Vaccins, collection automne-hiver

Publié par jfl-seronet le 29.09.2022
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ThérapeutiqueCovid-19vaccination

Cette période voit apparaître de nouvelles versions de vaccins contre la Covid-19 ; des vaccins plus efficaces contre le variant Omicron et ses sous-variants, qui ont reçu leur approbation aux États-Unis, mais aussi en Europe. Ils seront très prochainement disponibles en France et permettront de relancer la campagne vaccinale. Explications.

Nouveau vaccin Pfizer

L’Agence européenne des médicaments (EMA) a approuvé, lundi 13 septembre, un vaccin contre la Covid-19 de Pfizer ciblant les sous-lignages du variant Omicron BA.4 et BA.5, en vue d’une campagne de rappel, cet hiver. L’objectif est de parer aux nouvelles vagues. « Le comité des médicaments à usage humain (CHMP) de l’EMA a recommandé d’autoriser un vaccin bivalent adapté ciblant les sous-variants d’Omicron BA.4 et BA.5 en plus de la souche originale de Sars-CoV-2 », a précisé l’EMA dans un communiqué.  Le vaccin devrait, selon l’EMA, être « plus efficace que Comirnaty pour déclencher une réponse immunitaire contre les sous-variants BA.4 et BA.5 », plus bénins, mais plus aisément transmissibles. Le vaccin — une version adaptée du vaccin ARNm anti-Covid Comirnaty de Pfizer/BioNTech — est destiné aux personnes âgées de 12 ans et plus qui ont reçu au moins une première vaccination contre la Covid-19, a précisé l’EMA.  Alors que « de nouvelles vagues d’infections sont anticipées pendant la saison froide », cette recommandation « élargira encore l’arsenal de vaccins disponibles pour protéger les personnes contre la Covid-19 » au sein de l’UE, a salué le régulateur européen.  L’avis du CHMP sur « Comirnaty Original/Omicron BA.4-5 » va maintenant être envoyé à la Commission européenne, qui adoptera une décision finale. Le feu vert de l’EMA suit de près l’approbation au début du mois de deux autres vaccins adaptés par Pfizer et son rival Moderna, qui ciblent la souche Covid-19 originale et le sous-variant antérieur BA.1 d’Omicron (voir plus haut).

Vaccin Novavax en rappel

Et un de plus. Novavax a annoncé mercredi 14 septembre que la Commission européenne avait autorisé l'utilisation de son vaccin contre la Covid-19, appelé Nuvaxovid, comme dose de rappel chez les personnes adultes âgées de plus de 18 ans.  La Commission avait autorisé, en décembre dernier, la mise sur le marché de ce vaccin de la biotech américaine, pour les adultes après un avis favorable de l'Agence européenne des médicaments (EMA). Cette autorisation de mise sur le marché conditionnelle étendue a donc été élargie aux doses de rappel sur recommandation du Comité des médicaments à usage humain de l’agence. « Les données précliniques suggèrent que notre vaccin induit une réponse immunitaire contre les variants d'Omicron, y compris BA.4 et BA.5 », a précisé la firme pharmaceutique.

Nouveaux vaccins

Y a du neuf. Les nouveaux vaccins contre la Covid-19 commencent à être autorisés à travers le monde ; suite aux décisions européennes, ils devraient être bientôt disponibles en France. Comment fonctionnent-ils, qui les fabrique ? L’AFP a réalisé (20 septembre) un point sur ces nouveaux sérums.

Changer pour s’adapter à l'évolution des virus. Le virus de la maladie Covid-19, le Sars-CoV-2, a une capacité de mutation, comme les autres virus. C'est un mécanisme naturel. Les virus se multiplient et des modifications génétiques accidentelles peuvent avoir lieu, au gré de la réplication de leur ADN. Plus il y a de multiplications, plus fortes sont les possibilités qu’un variant émerge. Les premiers vaccins ont été développés à partir de la souche initiale, dite de Wuhan (Chine). Depuis, d'autres variants ont vu le jour, comme Delta ou Omicron. Ce dernier représente en fait une famille de variants, dont plusieurs sous-lignages circulent actuellement, tel BA.1. Omicron et ses sous-variants ont été dominants tout au long de 2022, prenant rapidement la place des variants précédents Alpha et Delta. Aujourd'hui, c'est essentiellement le sous-variant BA.5 d'Omicron qui domine en Europe et aux États-Unis. C'est pour mieux répondre à ces mutations que les groupes pharmaceutiques adaptent leurs vaccins. Un concept qui n'est pas neuf : il est déjà à l’œuvre avec la grippe.

