Monkeypox : des cas et des conseils !

Publié par jfl-seronet le 28.05.2022
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ThérapeutiqueMonkeypox

C’est la vigilance qui s’impose depuis l’apparition, début mai, dans plusieurs pays du monde, de cas de Monkeypox. Il s’agit d’un phénomène inhabituel. Depuis, les autorités sanitaires internationales, livrent informations et conseils. Un premier cas a été confirmé en France le 20 mai dernier. Seronet fait le point.

La Belgique en mode quarantaine

En date du 23 mai, la Belgique avait recensé quatre cas de Monkeypox et décidé de soumettre les personnes infectées à une longue quarantaine : 21 jours d’isolement, après diagnostic. En revanche, « les contacts à haut risque ne sont pas obligés de s'isoler. Ils doivent quand même surveiller leur état de santé, à la recherche de symptômes particuliers ». Cette décision a été prise après consultation du RAG (Risk Assessment Group), groupe d’évaluation des risques, expliquait, dès le 20 mai, l’Agence belge pour les soins et la santé, citée l’agence d’infos Belga. Cette décision de longue quarantaine tiendrait au fait que la maladie a une période d’incubation assez longue (entre six et 16 jours). Les symptômes peuvent durer, eux, de 14 à 21 jours. Le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke, a tenu à communiquer sur les dispositions prises. Le ministre a notamment insisté sur le fait que « le risque pour la population générale est faible ». Il n’en va pas de même pour les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, puisque c’est principalement parmi eux que les cas ont été recensés. Ce constat, il est également fait dans d’autres pays, également concernés par le Monkeypox, dont le nombre de cas augmente.

Un premier cas en IDF, d’autres ailleurs

Une surveillance renforcée a été mise en place, un peu partout, car le phénomène inquiète. De fait, des cas de Monkeypox sans lien direct avec un voyage en Afrique du Centre ou de l’Ouest ou des personnes de retour de voyage ont été signalés au Royaume-Uni, au Portugal, aux États-Unis, mais aussi au Canada, en Espagne, en Suède, en Italie, en Australie. Un premier cas a été confirmé en France le 20 mai dernier. Un communiqué du ministère de la Santé et de la Prévention explique qu’il s’agit d’un « homme de 29 ans sans antécédent de voyage dans un pays où circule le virus. Une enquête épidémiologique approfondie est mise en œuvre par les équipes de Santé publique France et de l’ARS Île-de-France, en lien avec le médecin ayant pris en charge cette personne. Les personnes ayant été en contact étroit avec ce patient sont en cours de recensement. Elles recevront de la part des autorités sanitaires les informations sur la conduite à tenir, afin de limiter la propagation du virus ». Par ailleurs, comme l’explique Santé publique France la situation « des cas évolue (…) très rapidement ».

Au 19 mai, les autorités sanitaires du Royaume-Uni avaient recensé neuf cas confirmés de Monkeypox chez des personnes n’ayant pas voyagé dans une zone habituellement à risque (Afrique du Centre ou de l’Ouest) et ne rapportant pas de lien avec des personnes ayant voyagé dans ces zones. Ces cas ont donc acquis leur infection sur le territoire national britannique. « Les analyses virologiques de ces neuf cas mettent en évidence un virus Monkeypox appartenant au clade viral (lignage viral) d’Afrique de l’Ouest [il suggère un lien initial avec le Nigéria, pays dans lequel le virus circule régulièrement depuis 2017, ndlr]. Les trois premiers cas ont été diagnostiqués le 13 mai 2022, chez un bébé et ses parents. Les six autres cas, diagnostiqués ensuite, sont sans lien épidémiologique avec les deux premiers cas ». Au 23 mai, la Grande-Bretagne recensait 20 cas. De son côté, le Portugal avait notifié, le 13 mai 2022, cinq cas confirmés et quinze cas suspects supplémentaires étaient alors en cours d’investigation. Ces 20 cas concernaient des hommes, jeunes pour la plupart. Dans son communiqué, Santé publique France explique : « À ce jour, ces cas sont survenus principalement, mais pas uniquement, chez des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH), sans liens directs avec des personnes de retour de zone endémique ».

Une crainte pour les HSH ?

