VIH : baisse nationale confirmée

Publié par Mathieu Brancourt le 09.10.2019
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ChiffresépidémiologieVIH

Après Paris, de nouveaux (bons) chiffres viennent d’être publiés concernant la baisse des nouveaux diagnostics de VIH, en France cette fois-ci. Santé publique France (SFP) et la ministre de la Santé ont annoncé le 9 octobre dernier un recul de 7 % des nouveaux cas répertoriés, la première fois depuis des années. Une bonne nouvelle qui ne doit pas faire oublier que le plus dur reste à faire, ici comme ailleurs, au moment de la Conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial (CRFM), qui a lieu, en ce moment, en France.

Le sens du timing. Alors que s’ouvre la Conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial (CRFM) à Lyon, la ministre de la santé attendue sur l’engagement de la France dans la lutte mondiale a préféré annoncer les nouveaux chiffres nationaux concernant les contaminations au VIH. Ils sont plutôt bons. En effet, pour la première fois depuis plusieurs années, ce chiffre de nouveaux diagnostics est en baisse de 7 %, avec 6 200 nouvelles découvertes pour l’année 2018. 56 % des personnes ont été contaminées par rapports hétérosexuels, 40 % lors de rapports sexuels entre hommes, et 2 % par usage de drogues injectables, liste SPF. « De 2013 à 2018, le nombre de découvertes de séropositivité a diminué de façon significative chez les personnes nées en France, aussi bien chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) que chez les hommes et femmes contaminés par rapports hétérosexuels. La diminution concerne également les hommes hétérosexuels nés à l’étranger », rappelle SPF. Ces bons résultats viennent en écho de ceux, parisiens, publiés courant septembre, où la capitale relatait une baisse de 18 % des nouveaux cas intra-muros, et même de 28 % chez les HSH nés en France. Car oui, le lieu de naissance reste un indicateur décisif en termes de réussite.

Comme le précise le communiqué, cette baisse expose, en creux, les angles morts de la réponse actuelle, qui n’est pas suffisante pour freiner l’épidémie dans tous les groupes vulnérables. « Le nombre de découvertes de séropositivité est resté stable chez les femmes hétérosexuelles nées à l’étranger et a augmenté chez les HSH nés à l’étranger, probablement pour des raisons différentes. Il est donc nécessaire de porter une attention particulière à ces populations », indique, en vigilance, l’institution française de surveillance épidémiologique. Ce défi à relever éclaire sur les moyens de parvenir à mettre fin aux nouvelles infections, avec une nouvelle fois la montée en charge de la Prep et l’impact du « U=U » (Indétectable = intransmissible ; une personne séropositive ayant une charge virale indétectable ne peut pas transmettre le virus). D’ailleurs, les IST se stabilisent chez les HSH, signe de l'effet du dépistage renforcé associé à la mise sous Prep. Mais cela souligne également le chemin à parcourir pour que ces outils et informations capitales pour la prévention parviennent aux oreilles de tous-tes ceux-celles qui en ont besoin. Pour cela, il faut des moyens et donc de l’argent, en France comme dans le monde entier.