La PrEP accessible ET remboursée : ENFIN !

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Lundi 23 novembre, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2016 (PLFSS 2016) est revenu à l’Assemblée nationale pour une nouvelle lecture. A cette occasion,  la ministre de la Santé a donné son feu vert à la RTU pour Truvada en préventif (PrEP) et son remboursement par la Sécurité sociale à partir de 2016. C’est une avancée majeure qui doit beaucoup au combat engagé par AIDES depuis janvier 2013 avec sa demande d’une recommandation temporaire d’utilisation (RTU) de Truvada en préventif. Qu’a dit la ministre ? Comment a réagi AIDES ?

Enfin ! Marisol Touraine, ministre de la Santé, l’a annoncé lundi 23 novembre à l’Assemblée nationale lors des débats sur le PLFSS 2016 : la PrEP sera bien accessible en 2016 et prise en charge par la Sécurité sociale. Il aura fallu près de trois ans pour qu’aboutisse le processus enclenché par l’association AIDES en janvier 2013 avec une demande de RTU (recommandation temporaire d’utilisation) de Truvada en prophylaxie pré-exposition faite auprès de l’Agence de sécurité du médicament (ANSM).

Dans son intervention en séance, la ministre a estimé que la prévention du VIH se trouve aujourd’hui à un "tournant historique" rendant réaliste la fin de l’épidémie de sida. Elle a rappelé que la lutte contre le VIH s’appuie désormais sur une palette d’outils qui s’est considérablement enrichie avec les Trod (1) et les autotests". "Mais une nouvelle innovation majeure arrive avec la prophylaxie pré-exposition, la PrEP", a précisé la ministre, indiquant qu’elle était "favorable à une autorisation temporaire d’utilisation du Truvada" qui constitue "une réelle avancée dans la lutte contre le VIH".

PrEP : des preuves scientifiques nombreuses, convergentes et probantes

"Nous disposons désormais de résultats scientifiques nombreux, convergents et probants, relayés par des autorités scientifiques aussi incontestables que l’Agence nationale de recherche sur le sida et le Conseil national du sida, pour démontrer l’efficacité de la PrEP chez des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, avec une réduction très significative du nombre de nouvelles contaminations parmi cette population dans le cadre de ces essais. Réduire le nombre de nouvelles contaminations dans cette population constitue un enjeu de santé publique majeur, pour le bénéfice de tous : il s’agit du seul groupe au sein duquel le nombre de nouvelles contaminations au VIH ne baissent pas. Il y a donc urgence à agir", a expliqué la ministre. Et Marisol Touraine de poursuivre : "Le 29 octobre dernier, la commission d’évaluation initiale du rapport bénéfice/risque des produits de l’ANSM s’est prononcée à l’unanimité en faveur de la mise en place d’une recommandation temporaire d’utilisation (RTU) d’un traitement, le Truvada, dans le cadre de la prophylaxie pré-exposition (…) Cette unanimité traduit le très large consensus scientifique sur l’efficacité de cette approche".

Dans son intervention, la ministre a mentionné qu’elle avait "personnellement été très attentive au cheminement de cette RTU au sein de l’ANSM". "Sa procédure d’instruction n’est pas encore arrivée à son terme, mais il est d’ores et déjà possible de dire que rien ne s’opposera à la publication de cette RTU, probablement au cours de la première quinzaine de décembre", a-t-elle indiqué.

Prise en charge par la Sécu : c’est OUI !

Restait la question de la prise en charge financière du traitement préventif par l’Assurance maladie. "Au regard de l’efficacité de cette approche, reconnue par tous les experts scientifiques de la lutte contre le sida, nationaux et internationaux, je prends la décision de prise en charge financière de ce traitement afin que celui-ci, qui peut contribuer à compléter notre stratégie globale de lutte contre le VIH, soit accessible sans frein financier", a expliqué la ministre. "Cette décision deviendra effective au début de l’année 2016. Ce traitement sera dispensé et pris en charge de façon encadrée, dans le respect notamment des recommandations scientifiques : la prescription ne pourra être effectuée que par des praticiens spécialisés, à l’hôpital ou dans les centres de dépistage (en CeGIDD) (2) avec un accompagnement et un suivi des patients, indispensables pour réduire les risques. C’est précisément parce que ce dispositif vise à répondre à des situations et des populations spécifiques qu’un accompagnement se justifie. Mieux dépister, mieux traiter, mieux prévenir : avec cet outil, nous complétons l’arsenal de notre politique de lutte contre le VIH et nous nous donnons les moyens de relever un défi historique, celui de mettre fin à l’épidémie du VIH en France", a-t-elle rappelé.

Une immense satisfaction pour AIDES

"C’est une immense satisfaction pour nous de voir ce dossier aboutir. Cela signifie que très bientôt, nous allons pouvoir accompagner partout en France les personnes qui ont besoin d’un nouvel outil de prévention adapté à leur situation de vie. Nous remercions la ministre de la Santé d’avoir su prendre la bonne décision et décider d’une prise en charge à 100 % de la PrEP", a déclaré Aurélien Beaucamp, président de AIDES.

