VIH : forte hausse du nombre d'adolescents porteurs du virus

Publié par jfl-seronet le 08.12.2013
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Mondeépidémiologie VIH/sidaadolescents

Le nombre d'adolescents dans le monde vivant avec le VIH a progressé à plus de 2 millions en 2013, une hausse de 33 % depuis 2001, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

"2,1 millions d'adolescents, âgés de 10 à 19 ans, vivent avec le VIH, et beaucoup d'entre eux ne reçoivent pas les soins et le soutien nécessaires pour rester en bonne santé et empêcher sa transmission", a indiqué l'OMS, en lançant les nouvelles lignes directrices concernant le VIH et les adolescents, indique l’AFP. En raison du manque de soins et de services spécialement adaptés aux ados, le taux de mortalité chez eux a augmenté de 50 % entre 2005 et 2012, alors qu'il a baissé de 30 % dans la population adulte, ajoute l'OMS. En 2005, 70 000 adolescents dans le monde sont morts des suites du sida et en 2012, ils étaient 104 000. Les nouvelles recommandations de l'OMS concernent pour la première fois les adolescents qui vivent avec le VIH et ceux qui sont considérés comme des personnes à risques. Les lignes directrices contiennent toute une série de recommandations destinées aux décideurs politiques et sociaux des pays concernés, pour mettre au point des programmes concernant spécialement les ados. Un service d'aide online sera mis en service en janvier 2014, avec des exemples pratiques issus de programmes nationaux qui ont fait leurs preuves un peu partout dans le monde.

Peu d’accès aux traitements

Sur les 2 millions ou plus d'adolescents vivant avec le VIH, seule une minorité suit un traitement. Le reste, soit la grande majorité, sont des adolescents vivant essentiellement en Afrique subsaharienne et en Asie. Concernant l'Afrique, la majorité des adolescents vivant avec le VIH sont des jeunes filles, le mode de transmission est les relations sexuelles et souvent sous la contrainte. En Asie, les adolescents touchés sont en général de jeunes consommateurs de drogues. Selon Doug McClure, responsable des programmes VIH pour l'Unicef, "environ 1 nouvelle infection sur 7 concerne un adolescent". Les jeunes adolescents, a-t-il ajouté, se retrouvent confrontés à "beaucoup d'obstacles", comme des lois non adaptées à leurs cas, des inégalités ou des discriminations qui les empêchent notamment d'avoir accès à des tests. "Tant que ces obstacles ne seront pas démantelés, le rêve d'une génération libérée du VIH ne deviendra pas réalité", a-t-il ajouté. L'OMS relève encore que de nombreux adolescents porteurs du virus ne le savent pas, en raison des difficultés d'accès aux tests. Selon une estimation de l'organisation internationale, seuls 10% des adolescents et 15% des adolescentes d'Afrique subsaharienne savent qu'ils sont porteurs du virus. Devant cette situation, l'OMS recommande instamment aux gouvernements concernés de réviser la loi pour que les adolescents puissent se faire tester sans l'autorisation des parents.

Des recommandations de prise en charge

"Chez l’adolescent, la transition de l’enfance à l’âge adulte est marquée par des pressions affectives et sociales difficiles à supporter et parfois déroutantes", explique le Dr Gottfried Hirnschall, Directeur du Département VIH/sida de l’OMS. "Les adolescents doivent disposer de services de santé et d’un soutien adaptés à leurs besoins. Pour eux, la probabilité de bénéficier d’un dépistage du VIH est moindre que pour les adultes et ils ont souvent besoin de davantage de soutien que les adultes pour poursuivre les soins et prendre leur traitement comme il leur a été prescrit". L’OMS insiste sur le développement du dépistage du VIH. "On estime qu’en Afrique subsaharienne, 10 % seulement des jeunes hommes et 15 % des jeunes femmes (15-24 ans) connaissent leur statut et, dans d’autres régions, bien que l’on dispose de peu de données, il est régulièrement signalé que très peu d’adolescents vulnérables ont accès au dépistage et au conseil", explique l’organisme. L’OMS recommande aux pouvoirs publics de revoir la législation afin que les adolescents puissent obtenir un dépistage sans devoir demander l’autorisation de leurs parents. Ces lignes directrices suggèrent également aux services de santé des moyens d’améliorer la qualité des soins et du soutien social offerts aux adolescents. Elles soulignent aussi qu’il est judicieux de faire participer les adolescents afin de créer des services dont le fonctionnement est adapté à eux.