VIH : il faut 32 milliards de dollars pour stopper l'épidémie

Publié par jfl-seronet le 15.08.2015
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Politiquefin de l'épidémie

Les nouvelles infections par le VIH ont chuté de plus d'un tiers depuis 2000 mais il faudra encore débourser 32 milliards de dollars (29 milliards d'euros) par an d'ici à 2020 pour espérer en finir avec le sida d'ici à 2030. Voilà ce qu’a expliqué l’Onu (14 juillet) citant les points forts du récent rapport de l’Onusida. Les voici.

En 2000, les Nations Unies (ONU) avaient fixé huit grands objectifs du millénaire pour 2015, l’un d’eux portait sur la lutte contre le VIH/sida. Dans un récent rapport, l’Onusida explique que la lutte menée par la communauté internationale contre le sida — grâce aux milliards de dollars investis dont près de la moitié par les seuls Etats-Unis — fait figure de véritable succès. C’est ce qu’a confirmé le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon à la conférence internationale sur le financement du développement qui s’est tenue à Addis Abeba en Ethiopie, mi juillet.

Entre 2000 et 2014, les nouvelles infections se sont effondrées de 35,5 %, à 2 millions. Les nouvelles infections parmi les enfants ont elles diminué de 58 % sur la même période. Autre bonne nouvelle : les décès liés au sida ont chuté de 41 % (à 1,2 million) depuis le pic de 2004. "Le monde a atteint l'objectif 6 du millénaire pour le développement. L'épidémie a été enrayée et inversée", a affirmé Ban Ki-moon. Le rapport note aussi que les efforts déployés ont permis d'atteindre la cible fixée en 2011 consistant à mettre 15 millions de personnes sous traitements antirétroviraux (TARV) en 2015, contre seulement 1 million en 2001. Ce très bon résultat a même été obtenu avec neuf mois d’avance sur le calendrier initial.

Reste que le nombre de personnes vivant avec le VIH/sida continue d'augmenter — 36,9 millions l'an dernier, soit 700 000 personnes de plus que l'année précédente. Pour les experts, cette augmentation est due au fait qu'il est désormais possible de vieillir avec le VIH grâce au succès des thérapies antirétrovirales, toujours plus efficaces et plus faciles d'accès. "Mettre fin à l'épidémie de sida (...) d'ici à 2030 est ambitieux, mais réaliste", a estimé Ban Ki-moon. Mais "nous devons d'urgence mener des efforts à plus grande échelle ces cinq prochaines années", prévient l'ONU qui demande que près de 32 milliards de dollars soient investis chaque année d'ici à 2020, contre 21,7 milliards cette année, indique l’AFP.

Pour en finir avec l'épidémie, l'Onu s'est fixé des objectifs intermédiaires pour 2020 en utilisant une formule 90-90-90 : 90 % des personnes infectées avec le VIH doivent le savoir (contre environ la moitié actuellement) ; 90 % des personnes connaissant leur statut doivent suivre un traitement ; 90 % de ceux qui sont traités doivent voir leur charge virale supprimée (devenue indétectable). Grâce aux fonds, l'Onu espère surtout faciliter l'accès aux traitements dans le monde. Elle appelle aussi à une baisse des prix des matières premières utilisées dans la fabrication des antirétroviraux, et déplore, par ailleurs, que seules deux entreprises se partagent 71 % du marché des antirétroviraux.  Quant au marché des outils de diagnostic, il est aussi dominé à 90 % par deux sociétés, alors même que la demande augmente. Le rapport regrette aussi qu'en 2014 encore 76 pays criminalisent les relations entre personnes de même sexe et 116 pays criminalisent les travailleurs du sexe. L'Afrique subsaharienne reste la région la plus touchée, représentant 70 % des cas. Trois pays ont représenté plus de la moitié des nouvelles infections dans la région en 2014 : le Nigeria, l'Afrique du Sud et l'Ouganda. Mais la région Asie/Pacifique, bien que moins affectée avec 5 millions de personnes vivant avec le virus l'an dernier, préoccupe l'Onu en raison d'une recrudescence des cas. Les nouvelles infections y ont progressé de 3 % entre 2010 et 2014. La Chine, l'Inde et l'Indonésie ont représenté 78 % des nouvelles infections dans la région l'an dernier.