Depuis les débuts de l’essai ANRS-Ipergay, l’association AIDES n’a pas "ménagé ses efforts pour que ce nouvel outil qui pourrait révolutionner la prévention du VIH soit accessible dans les meilleures conditions. Nous sommes convaincus que la PrEP doit s’inscrire dans une stratégie globale, tant au niveau individuel dans une approche de prévention combinée et de suivi de sa santé sexuelle, que collective pour couper la chaine de transmission. Les programmes de dispensation de la PrEP vont donc venir s’articuler avec les programmes de dépistage rapide de première ligne et d’accompagnement vers le soin", a précisé un communiqué de l’association, le 23 novembre.

"La lutte contre le sida s’est fixée comme objectif d’atteindre le fameux 90-90-90 : 90 % de personnes séropositives connaissent de leur statut sérologique, 90 % de personnes sont traitées et 90 % de personnes traitées ont une charge virale indétectable. Dans cette stratégie, tout le monde a sa place pour en finir avec l’épidémie, y compris les personnes séropositives traitées efficacement qui ne transmettent plus le virus. Pour autant, seulement 52 % des personnes séropositives ont une charge virale indétectable en France. De nombreux efforts restent à accomplir, en France comme au niveau international, mais grâce à la PrEP nous serons mieux armés pour combattre l’épidémie", a conclu Aurélien Beaucamp.

(1) Trod : test de dépistage rapide d’orientation diagnostique.
(2) : CeGIDD : Centre gratuit d'information, de dépistage et de diagnostic.

Commentaires

Portrait de mariesolasido

  les sites gays n'en parlent pas.

  pire, ils ont bloqué par exemple une mise en ligne sur le forum relayant il y a 5 jours la lettre ouverte de Aides/act-up/gilles pialloux et toutes les grandes signatures.

 Tout se passe comme si la "tête" , Aides , etc...ne s'occupaient que de ses relations avec les zones de décision ( ministères etc... ).

 Sur le terrain, ça bloque de partout, non pas parce que les gens n'en veulent pas ! ( un sondage  a été fait sur yagg , 60% d'accord , une enquete de trottoir avait été faite aussi sur le site des migrants, majorité de femmes pour la PREP "si elle existait" , à l'époque, et la moitié des femmes se déclaraient favorable à une telle pilule en remplacement du préservatif , si ce traitement existait  ), mais parce qu'il y a encore beaucoup trop d'opposants aux postes clefs sur le net ou dans les lobbys associatifs. les anciens leaders sont encore aux commandes malgré leur désavoeu populaire. 

 

 Les antennes de Aides .

   A la Rochelle, les responsables et les gens que j'ai vus n'aiment pas , ne relaient pas, pas plus que le TASP d'ailleurs .

 Ceux qui ont convaincu les responsables pourraient aussi mettre leur nez une bonne fois pour toutes sur les sites qui bloquent et s'en tiennent au vieux discours qui ne passe plus du tout. C'est une poignée d'individu qui fait obstacle , mais cette poignée d'individus a encore les manettes , et s'interpose au progrès et à la libération . 

 très curieusement, c'est sur le site yagg que les terroristes de la prévention capote ont perdu la main , et où le discours apparait enfin, et on y constate leur marginalisation.

 Mais pas sur beaucoup de petits sites où les messages d'information sont effacés dans les forums; 

  je voudrais rendre hommage à Bruno Spire . j'en sais un peu plus. Il a eu les mains liées mais finalement il a gagné.

 En particulier, je dirais ceci : il a gagné contre les salariés et les militants traditionnels, qui l'ont accusé de tous les maux, mais Aides en difficulté financière a survécu alors qu'en réalité, grâce aux coupes, l'association a survécu, sinon elle aurait entièrement disparu. 

  Les populations cibles sont les plus consammatrices de lieux gay : internet est trop en retard et n'est pas libre . c'est le "LGBT" qui est aux commandes, sigle que l'on croit gay mais dont beaucoup de vrais gays souhaitent la disparition ( aucune réaction majeure sur les sites de PACA à l'évocation de la suppressiion des aides de l'Etat aux assos LGBT dans le programme de M.marechal le pen. ). 

 Sur un site de prévention pôur les jeunes gays :

A durée d'existence égale , voici le nombre de lectures sur les rubriques "sexe et prévention"

 sodomie : 1800 lectures

fellation , ou autres sujet ludique : 1000 lectures , 800 lectures....

 VIH et jeunes  : le point : 40 lectures.

  Les intervenants ont tout censuré, et ne sont plus lus, depuis longtemps ! memes noms , meme ton.....et plus personne.

5% des pseudos assurent 99% des messages sur les rubriques prévention.  

 les séropositifs bareback ou les seronégatifs bareback ne veulent pas entendre parler de capote or les médecins et militants associatifs qui se croient incontournables persistent à imposer leur présence dont plus personne ne veut, pour "accompagner" la PREP. La ministre a tranché : en vain : personne n'ira , parce qu'il n'y a aucun relais efficace, hormis ces personnes dont on ne veut pas entendre parler les personnes à risque elles-mêmes , qui devraient être seules habilitées à communiquer avec les "cibles" , pour éviter tous les jugements et la présence des éléments excluants à leur égard. les personnes dites à risque sont pourtant surreprésentées dans les CSP supérieures et il ne devrait y avoir aucun problème pour y trouver de bons intervenants. Confier le premier contact avec la PREP à l'ancien milieu associatif ou au milieu médical est en revanche la perspective d'un échec assuré. 

  Le degré d'information , hormis les habitués, sur les sujets PREP, TASP, etc...est particulièrement nul chez les jeunes et les novices hors milieu. ce n'est pourtant pas difficile de comprendre pourquoi !