Un traitement plus précoce épargne des vies !

Publié par jfl-seronet le 15.06.2009
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Une étude clinique apporte la preuve que les personnes touchées, même dans des pays où les traitements sont rares, ont tout intérêt à pouvoir commencer un traitement le plus tôt possible. Cette question faisait débat chez les experts. Explications.
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"Les résultats d’un essai clinique mené en Haïti ont apporté la première preuve concluante que les personnes vivant avec le VIH dans les pays en développement ont, de manière significative, davantage de chances de survie si elles commencent une thérapie antirétrovirale plus tôt", explique Irin News (11 juin 2009). Cet essai a démarré en 2005. Son objectif était de démontrer que les recommandations appliquées dans les pays riches (mettre les patients infectés par le VIH sous traitement lorsque leur taux de CD4 tombe en dessous de 350 contribue à réduire considérablement la mortalité liée au sida) ont le même intérêt dans des pays au contexte de ressources limitées. Autrement dit, même si l'accès aux traitements est difficile parce qu'il en manque, il ne faut pas attendre que le taux de CD4 passe en dessous de 200 pour démarrer un traitement. L'essai concernait plus de huit cents personnes ayant des taux entre 200 et 350 lymphocytes T4. Le groupe a été réparti en deux. L'un a démarré immédiatement un traitement anti-VIH tandis que l’autre devait démarrer un traitement uniquement lorsque le taux de T4 tombait en dessous de 200. Six décès se sont produits dans le premier groupe et vingt-trois dans le second. Durant cette même période, 18 personne ont contracté une tuberculose dans le premier groupe contre 36 dans le second. Cet essai international était placé sous le contrôle d'une commission indépendante de suivi des données et de la sécurité. Cette dernière a recommandé l’arrêt immédiat de l'essai. Selon Irin News, "tous les participants se voient maintenant offrir un traitement anti-VIH". "La communauté de la santé publique a maintenant des preuves [provenant] d’un essai clinique randomisé et contrôlé (…) que démarrer une thérapie ARV lorsque le taux de CD4 se situe entre 200 et 350 dans des contextes de ressources limitées produit de meilleurs résultats sanitaires que de retarder le traitement jusqu’à ce que les CD4 tombe en dessous de 200", a expliqué le directeur du National Institute of allergy and infectious diseases (NIAID), promoteur de l'essai. Cette annonce est très importante dans un contexte où beaucoup de pays en développement "attendent toujours que les patients aient atteint un CD4 de 200 ou moins pour initier la thérapie."Elle apporte surtout une réponse nette aux experts qui doutaient de l'intérêt de ces recommandations dans des pays où l'accès aux traitements reste limité. Le NIAID espère que ces résultats vont inciter les pays à réviser leurs directives en matière de traitement.  
Plus d'infos sur http://www.irinnews.org/

Photo : Tsteuwer