Vieillir avec le VIH : ça cherche !

Publié par jfl-seronet le 27.02.2011
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vieillirétudevieillissement
Un des enjeux, lorsqu’on vieillit, est de relever les défis que pose la santé. Aux défis physiques et médicaux s’ajoutent, bien souvent, des défis psychosociaux dont le poids peut affecter la qualité de vie. Face à tant d’adversité, nombreuses sont les personnes séropositives qui s’adaptent, trouvent des solutions, des points d’équilibre… on parle même de résilience. Des chercheurs américains ont cherché à comprendre qui était concerné, pourquoi et comment.
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"Age, VIH, résilience", le triptyque fait donc l’objet de toutes les attentions de certains chercheurs. Pour faire simple, la résilience est un phénomène psy qui consiste pour une personne touchée par un traumatisme à prendre acte de l'événement traumatique pour ne pas ou ne plus vivre dans la dépression. C’est du moins la définition proposée par Wikipédia. Dans ce cas, disons qu’il s’agit de personnes qui vieillissent avec le VIH, qui connaissent des difficultés, mais qui, au final, ont mis en place des stratégies, des outils leur permettant de "bien vieillir". C’est du moins ce qu’elles disent vivre. Ce sont ces outils et stratégies que des chercheurs américains ont donc cherché à identifier. Pour cela, ils ont, comme l’explique le site Catie qui a consacré un article à cette étude, interviewé des "personnes vivant avec le VIH qui manifestaient ce genre de résilience".
Les chercheurs ont recruté vingt-cinq participants entre 50 et 70 ans. Ils ont réalisé des interviews structurées. Sept thèmes principaux ont été abordés lors des entretiens comme l’acceptation de soi, l’optimisme, la volonté de vivre, le souci de pérennité (se préoccuper du sort des générations à venir), vivre en relation (recevoir du soutien formel et informel d’autres personnes), l’indépendance, etc. Sans entrer dans le détail de la présentation qu’on vous recommande de lire sur Catie, on peut dire qu’une des clefs est l’acceptation de soi. Cette dernière est, selon les chercheurs, "cruciale pour surmonter les effets négatifs du VIH/sida et les complexités du vieillissement dans le contexte d’une maladie tellement stigmatisante". Cette acceptation semble, par ailleurs, aider les personnes à se rendre compte de leurs forces et de leurs limites. Elle incite également à aller de l’avant plutôt qu’à se morfondre dans la nostalgie ou le regret.
Autre clef : la volonté de vivre. "Beaucoup de participants affirmaient vivement qu’ils s’attendaient à vivre encore plusieurs décennies grâce aux progrès accomplis dans le traitement du VIH", indique Catie. Enfin, un des facteurs importants était la capacité des personnes à se prendre en charge (observance, atteinte d’un équilibre entre repos, activité physique et alimentation saine, etc.) "Plus les participants se prenaient en charge, plus ils réussissaient à bien gérer l’infection au VIH", indiquent les chercheurs cités par Catie. Pour l’organisme canadien, cette recherche "pourrait s’avérer importante pour orienter les services de soutien psychosocial destinés aux personnes séropositives, surtout à mesure qu’elles vieillissent."
Plus d’infos sur www.catie.ca puis rubrique Nouvelles.

Commentaires

Portrait de frabro

C'est en quelque sorte le résumé que je ferais de l'article de catie et de celui de seronet qui le commente, lesquels ne font à mon avis qu'enfoncer des portes ouvertes. Tout ce qui est dit et énoncé comme le résultat d'une recherche peut s'appliquer à n'importe quel age et à n'importe quelle pathologie, et je n'y vois rien de spécifique au vieillissement avec le vih. Quand à l'idée de départ, qui est de dire que le vieillissement est un traumatisme et que le vivre bien est faire preuve de résilience, c'est poser au départ un postulat infondé. La vieillesse n'apparait pas comme ça un beau matin ou en se regardant dans la glace on se dit "merde je suis vieux" ... Bref, l'idée est simple : soyez bien dans votre tête et vous irez mieux. Bravo ! Personne ne s'en était encore rendu compte. François (un rien agacé)
Portrait de medhi

lol trop drole, attention quand meme il y a une etude pour arriver a ce constat faut bien justifier , les credits de recherche et l utilité des subventions au asso
Portrait de jean-rene

Je suis d'accord, Frabro et Medh, que cette étude n'apporte rien de neuf concernant les séropos; mais ça n'est quand même pas mal de nous rappeler, à nous séropos qui nous morfondons souvent dans la souffrance provoquée par l'exclusion dont nous sommes l'objet, que les moyens psy pour se sortir de situations traumatisantes sont aussi valables pour nous.
Portrait de francis20250

et bien vous avaient raison , plus sa va plus on vieillie, lol quélle trouvaille , ils nous étonnerons toujours ,donc on a pas en sans faire laissons nous vivre bien le bjr a vous
Portrait de aurore

Pour bien vieillir, rien de mieux que l'acceptation de soi,l'optimisme....mais comment y arriver quand les séropos se retrouvent en précarité, voient leur corps changer, bien avant l'âge , à cause de leur état de santé? Bien amicalement
Portrait de cosmoss

Prendre en compte uniquement 25 personnes pour une étude !!! Un peu plus de rigueur serait nécessaire pour que l'étude ait un réel intérêt.
Portrait de madelin40

Il est toujours bon de connaître la manière dont l'autre combat pour se défendre lorsqu'on n'est plus sûr de rien. De toute évidence, ce que l'on peut reconnaître à cette étude, c'est sa curiosité... Personne n'est mieux placé pour rendre compte de son état général de santé que la personne elle-même : "Cette acceptation semble, par ailleurs, aider les personnes à se rendre compte de leurs forces et de leurs limites." Cette étude montre également le regard que les chercheurs portent sur l'individu (individuum) séropositif : "...surmonter les effets négatifs du VIH/sida et les complexités du vieillissement dans le contexte d’une maladie tellement stigmatisante". Notre condition nous appartient et, en effet, c'est à nous de nous faire entendre afin de bien leur faire comprendre comment nous le vivons; et cela, avec notre corps, notre esprit, notre destin et, surtout, notre avenir.. Bonne continuation à ces chercheurs de l’Université de Washington à Seattle et ces participants.