VHC : nouveaux traitements, nouvelle donne

Publié par jfl-seronet le 09.04.2011
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L’arrivée de nouveaux traitements pour l’hépatite C va "augmenter de façon importante le nombre de patients à prendre en charge en 2012", affirme l’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS) dans un communiqué (4 avril). Cette publication fait suite à une communication scientifique de l’European Association for the Study of the Liver (EASL, association européenne pour l’étude du foie) qui s’est déroulée à Berlin (30 mars au 3 avril).
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Prévue pour la fin de l'année, l’arrivée de nouveaux traitements anti-VHC (les antiprotéases anti-VHC bocéprévir et télaprévir) pourrait augmenter "de trois à quatre fois" le nombre de personnes à prendre en charge en 2012 pour un traitement de l’hépatite C. Dans un communiqué (4 avril), l’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS) affirme que "le traitement de l’hépatite C [de génotype 1] va entrer dans une nouvelle ère avec l’arrivée des trithérapies". L’Agence souligne que de nouvelles molécules (bocéprévir et télaprévir) associées à un traitement standard (interféron pégylé + ribavirine) "montrent de très bons résultats", avec "70 à 75 % de réponse à un traitement de première intention et 30 à 85 % de réponse après l’échec du traitement standard [la bithérapie]. C'est "une avancée thérapeutique indéniable pour les malades lorsque l’autorisation européenne de mise sur le marché sera accordée à ces molécules", souligne encore l'ANRS, précisant que celle-ci est attendue fin 2011.

Cette nouvelle donne thérapeutique suscite des espoirs et des questions. Des espoirs pour les personnes pour lesquelles le traitement standard n’a pas fonctionné ou qui ne veulent pas l’entreprendre, notamment du fait des effets indésirables qu’il peut occasionner. Des questions car cette nouvelle donne pourrait inciter plus de personnes à suivre un traitement anti-VHC. "Quelle peut être la conséquence de l’arrivée de ces nouveaux traitements pour les services hospitaliers dans le futur ?", s’interroge d’ailleurs l’ANRS. "Plus exactement, si en 2010, on estimait que 5 100 patients infectés par le génotype 1 bénéficiaient d’un traitement standard, quel serait le nombre de patients susceptibles de recevoir les nouvelles combinaisons thérapeutiques en 2012 ?", se demande l’organisme. Des scientifiques ont réalisé, avec le soutien de l’ANRS, une étude de modélisation qui "dessine chez les malades infectés par un génotype 1 plusieurs scénarii prenant en compte l’évolution, entre 2010 et 2012, de paramètres tels que le nombre de personnes nouvellement dépistées VHC positives, ou l’administration des nouvelles molécules en fonction des différents stades de fibrose. C’est une des conséquences de l’hépatite virale.
D’après leurs calculs et selon les scénarii retenus, on peut "s’attendre à ce que le nombre de patients pouvant être traités soit compris entre 15 000 et 19 400, soit trois à quatre fois le nombre de patients soignés en 2010". Bien sûr, les études de modélisation ont leurs limites, reconnaît l’ANRS, mais elles permettent "d’anticiper de manière scientifique l’avenir et de prévoir les difficultés éventuelles dans l’organisation des soins. "Les trithérapies du VHC vont permettre, contrairement au VIH, d’éradiquer le virus chez une large proportion de patients éligibles au traitement. Il est important de lancer de nouvelles études, par exemple sur l’impact de ces traitements en santé publique et en économie de la santé", explique ainsi Jean-François Delfraissy, directeur de l’ANRS.