Des vaccins bivalents. Dans le cas de la Covid, des vaccins dits bivalents sont conçus dans le même but : éduquer le système immunitaire à reconnaître plusieurs attaquants. Le tandem américano-allemand Pfizer-BioNtech a ainsi adapté son premier vaccin (Comirnaty) contre la souche de Wuhan pour l'arrivée d'Omicron. Il propose désormais en dose de rappel un vaccin bivalent « Omicron BA.1 », qui contient à la fois de l'ARN messager (ARNm) du virus original Sars-CoV-2, et de l'ARN messager spécifique au variant Omicron BA.1. Ce sérum a été autorisé par l'Agence européenne du médicament, début septembre. Des centaines de millions de doses seront prêtes cette année, indique Pfizer.  Spikevax, le vaccin de la biotech américaine Moderna, a également été adapté sous la forme d'un vaccin bivalent contre BA.1, sur le même principe que celui de Pfizer. Ce sérum « Originel/Omicron BA.1 » a été approuvé au Canada ainsi que par l’Agence européenne du médicament (EMA), début septembre.  En plus de Moderna et de Pfizer/BioNTech, d'autres vaccins bivalents sont en préparation. C'est le cas notamment d'un candidat-vaccin des laboratoires français et britannique Sanofi et GSK ciblant les souches Delta et Bêta.

L'arrivée des sous-variants BA.4 et BA.5. Les laboratoires travaillent à d'autres vaccins bivalents, ciblant spécifiquement, en plus de la souche originale, les sous-variants d'Omicron, BA.4 et BA.5, devenus dominants.  Pour l'Europe, Pfizer et BioNTech ont une longueur d'avance. Ils ont ainsi reçu, fin août, une autorisation d'urgence de la FDA (l’agence américaine du médicament) pour leur vaccin bivalent contre BA.4 et BA.5.  Ils ont, en outre, reçu le feu vert de l'Agence européenne du médicament le 12 septembre. De son côté, Moderna a également développé un vaccin bivalent ciblant BA.4/ BA.5 : ce dernier est, à ce jour, uniquement approuvé aux États-Unis, pas encore dans l'Union européenne. Moderna explique toutefois que son sérum Spikevax bivalent contre BA.1 « démontre (...) aussi une réponse plus élevée contre les sous-lignages d'Omicron BA.4/ BA.5 »par rapport au vaccin de première génération.

Campagne vaccinale d'automne

La France a réalisé des commandes de plusieurs millions de vaccins bivalents Wuhan/BA.1 et Wuhan/BA.5 auprès de Pfizer/BioNTech et Moderna, indique la Direction générale de la santé (DGS) à l'AFP. Ces doses seront mises à disposition des officines et centres de vaccination dès que la Haute autorité de santé (HAS) aura rendu son avis sur la place de ces nouveaux vaccins dans la stratégie vaccinale française.  Des commandes auprès des laboratoires Sanofi (vaccin monovalent Bêta) et espagnol Hipra (vaccin bivalent Alpha-Bêta), dont les vaccins sont encore étudiés par l'Agence européenne du médicament, ont également été passées, mais ne sont pas attendues avant la fin de l'année, précise également la DGS.  La 4ème dose reste recommandée aux personnes les plus à risque de développer des formes graves de la Covid-19, leurs proches et quelques professions du secteur médico-social, particulièrement exposées au virus.

