VIH et méconnaissance : le péril jeune !

Publié par jfl-seronet le 28.03.2021
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InitiativejeuneVIH

Chaque année, en marge du Sidaction, l’association éponyme commande à l’Ifop un sondage sur les « jeunes, l’information et la prévention du sida ». Cette année encore, les résultats accusent une dégradation des connaissances des jeunes.

Le 21 mars, l’association a publié les résultats de l’édition 2021 du sondage. Les résultats indiquent une « dégradation continue des connaissances » qui est, cette année, « amplifiée par la crise de la Covid-19 ». Que disent les résultats de ce nouveau sondage ? En 2021, 67% des jeunes s’estiment bien informés soit une baisse de sept points en une année. « L’érosion déjà constatée l’an passé se poursuit, nous atteignons le score le plus bas depuis notre premier sondage en 2009 », observe Florence Thune, directrice générale de Sidaction. À titre d’exemple, seuls-es 51 % des sondés-es s’estiment bien informés-es sur les lieux où aller se faire dépister. Ce dernier critère accuse une diminution de 20 points par rapport à 2014. « Les idées reçues et les fausses informations liées au virus du sida augmentent de manière inquiétante », commente l’Ifop. Ainsi, 24 % des 15-24 ans pensent que le virus du sida peut se transmettre en embrassant une personne séropositive, soit une augmentation de 9 points en 2020. Par ailleurs, 23 % d’entre eux-elles (contre 15 % en 2020) estiment que le VIH se transmet en s’asseyant sur un siège de toilettes publiques et 18 % pensent que le VIH se transmet en buvant dans le verre d’une personne séropositive.

Dans son communiqué, Sidaction avance que ces « chiffres s’expliquent entre autres par l’omniprésence de la Covid-19 dans la société. « Peu de sujets émergent et sont traités en dehors de la Covid-19, qui impose sa cadence et prend toute la place médiatique. La question du VIH/sida, déjà peu visible avant la crise sanitaire, est encore plus absente des radars médiatiques », explique Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop. Ce contexte particulier accroît la minimisation et l’invisibilisation du virus du sida chez les sondés-es, indique le communiqué. Leurs représentations viennent confirmer la détérioration du sentiment d’information. Ainsi, 63 % des sondés-es expriment une peur du VIH/sida en 2021 contre 72 % il y a un an. « C’est le score le plus bas depuis le début du baromètre, on constate une chute de 16 points en 2 ans », poursuit Frédéric Dabi. Dans le domaine de la prévention les jeunes de 15 à 24 ans continuent aussi de développer le « syndrome du super héros ». Ils-elles se sentent invincibles face au virus du sida. Ainsi, 41 % des sondés-es estiment qu’il y a de moins en moins de contamination chez les 15-24 ans, or cette tranche représente 13 % des nouvelles découvertes de séropositivité en 2019 (données publiées en octobre 2019 et décembre 2020 par Santé publique France), un chiffre qui stagne depuis plusieurs années. « Nous craignons que cette absence de la question du VIH sur les différents canaux d’informations puisse avoir des conséquences sur les pratiques préventives des jeunes. Parmi les personnes ayant déclaré ne pas avoir eu recours au préservatif dans la cadre d’une relation sexuelle, seules 35 % l’expliquent par la réalisation préalable d’un test de dépistage du VIH par les deux partenaires, soit une baisse de 14 points par rapport à 2020 », explique Florence Thune.

À l’heure où la Covid-19 monopolise tous les sujets santé et met dans l’ombre les autres pathologies, il est urgent de se saisir du sujet VIH/sida pour éviter une reprise de l’épidémie. « La lutte contre l’épidémie de coronavirus ne peut pas en éclipser une autre. Il est urgent de reprendre les actions de prévention et de sensibilisation au VIH/sida et à la santé sexuelle auprès des 15-24 ans, et éviter ainsi une aggravation de l’épidémie de VIH parmi les jeunes », affirme Florence Thune.

Sondage Ifop pour Sidaction réalisé par questionnaire auto-administré en ligne du 11 au 17 février 2021 auprès de 1 002 personnes, représentatives de la population française âgée de 15 à 24 ans.