Comme on a vu, la plupart des cas ont été recensés parmi des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes. L’OMS a d’ailleurs déjà indiqué vouloir faire la lumière sur la transmission du virus au sein de la communauté homosexuelle. Le 20 mai, l’agence onusienne expliquait déjà : « Selon les informations dont nous disposons, les transmissions d'homme à homme se produisent parmi les personnes ayant des contacts physiques étroits avec des personnes infectées et présentant des symptômes ». L’agence note qu’une proportion importante de la centaine de cas (chiffre au 23 mai) confirmés par ses services ou des autorités sanitaires nationales, concerne des personnes HSH ; mais elle indique aussi que si la maladie s'attrape en ayant un contact étroit avec une personne ayant la maladie, elle « peut donc toucher tout le monde ». Interrogée sur la situation en Grande-Bretagne et l’augmentation actuelle du nombre de cas, Susan Hopkins, responsable médicale de l’Agence britannique de sécurité sanitaire (UKHSA) a expliqué : « Cette hausse devrait continuer dans les prochains jours ». Elle a enjoint les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes à être attentives au moindre symptôme. Et d’enfoncer le clou : la transmission est constatée « principalement chez des individus qui s'identifient comme homosexuels ou bisexuels ou chez des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes », a souligné Susan Hopkins, soulignant que la transmission peut s'expliquer par les « fréquents contacts étroits qu'ils peuvent avoir ».

Homophobie et racisme, les autres plaies

La survenue rapide de la maladie a suscité, ces derniers jours, des dérapages homophobes et racistes dans les commentaires sur la maladie. Le phénomène devient tel que l’OMS a mis en garde sur ces « commentaires » qui pourraient « rapidement miner la lutte contre l'épidémie ». « Ces stigmates et reproches minent la confiance et la capacité à répondre efficacement à des épidémies comme celle-ci », a déclaré Matthew Kavanagh, directeur adjoint de l'Onusida. L'agence onusienne — qui se  fonde sur une longue expérience avec le VIH — estime que ce type de « rhétorique » peut très vite neutraliser les efforts fondés sur la science et les faits pour combattre la maladie. Ces attaques racistes ou homophobes « créent un cycle de peur, qui pousse les gens à éviter les centres de soins, ce qui limite la portée des efforts pour identifier des cas d'infection et encourage des mesures coercitives inefficaces », souligne Matthew Kavanagh.

L’OMS en mode vigilance

Les cas de Monkeypox pourraient s’accélérer en Europe, a estimé (20 mai) un responsable régional de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). « Alors que nous entrons dans la saison estivale (...) avec des rassemblements, des festivals et des soirées, je crains que la transmission s’accélère », a commenté Hans Kluge, directeur de l’OMS pour l’Europe. L’étendue de la transmission est « atypique », a estimé l’expert, soulignant que « tous les cas récents, sauf un, n’avaient pas voyagé dans des zones où le Monkeypox est endémique ». Mais les préoccupations de l’OMS ne se limitent pas à l’Europe. L'OMS s'attend à ce que de nouveaux cas de Monkeypox soient identifiés dans le monde entier. Samedi 20 mai, 92 cas de Monkeypox avaient été confirmés et 28 autres étaient considérés comme suspects dans douze pays où le virus n'est pas endémique, a indiqué l’organisation. L'agence onusienne a précisé qu'elle fournirait des informations et des recommandations supplémentaires concernant les moyens de limiter la propagation de cette maladie aux pays concernés. De son côté, Joe Biden a prévenu, dimanche 20 mai, que l'impact de la propagation du Monkeypox pourrait être « conséquent ». « C'est quelque chose dont tout le monde devrait se préoccuper », a-t-il expliqué à la presse avant d'embarquer à bord d'Air Force One pour un déplacement diplomatique au Japon.

Qu’est-ce que le Monkeypox ?

Le Monkeypox est une maladie infectieuse due à un othopoxvirus. Cette maladie zoonotique (qui passse de l’animal à l’humain) est habituellement transmise à l’humain dans les zones forestières d’Afrique du Centre et de l’Ouest par des rongeurs sauvages ou des primates, mais une transmission interhumaine est également possible, en particulier au sein du foyer familial ou en milieu de soin, explique Santé publique France.

Comment se transmet-il ?

