VIH : l’Afrique des moyens pour le long terme

Publié par jfl-seronet le 03.05.2012
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Une intensification considérable de la prévention du VIH en Afrique et des moyens à y accorder est indispensable pour gérer l'impact financier à long terme du sida sur le continent. Telle est la conclusion d’un récent rapport de la Banque mondiale. L’organisme international cite des exemples.
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"Sans une réduction conséquente des infections au VIH en Afrique, les programmes de traitement du sida nationaux existants en Afrique pourraient devenir non viables à l'avenir, indique un rapport de la Banque mondiale. Les gouvernements africains, les partenaires de développement et les donateurs sont appelés à intensifier considérablement leurs efforts de prévention du VIH pour que cette prospection ne devienne pas une réalité. Le rapport de la Banque mondiale relève des progrès considérables dans la riposte mondiale au sida, avec 6 millions de personnes recevant désormais un traitement antirétroviral. Il note aussi une "augmentation significative des dépenses mondiales pour la lutte contre le sida, qui sont passées de moins de 300 millions de dollars en 1996 à près de 16 milliards de dollars en 2009". Pour autant, l’organisme international s’inquiète des "coûts accrus du traitement anti-VIH" et de "l'effet profond de ces coûts sur des finances publiques déjà tendues". "Des investissements stratégiques dans la prévention des nouvelles infections au VIH - tout en répondant aux besoins de traitement, de soins et d'appui actuels - peuvent aider les pays à contrer ce qui pourrait devenir un poids financier ingérable", écrit Elizabeth Lule, une des co-auteures du rapport. "Ces investissements stratégiques sont essentiels dans une ère d'incertitude économique mondiale. La réduction des nouvelles infections au VIH et l'amélioration de la planification fiscale peuvent entraîner une baisse considérable de l'engagement nécessaire pour financer une riposte nationale au sida efficace", précise le rapport.

C’est plus clair avec un exemple. Au Botswana, où la prévalence du VIH atteint 25%, le rapport prévoit que les coûts fiscaux de la lutte contre le sida culmineront à 3,5% du produit intérieur brut (PIB) vers 2016, avant de reculer lentement à 3,3% du PIB d'ici 2030 si le nombre de nouvelles infections venait à diminuer. C’est ce serait pour le scénario le moins pire. La Banque mondiale attire l’attention sur une autre hypothèse : "Avec le ralentissement des revenus miniers [un secteur important pour ce pays, ndlr] par rapport au PIB, les coûts de l'épidémie pourraient augmenter pour atteindre plus de 12% des revenus du gouvernement d'ici 2021, représentant un défi financier immense" et très probablement pas réalisable. Autre exemple donné par la Banque mondiale : "En Afrique du Sud, l'épidémie a des conséquences significatives sur les finances publiques et la capacité du gouvernement à atteindre d'autres objectifs de politique sociale et de santé publique majeurs. L'un des aspects importants de la dimension financière du VIH en Afrique du Sud est l'impact sur les dépenses sociales". Dernier exemple avec un autre pays d’Afrique australe : "Au Swaziland, les répercussions financières du VIH sont plus graves en raison de la baisse des recettes publiques et de la situation macroéconomique. Avec le taux de prévalence du VIH le plus élevé du monde, à savoir 26%, le Swaziland a couvert 60% des dépenses liées à l'épidémie avec ses ressources nationales ces dernières années. Cependant, les coûts des programmes de lutte contre le sida sont en hausse et devraient atteindre 7,3% du PIB d'ici 2020. Les financements extérieurs vont devoir considérablement augmenter pour que le pays couvre de tels besoins". Le problème, c’est qu’on n'en prend pas le chemin d’où le cri d’alerte de la Banque mondiale.