VIH : la mauvaise donne en Europe de l’Est

Publié par jfl-seronet le 30.12.2012
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Produitsdrogues injectablesprogramme de prévention

Selon l'ONUSIDA, entre 2001 et 2011, le nombre estimé de personnes vivant avec le VIH en Europe de l'Est et en Asie centrale a augmenté de plus de 50 %, passant de 970 000 à 1,4 million. En outre, malgré l'élargissement de la couverture antirétrovirale ces dernières années, on estime que seulement 25 % des personnes éligibles à un traitement anti-VIH en bénéficient effectivement, indique l’ONUSIDA dans un communiqué du 5 décembre dernier.

Dans cette région, l'épidémie reste alimentée par la consommation de drogues injectables, dans des pays où les progrès dans l'endiguement de la propagation du VIH chez les consommateurs de drogues injectables restent limités, note l’organisme international. Les données probantes fournies par des études récemment publiées montrent que l'accessibilité aux programmes d’échanges d’aiguilles et de seringues est faible dans la plupart des pays de la région. L'accès aux autres méthodes de prévention du VIH, notamment les préservatifs, au dépistage du VIH et au traitement est également très restreint pour les consommateurs de drogues.


Des responsables gouvernementaux, des représentants de la société civile (notamment des personnes vivant avec le VIH) et d'autres experts de la riposte au sida se sont réunis à Varsovie, en Pologne début décembre, pour discuter des problèmes rencontrés dans cette région qui connaît l'épidémie de VIH dont la propagation est la plus rapide au monde. Dans son discours d'ouverture, Jan Beagle, directrice exécutive adjointe de l'ONUSIDA a insisté sur la nécessité d'intensifier les programmes de prévention du VIH basés sur des données probantes et spécifiques aux pays, ciblés sur les besoins des populations les plus exposées au risque. Elle a également souligné la nécessité d'accroître l'accès au traitement antirétroviral pour toutes les personnes éligibles dans la région. Bien que le financement des programmes de prévention du VIH pour les consommateurs de drogues injectables ait augmenté dans certains pays, la majeure partie de cette hausse est le résultat des efforts consentis par des bailleurs de fonds internationaux. Les ressources du secteur public national dans la région ne représentent que 15 % du budget des programmes de prévention du VIH pour les consommateurs de drogues injectables Jan Beagle a appelé les responsables politiques à s'engager à accroître les investissements nationaux et à favoriser l'appropriation nationale de ces programmes.


"Les dirigeants de la région doivent faire preuve d'une forte volonté politique afin de cibler les bons programmes pour les bonnes personnes, d'accroître les investissements nationaux et de faire figure d'exemples dans la réduction de la stigmatisation et de la discrimination liées au VIH", a déclaré Jan Beagle.