Le virus du Monkeypox peut être transmis par contact direct avec les lésions sur la peau ou les muqueuses d’une personne malade, ainsi que par les gouttelettes (salive, éternuements, postillons, etc.). On peut également se contaminer au contact de l’environnement de la personne malade (literie, vêtements, vaisselle, linge de bain, etc.). Il est donc important que les personnes malades respectent un isolement pendant toute la durée de la maladie (jusqu’à disparition des dernières croutes ; le plus souvent trois semaines). Dans son communiqué, Santé publique France écrit : « L’infection par le virus MKP [Monkeypox, ndlr] n’est pas connue comme une IST, mais le contact direct avec une peau lésée durant un rapport sexuel facilite la transmission ». De son côté, David Heymann, un épidémiologiste américain spécialiste des maladies infectieuses et expert en santé publique travaillant pour l'OMS, expliquait à l’agence de presse Reuters, le 20 mai : « Le virus semble actuellement se transmettre comme une infection sexuellement transmissible, ce qui a décuplé sa transmission autour du monde ». L’expert a d’ailleurs précisé que les personnes qui pensent avoir été exposées au virus ou qui présentent des symptômes, comme de la fièvre ou une éruption cutanée, ne devraient pas entretenir de contacts étroits avec les autres.

Quels sont les symptômes ?

L’infection par le virus Monkeypox débute par une fièvre, souvent forte et accompagnée de maux de tête, de courbatures et de fatigue. Après deux jours environ, apparaît une éruption vésiculeuse, faite de vésicules remplies de liquide qui évoluent vers le dessèchement, la formation de croutes, puis la cicatrisation. Des démangeaisons sont fréquentes. Les bulles se concentrent plutôt sur le visage, les paumes des mains et les plantes des pieds. Les muqueuses sont également concernées, dans la bouche et la région génitale. Dans un message adressé aux professionnels-les de santé en France, les autorités expliquent qu’il « convient de noter que les cas récemment détectés chez les HSH ont signalé une prépondérance de lésions dans la région génitale. L’atteinte cutanée survient en une seule poussée. Les lésions passent par différents stades successifs (macule, papule, vésicule, pustule puis croûte), et évoluent de façon uniforme. Lorsque les croûtes tombent, les personnes ne sont plus contagieuses ». Les ganglions lymphatiques sont enflés et douloureux, sous la mâchoire et au niveau du cou. L’incubation de la maladie peut aller de 5 à 21 jours. La phase de fièvre dure environ un à trois jours. La maladie guérit le plus souvent spontanément, au bout de deux à trois semaines.

Le monkeypox est-il grave ?

La maladie est plus grave chez les enfants et chez les personnes immunodéprimées. Elle peut se compliquer de surinfection des lésions cutanées ou d’atteintes respiratoires, digestives ou ophtalmologiques ou neurologiques, dans les cas les plus sévères. « À ce stade, les cas rapportés en Europe sont majoritairement bénins, et il n’y a pas de décès signalé », indique Santé publique France. La maladie est généralement bénigne et la plupart des personnes se rétablissent en deux à quatre semaines.

Que faire en cas de symptômes ?

Les recommandations françaises sont les suivantes : en cas d’apparition de symptômes (fièvre et éruption cutanée avec des vésicules), il faut contacter le SAMU Centre 15 qui orientera le-la patient-e vers une consultation médicale. Il est recommandé de s’isoler en attendant un avis médical et d’éviter les contacts avec d’autres personnes.

Commentaires

Portrait de jl06

LA bonne blague .... on vois de suite que le journaliste fréquente pas trop les endroits de drague.....homo; bi ;ou hétéro ...

en principe cela se passe le soir voir la nuit ! les saunas ,bordel ,sex shop ,  .... et bien sûr tous trés bien éclairé !!! 

et vous vous voyez dragué ,et en même temps examiné le mec ou la femme  sur toute les coutures ....

faudra attendre des jours meilleurs pour mettre le nez dehors !

 

Portrait de cemekepirketou

Non mortel actuellement, mais fait revenir les mêmes symptômes discriminatoires sociaoculturels : homophobie, peur des autres, rester enfermer, ne plus mettre le nez dehors, l'expérience covid ayant bien réactivé ces pulsions agoraphobes.