VIH et traitement : les guides 2013 de l’OMS sur les antirétroviraux

Publié par jfl-seronet le 01.09.2014
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Mondeguide OMS

En juin 2013, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) publiait un document de référence sur "le traitement de l’infection à VIH dans le monde : résultats, impact et opportunités". Le document fait notamment le point sur les "implications des guides 2013 de l’OMS sur les antirétroviraux". Autrement dit avec l’évolution des recommandations de prise en charge et de démarrage de traitement que faut-il faire et quel impact sur l’épidémie est-il possible d’avoir ?

"L’évolution actuelle de l’élargissement de l’accès aux traitements antirétroviraux donne toutes les raisons d’être optimiste", explique l’OMS dans ce document réalisé en partenariat avec l’Unicef et l’ONUSIDA. "Néanmoins, de nouvelles améliorations sont encore nécessaires et possibles. Pour tirer pleinement parti de l’énorme impact des TAR [traitements antirétroviraux, ndlr] sur la prévention des décès et des nouvelles infections à VIH, l’OMS a révisé ses lignes directrices et guides sur les antirétroviraux pour recommander une initiation plus précoce du TAR et un TAR immédiat dans certaines circonstances".

"Selon les nouvelles lignes directrices 2013, le TAR doit être instauré plus tôt – dès que la numération des CD4 est inférieure ou égale à 500 CD4/mm 3 – et immédiatement pour les couples séro-discordants, les femmes enceintes vivant avec le VIH, les personnes vivant avec le VIH atteintes de  tuberculose ou d’hépatite B et les enfants de moins de cinq ans qui vivent avec le VIH, quelle que soit la numération des CD4".

Quel serait l’impact ?

"Si elles sont totalement appliquées, ces lignes directrices pourraient éviter, entre 2013 et 2025, au moins 3 millions de décès et 3,5 millions de nouvelles infections de plus que si l’on continuait à appliquer les lignes directrices de 2010… qui sont moins disantes.

Pour faire de ces projections une réalité, il faudra augmenter de 10 % l’investissement annuel total dans la riposte mondiale au VIH d’ici 2025 ; ce qui selon les critères mondiaux, est considéré comme un investissement supplémentaire "très rentable". Les ressources nécessaires devraient augmenter au cours de la période considérée puis baisser après 2025 en raison des bénéfices accumulés, en termes de prévention, de l’extension des TAR. L’amélioration de l’accès aux TAR fera baisser le nombre de nouvelles infections à VIH et donc le nombre de personnes qui auront besoin d’un traitement", indique l’OMS. "Les bienfaits avérés des TAR en termes de prévention des décès évités et des infections dépassent les attentes qu’avait suscité l’élargissement de l’accès à ces traitements il y a 10 ans. Les lignes directrices 2013 de l’OMS sur les ARV sont destinées à étendre encore plus largement ces bénéfices et à permettre à environ 25, 9 millions de personnes de bénéficier d’un traitement en 2013 (soit 9,2 millions de personnes de plus que celles qui pourraient accéder à un traitement suivant les lignes directrices de 2010). Cette évolution souligne qu’il faut encore déployer davantage d’efforts au niveau mondial pour élargir l’accès aux TAR".

"Pour maintenir une couverture de 80 % suivant les lignes directrices de l’OMS de 2010, il faut instaurer le TAR dès que la numération des CD4 est inférieure ou égale à 350 CD4/mm3 (…) pour maintenir une couverture de 80 % suivant les lignes directrices de l’OMS de 2013, il faut instaurer le TAR dès que la numération des CD4 est inférieure ou égale à 500 CD4/mm3, ainsi que pour les couples sérodiscordants, les femmes enceintes qui vivent avec le VIH et les enfants qui vivent avec le VIH quelle que soit la numération des CD4".