Feu vert à trois vaccins adaptés à Omicron

La Haute autorité de santé (HAS) a donné son feu vert à trois vaccins anti-Covid adaptés au variant Omicron pour une nouvelle campagne de vaccination de rappel prévue à l’automne et couplée à celle contre la grippe, a-t-elle annoncé (20 septembre) dans un communiqué. Cette nouvelle dose de rappel sera préconisée aux personnes à risque de forme sévère, à leur entourage et aux soignants-es. La HAS recommande « indifféremment l’un des trois vaccins bivalents » : deux élaborés par Pfizer/BioNTech, le troisième par Moderna - validés récemment par l’Agence européenne du médicament (EMA). « Sur la base des données disponibles et dans un contexte épidémique marqué par la circulation majoritaire du sous-variant BA.5 », la HAS recommande d’employer « de préférence » l’un de ces vaccins, tous à ARN messager, pour une nouvelle dose de rappel automnale, explique l’AFP. Cette recommandation s’entend quel que soit le vaccin anti-Covid initialement administré à la personne. « À l’image des vaccins contre la grippe saisonnière, actualisés chaque année pour prendre en compte les virus qui sont le plus susceptibles de circuler pendant l’hiver, les vaccins à ARNm bivalents ne sont pas des nouveaux vaccins, mais des vaccins adaptés aux souches circulantes », souligne la HAS dans son communiqué. Il s’agit en l’occurrence des vaccins de Moderna et de Pfizer/BioNTech ciblant la souche originale du virus et le variant BA.1 d’Omicron, et du vaccin de Pfizer/BioNTech ciblant la souche originale et les sous-variants BA.4 et BA.5 d’Omicron. La HAS maintient parallèlement sa recommandation de coupler la campagne de rappel vaccinal contre la Covid-19 à celle de vaccination contre la grippe, qui démarrera le 18 octobre. Une injection concomitante ou le même jour des deux vaccins est possible, rappelle-t-elle. « Dans l’immédiat et parce que le nombre de cas d’infections est reparti à la hausse depuis quelques jours », cette autorité sanitaire recommande de ne pas différer la deuxième dose de rappel chez les plus de 60 ans et les moins de 60 ans à risque de forme sévère qui ne l’auraient pas reçue dans les délais conseillés. Par ailleurs, la HAS rappelle l’efficacité des vaccins actuels (monovalents) contre les formes sévères de la Covid-19.

Fin de l’épidémie de Covid-19 en vue

Prophétie. Le monde n’a jamais été en aussi bonne position pour mettre fin à la pandémie de Covid-19, qui a tué des millions de personnes depuis la fin 2019, a affirmé (13 septembre) le patron de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus. « La semaine dernière [première semaine de septembre, ndlr], le nombre de décès hebdomadaires de la Covid-19 est tombé au plus bas depuis mars 2020. Nous n’avons jamais été dans une meilleure position pour mettre fin à la pandémie », a commenté l’expert. Il a, toutefois, mis en garde : « Nous n’y sommes pas encore, mais la fin est à portée de main ». « Quelqu’un qui court un marathon ne s’arrête pas quand il aperçoit la ligne d’arrivée. Il court plus vite, avec toute l’énergie qui lui reste. Et nous aussi », a souligné le chef de l’OMS, cité par l’AFP.  « Nous pouvons tous voir la ligne d’arrivée, nous sommes en passe de gagner, mais ce serait vraiment le plus mauvais moment de s’arrêter de courir », a-t-il insisté. « Si nous ne saisissons pas cette opportunité, nous courrons le risque d’avoir plus de variants, plus de morts, plus de perturbations et plus d’incertitude », a-t-il mis en garde, en appelant à « saisir cette opportunité ». Selon le dernier rapport épidémiologique publié par l’OMS et consacré à la Covid-19, le nombre de cas a baissé de 12 % durant la semaine du 29 août au 4 septembre par rapport à la semaine précédente à quelque 4,2 millions de nouvelles infections déclarées. Le nombre d’infections est sans doute beaucoup plus élevé notamment parce que les cas bénins ne sont pas forcément déclarés, mais aussi parce que de très nombreux pays ont plus ou moins démantelé leur capacité de tests. Au 4 septembre, l’OMS comptabilisait plus de 600 millions de cas officiellement confirmés —là aussi un nombre sans doute très inférieur à la réalité tout comme celui des morts officiellement répertorié de 6,4 millions de personnes décédées.