les médias que l'accès aux soins des séropositifs.

Il est utile de faire savoir largement comment sont traités les militants qui tentent de faire avancer notre cause et j'encourage nos amis séronautes à largement diffuser cet article sur les réseaux sociaux.

Portrait de sonia

Y en a qui connaisse l'Inde qu'à travers ses films on dirait. L'inde c'est pas que BOLLYWOOD ! C'est le deuxième fabricant de génériques contre le sida et qui fournit non seulement les pays en voie de développement mais également l'onusida ! L'accès universel aux traitements pour tous,c'est grâce à L'inde qu'on le devra, si les firmes pharmaceutiques dont le groupe suisse Novartis voulaient bien l'accorder ! Le comble de l'histoire c'est cet activiste indien emprisonné pour ruptures de medicaments alors que son pays est le deuxième producteur mondial ! ça me rappelle les pénuries alimentaires dans des pays qui exportent pour les pays riches, idem pour les medocs, alors?

Portrait de frabro

Alors l'Inde est un pays capitaliste où il est plus profitable aux labos locaux d'exporter leurs génériques vers d'autres pays que de soigner leur propre population.

Et ça ce n'est pas du cinéma, mais la réalité dénoncée par Gyan Ranjan ce qui lui vaut aujourd'hui un procès indigne d'un pays qui se veut démocratique.

Portrait de sonia

On appelle celà le redéployement industriel, il est plus avantageux pour les labos des pays riches de délocaliser vers les pays à bas revenus comme c'est le cas pour l'Inde, de les fabriquer à moindre coût pour les revendre plus chers !

à relire cet article qui traite de l'archarnement de Novartis dans le pays

http://www.seronet.info/article/la-pharmacie-du-monde-en-developpement-fermera-t-elle-57750